SANITAIRE  
Install Magazine 983 – avril 2022

Robinetterie anti-vandalisme

L’approche de Schell

Le vandalisme ne peut hélas pas être évité dans les sanitaires publics. Le degré de risque dépend de l’application, mais il faut présumer qu’il y aura toujours des utilisateurs capables de détruire le matériel. La conception anti-vandalisme est donc une exigence de base pour Schell, spécialiste de la robinetterie pour sanitaires publics. Nous avons parlé à Dirk Vanden Breede de l’approche du fabricant.

Une image globale

Une première remarque est que la prévention du vandalisme nécessite une approche globale. Si les sanitaires sont propres et bien entretenus, les utilisateurs respecteront davantage les appareils que s’ils sont dans un environnement laissé à l’abandon. L’état de la robinetterie est d’une grande importance. Si par exemple, un robinet commence à se détacher, il y aura toujours un personnage lambda incapable de résister à la tentation de le forcer un peu plus pour in fine le détruire entièrement. Le postulat est le suivant : ce qui est légèrement endommagé sera à la fin irrévocablement détruit. D’où l’importance de contrôles et d’entretiens réguliers : en gardant tout en bon état et en résolvant immédiatement les défauts mineurs, l’exploitant peut éviter des coûts plus importants.

Concevoir de manière robuste

En tant que spécialiste des sanitaires publics, Schell prend de toute façon en compte la résistance aux actes de vandalisme lors de la conception de chaque produit. Qu’il s’agisse d’un robinet de lavabo, d’une chasse d’eau d’urinoir, d’une douche ou similaire. Cela se traduit par une construction robuste, des fixations dissimulées et, surtout, un design sans interstices ni autres ouvertures, offrant peu de point d’appui à ceux qui veulent déloger l’appareil. Les produits Schell sont conçus non seulement pour une utilisation courante, mais également pour continuer à fonctionner correctement dans des conditions exigeantes.

Par exemple, les robinets à fermeture automatique et à commande manuelle disposent d’un bouton poussoir facile à actionner, même après des années d’utilisation. Cela semble être un détail, mais lorsque ce bouton commence à se coincer, les utilisateurs ont tendance à appuyer dessus fortement. Cela entraîne à son tour davantage de contraintes mécaniques ; le robinet peut commencer à se détacher et avant qu’on puisse s’en rendre compte, il doit être remplacé. Concevoir pour une fiabilité durable prévient les problèmes.

Ce qui n’existe pas ne peut pas être endommagé.

Un exemple de cette règle de base est le contrôle de la température pour les robinets sans contact manuel. Généralement, ces robinets ne sont utilisés que pour l’eau froide. Cependant, il existe également des versions à mitigeur pour un confort accru. Celles-ci sont généralement équipées d’un levier sur le côté pour régler la température. Hélas, ce levier est un point faible évident au niveau du vandalisme. Toutefois, si l’on souhaite fournir de l’eau chaude (pour les mains) dans un environnement où des dommages sont à craindre, l’on peut opter pour une cartouche de mélange qui se monte sous le lavabo. Cette cartouche est raccordée aux conduites d’adduction d’eau froide et chaude. Elle fournit de l’eau à la température souhaitée (généralement 38 °C) ; le robinet ne dispose d’aucun appendice visible. Ce robinet peut être une version ordinaire épurée pour l’eau froide. Si requis, la cartouche de mélange peut être dissimulée dans un boîtier.

Il existe également des solutions discrètes pour les urinoirs. Une chasse d’eau à accumulation, à bouton poussoir ou sans contact manuel, reste vulnérable. Une chasse encastrée sans contact est déjà un pas en avant. Seule la plaque murale y est visible. Dans les systèmes infrarouges de Schell, le capteur se trouve derrière une vitre spéciale. Même si l’on voudrait abîmer le détecteur infrarouge, l’impact est limité au verre. En cas de dommage, seule cette plaque doit être remplacée, le capteur lui-même reste en place.

La chasse d’eau invisible offre encore plus de sécurité. Elle est commandée par un capteur intégré dans le siphon-même. Il est sensible à la température et au débit. Lorsque le capteur détecte que l’urinoir est en cours d’utilisation, un signal est envoyé à l’électrovanne pour déclencher la chasse d’eau. La robinetterie peut être encastrée dans la paroi avant. Le gros avantage est qu’aucune partie de l’installation n’est facilement accessible. En outre, il est impossible que la chasse continue à couler si le siphon est bouché : en cas d’absence de débit, aucun rinçage ne se produit. Cela contraste avec les commandes à IR qui chassent en cas de présence. En cas de bouchons, cela peut entraîner le débordement des siphons.

Alimentation électrique

Un autre point d’attention est l’alimentation des robinets électriques. Ici, plusieurs options se présentent : l’alimentation secteur ou par batteries. La connexion au secteur est la plus facile à entretenir ; elle exige bien sûr une connexion électrique au réseau. Dans les nouvelles constructions, cela peut être pris en compte lors de la planification ; en rénovation c’est moins évident.

Si l’on opte pour un branchement sur secteur, la solution la plus simple est de poser une prise près du robinet. La connexion pour l’alimentation et le transformateur peuvent alors y être branchés. Cependant, cette solution n’est envisageable que si le risque de vol est négligeable. L’expérience a montré que les transformateurs sont souvent volés dans des environnements anonymes. Une solution consiste alors à utiliser une armoire encastrée séparée, dans laquelle sont logés les transformateurs. Dans cette configuration, un seul câble est visible et encore, il peut être caché si requis. Là encore, il y a deux options : un transformateur pour plusieurs prises, ou un par prise. La première option a l’avantage que l’installation est beaucoup plus fluide. L’inconvénient est que, si ce transformateur rend l’âme, tous les robinets seront exempts d’alimentation. Si, au contraire, on opte pour des transformateurs séparés, les autres robinets continueront à fonctionner, même en cas de défaut de l’un d’eux.

Les robinets à piles sont largement utilisés en rénovation car ils peuvent être utilisés n’importe où et peuvent facilement remplacer les robinets à commande manuelle existants. Bien sûr, les batteries peuvent également être volées. Il est donc conseillé de placer les batteries dans une armoire encastrée séparée, qui peut être installée dans un endroit fermé ou caché. Sur les versions de robinet où les piles sont situées dans le corps du robinet, le volet d’accès est verrouillé par une clé Allen.

Ne pas oublier les robinets équerre

Une version spéciale pour sanitaires publics existe pour les robinets équerre, un matériel devenu synonyme avec Schell. La poignée de commande est munie d’un capuchon qui peut être vissé. Si le réglage doit être modifié, il faut d’abord retirer le capuchon, ce qui ne se fait qu’avec une pince.

Par Alex Baumans

Photos : Schell

www.schell.eu