POMPES À CHALEUR
Install Magazine 989 – mars 2023
Potentiel des pompes à chaleur à entraînement thermique
Les possibilités en rénovation
Quand on parle de pompe à chaleur, on pense habituellement à du chauffage électrique. Il ne s’agit toutefois que d’une partie de la réalité. La grande majorité du marché se compose certes de PAC électriques avec un cycle de compresseur, mais il existe à côté de cela d’autres principes, comme les PAC thermiques avec un cycle à absoprtion ou à adsorption. Les organisations sectorielles européennes EHI (chauffage) et EHPA (pompes à chaleur) estiment que ces dernières méritent plus d’attention, dans la mesure où elles offrent une réponse à chaque problème spécifique de la transition énergétique.
Revalorisation des pompes à chaleur à entraînement thermique
Bien que les pompes à chaleur thermiques abritent une technologie éprouvée, elles ne représentent qu’une petite partie du marché de la PAC, et par extension, une partie encore plus petite du marché global du chauffage. Au fil des ans, des fabricants de renom ont certes tenté de commercialiser cette technologie, principalement sous la forme de pompes à chaleur à absorption au gaz, mais leur succès est resté limité. Progressivement, la plupart des grands acteurs ont dès lors abandonné cette technologie, ne laissant sur le marché qu’une poignée de fournisseurs. Dans un webinaire, les deux associations sectorielles européennes EHPA et EHI ont toutefois appelé à accorder plus d’attention à cette technologie. Le contexte a en effet changé en raison de la transition énergétique en cours.
Une solution rapide pour la rénovation
La situation est de fait identique dans de nombreux pays européens: on fait face à un énorme parc de bâtiments qui ne sont pas particulièrement efficaces sur le plan énergétique et qui -pour toutes sortes de raisons- ne seront pas rénovés à court terme. Même avec la meilleure volonté du monde, les plans de rénovation se heurtent aux limites capacitaires du secteur. Par ailleurs, le réseau électrique ne peut pas partout faire face à l’accélération de l’électrification du transport et du chauffage. L’exemple de l’Italie a été cité, avec un parc immobilier dont plus de la moitié des bâtiments se situent dans les plus mauvaises classes énergétiques et un réseau électrique faiblement développé.
Dans ce contexte, installer une PAC au gaz peut constituer une solution aussi rapide qu’attractive : le réseau de gaz existant peut continuer à être utilisé, et cette solution n’exige pas de rénovation profonde, dans la mesure où ces appareils sont capables de fournir des températures élevées. Il ne s’agit probablement pas d’une solution définitive, mais bien d’une méthode rapide et réaliste pour réduire sensiblement la dépendance au gaz.
Utilisation efficace du gaz vert
À long terme, les PAC au gaz peuvent jouer un rôle dans le recours au gaz vert, qu’il s’agisse d’hydrogène ou de méthane. Mais quel que soit le scénario relatif au rôle du gaz vert dans le futur paysage énergétique, tout le monde s’accorde à dire que la disponibilité de ce gaz sera limitée. Il convient donc de l’utiliser aussi efficacement que possible. Et c’est ici que les PAC au gaz possèdent un avantage par rapport à la technique de combustion traditionnelle. En raison du fonctionnement même de la PAC, de l’énergie est extraite de l’environnement, et le rendement sur énergie primaire est donc légèrement plus élevé.
Il y aura probablement toujours des bâtiments pour lesquels le chauffage à basse température ne sera pas envisageable. Si l’on place dès lors un système à gaz à haute température, la pompe à chaleur gaz constitue à cet effet la solution la plus efficace. L’EHI et de l’EHPA en concluent donc que la PAC thermique a bien un rôle à jouer dans la transition énergétique. Les deux associations ont résumé ce point de vue dans rapport rédigé en anglais, qui est téléchargeable sur leurs sites internet respectifs.
Par Alex Baumans










