ÉVÉNEMENTS
Install Magazine 989 – mars 2023
La rénovation est-elle encore abordable?
Table ronde de Two Cents
Ces derniers mois, le secteur de la construction a subi une succession de hausses de prix. À cela s’ajoute aujourd’hui une augmentation des taux d’intérêt des prêts hypothécaires, ce qui pèse sur le budget des candidats constructeurs et rénovateurs. Alors qu’un important rattrapage est nécessaire dans le domaine de la rénovation, ce marché risque de stagner en raison de la hausse des prix. Le bureau de communicaton Two Cents a réuni un certain nombre de sociétés afin de discuter des perspectives du marché. Les participants de la table ronde étaient les suivants : Wouter Thierie d’ING, Lieven Verstaen de Daikin, Steven Verraes d’Hansgrohe et Veronique Mattheeuw de Skylux
Les ménages à bas revenus reportent leurs projets
Wouter Thierie a donné un aperçu du marché d’un point de vue financier. Il est clair que le marché stagne. Les prix en forte hausse constituent non seulement un frein à la décision de rénover, mais ils engendrent également de l’incertitude chez les candidats rénovateurs. Les projets sont dès lors reportés dans l’espoir que les prix se stabiliseront à nouveau. L’année passée, la construction a subi les hausses de prix les plus importantes depuis 40 ans. Par ailleurs, tout indique que ce mouvement va se poursuivre, surtout pour des produits à forte intensité énergétique comme le ciment. À cela s’ajoute donc la forte augmentation des taux d’intérêt des crédits hypothécaires qui grugent le budget disponible. Le pouvoir d’achat immobilier devrait ainsi baisser de 6 %.
Le pessimisme ne doit toutefois pas l’emporter. La propension à rénover est encore grande, et ceux qui en ont les moyens, investiront également dans l’immobilier. La baisse concerne avant tout les faibles revenus ; les ménages à hauts revenus continuant en effet à rénover. C’est surtout la rénovation énergétiques des logements qui a le vent en poupe. D’après Wouter Thierie, il ne faut dès lors pas craindre un effondrement du marché immobilier, mais plutôt un ralentissement. Le marché belge du logement est robuste, et on s’attend à ce que les prix restent plutôt stables à l’avenir. Dans le contexte actuel d’inflation élevée, des prix de l’immobilier stables ou légèrement à la hausse signifient que le logement devient plus abordable en termes réels.
Nécessité d’une feuille de route
Divers orateurs ont fait le constat qu’il y avait un énorme besoin d’information chez les rénovateurs. C’est particulièrement le cas des jeunes ménages qui désirent retaper une ancienne maison et qui ne savent pas quelles sont les interventions prioritaires ou les plus adéquates. Cela peut conduire à un effet dit de ‘verrouillage’ : les options qui se présentent deviennent effectivement limitées en raison de mauvais choix opérés à un stade antérieur. Les pouvoirs publics ont ici un rôle à jouer en informant les ménages sur la meilleure manière de planifier une rénovation à long terme.
La guerre des talents
Les craintes que l’augmentation des coûts de la main-d’œuvre ne menace l’emploi dans le secteur se sont en partie estompées. Certes, le coût de la main-d’œuvre pèse sur la rentabilité des entreprises, et ici et là, des difficultés se font jour, mais en général, le secteur est plutôt encore en quête de travailleurs qualifiés. Les fabricants font de gros efforts pour former ou recycler les gens, et ce en collaboration avec le secteur éducatif. Cependant, les fabricants atteignent essentiellement les personnes qui sont déjà actives dans le secteur ou qui ont opté pour l’enseignement construction. Le défi consiste dès lors à attirer plus de jeunes dans la construction.
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Par Alex Baumans
Photos: Two Cents












