ÉVÉNEMENTS
Install Magazine 959 – avril 2019
Le rôle du mazout et du gaz dans le chauffage du futur
Congrès du secteur du chauffage à Batibouw
Toutes les actions menées autour du climat ont fait de la problématique de la réduction des émissions un thème central. Le secteur du chauffage va jouer un rôle clé dans l’abaissement des émissions des bâtiments,. Pour bien comprendre les possibilités dans en la matière, le secteur a organisé une rencontre dans le cadre de Batibouw. Cette dernière a été menée par Gas.be, Informazout et Cedicol. La question centrale était le rôle des combustibles fossiles dans le paysage futur du chauffage.
La vision du secteur
La question de l’avenir du chauffage se pose clairement dans le secteur, en témoigne l’auditorium 500 bien rempli de Brussels Expo. Dans une première séance plénière, la problématique a été abordée à partir de différents points de vue. Werner Neuville (Cedicol) a exposé le point de vue des centres de formation, Jan Lhoëst (Techlink) a de son côté exprimé la vision des installateurs, tandis que Wim Voets (Informazout) et Steven Van Caekenberghe (Gas.be) ont respectivement donné la position du secteur du mazout et du gaz. De leurs exposés et du panel de discussion, nous avons retenu les points suivants :
Le futur est hybride
Le mazout et le gaz sont en ce moment, et de loin, les sources d’énergie les plus importantes pour le chauffage, et il est irréaliste de penser que cela va changer rapidement. Les systèmes à énergie renouvelable vont par contre sans aucun doute gagner en importance. Ils ont toutefois leurs limites, surtout dans les bâtiments existants. De plus, dans un scénario dit « tout électrique » (avec un chauffage entièrement mû par l’électricité), des adaptations profondes doivent être réalisées dans la production et la distribution de l’électricité. Nous nous dirigeons donc très probablement vers une solution intermédiaire, avec des systèmes hybrides, par ex. une chaudière traditionnelle complétée par de l’énergie solaire ou une pompe à chaleur.
De l’installateur à l’expert en énergie
Le rôle de l’installateur va de ce fait également se modifier. Il ne devra plus uniquement concevoir et exécuter une installation ; il devra dorénavant aussi assister le client final dans la réalisation d’un concept énergétique. Il n’existe toutefois pas de panacée : chaque client devra choisir une configuration en fonction de la situation. Le rôle de conseil du professionnel devient donc plus important, ce qui doit également se traduire dans la facturation. Le conseil ne pourra plus être fourni comme un service gratuit. Mais pour pouvoir jouer correctement ce rôle de conseiller, le professionnel devra aussi suivre régulièrement des formations complémentaires.
De nombreuses techniques encore en cours d’élaboration
Pour commencer, le passage à l’état actuel de la technique va permettre d’enregistrer des gains importants. L’étiquette énergétique constitue à ce titre un bon instrument de sensibilisation. À côté de cela, il y a également d’autres manières d’utiliser efficacement les combustibles solides, comme les pompes à chaleur gaz à absorption. Sur le long terme, on attend beaucoup des combustibles synthétiques. Ces derniers sont produits sur base de sources d’énergie renouvelable, et représentent par exemple une bonne méthode pour stocker l’excédent d’électricité verte. Avantage supplémentaire de ces processus : ils peuvent réutiliser le CO2 issu de l’atmosphère. Le CO2 passe ainsi du stade de déchet à celui de matière première.
Une politique claire exigée
Le secteur demande par ailleurs une politique claire. L’ actuelle incertitude paralyse le marché : tant qu’on ne sait pas où la politique énergétique nous mène, personne n’est enclin à investir. Il faut donc mettre sur pied un plan par étapes clair et réaliste pour arriver à un chauffage pauvre en carbone, de façon à ce que le consommateur sache où il en est.
Un outil de sélection en ligne pour le chauffage
Dans la deuxième partie, une série d’orateurs sont venus présenter des applications spécifiques. Gaël Minne (Gas.be) a ainsi traité du Samrtheat, un programme de simulation permettant de comparer différents systèmes de chauffage. Bien qu’il implique de nombreux calculs complexes, ce programme se révèle particulièrement convivial. Par ailleurs, des paramètres comme le prix de l’énergie, sont régulièrement actualisés. Le programme indique le coût global d’une configuration déterminée sur 20 ans, ce qui comprend l’investissement de base, le coût de l’énergie, les frais d’entretien et d’autres frais éventuels. Il est possible de comparer les divers systèmes à l’aide de différents graphiques, en termes d’émissions, de coût global, d’investissement, etc. L’installateur bénéficie d’un niveau distinct dans le software, qui lui permet d’aller plus loin dans les détails.
Hajo Hoffmann (Tech4Fuels) a fourni un état des lieux sur l’étude relative aux combustibles pauvres en carbone. Cela va de l’huile végétale modifiée à des combustibles totalement synthétiques. L’objectif consiste à aboutir à un combustible qui soit totalement interchangeable avec l’huile minérale ou le gaz naturel. De plus, lors du processus de production, on ne peut pas utiliser de matières premières qui pourraient être employées à meilleur escient. Les cultures énergétiques ne peuvent ainsi pas supplanter les cultures alimentaires. Il s’agit d’une manière de valoriser les flux de déchets (biomasse, graisses) ou de stocker de l’électricité verte via l’étape intermédiaire de l’hydrogène. Divers projets pilotes sont déjà en cours.
Jef Schelkens (ClimaWays) est revenu sur la pompe à chaleur gaz à absorption. Il a aussi contribué à mettre fin à certains mythes à propos de l’électrification du chauffage. L’opposition entre électricité et gaz dans le cas des PAC est un faux débat. Une PAC électrique n’est pas plus verte que l’électricité qui sort de la prise de courant. Il s’agit surtout de regarder comment l’énergie primaire est utilisée, et là, les PAC gaz à absorption affichent de bonnes performances.
Enfin, Jan Bral –de la firme du même nom- a donné un témoignage issu de la pratique des installations hybrides. Dans ce domaine, il ne s’agit pas seulement de raccorder une pompe à chaleur ou des capteurs solaires à une installation existante. Des réglages et un dimensionnement corrects sont également indispensables. Une régulation adaptée est également nécessaire pour éviter que le brûleur et/ou la PAC ne s’allume à tort et à travers. Sans oublier un entretien régulier de la chaudière.
Par Alex Baumans













