ÉVÉNEMENTS
Install Magazine 960 – mai 2019
Tout est connecté
Le secteur HVAC au salon ISH
La salon ISH de Francfort est avant tout la vitrine du secteur du chauffage, dans lequel l’industrie allemande joue un grand rôle avec des poids lourds comme Viessmann, Bosch ou Vaillant. Occupant pour la première fois la totalité d’un palais (Hall 8), les techniques de ventilation et climatisation ont toutefois cette année vu leur importance grandir. Constatation importante : le grand thème de l’édition 2019 n’était pas tant la transition énergétique, mais bien la numérisation.
Êtes-vous déjà connectés ?
S’il y a bien un mot qui caractérise les nouveautés dans les halls d’ISH dédiés au chauffage, c’est bien « connectivité ». Tout est désormais connecté. Sous sa forme la plus triviale, cela se traduit par une application avec laquelle on peut commander l’appareil en question. Mais la connectivité offre plus de possibilités qu’une vulgaire commande à distance. On voit ainsi de plus en plus de fonctions d’optimalisation apparaître, par exemple pour utiliser les possibilités des compteurs intelligents, ou pour maximaliser la consommation propre des panneaux photovoltaïques, ou encore pour réaliser l’équilibrage hydraulique d’une installation. Un défaut de tous ces systèmes tient dans le fait que la plupart des fabricants se basent sur une application propre. Chacun s’assure certes que son système soit parfaitement compatible avec les autres plateformes, et se connecte sans peine à un système de gestion de bâtiment. Mais est-ce que cela se déroule réellement ainsi dans la pratique ? Telle est la question. On attend encore jusqu’à présent un standard indépendant de toute marque.
Ici et là, le salon ISH nous a même offert un aperçu du futur. Une des évolutions les plus spectaculaires est l’assistance technique par le biais de la réalité augmentée. Le technicien qui se trouve sur place, met ici des lunettes spéciales, qui permettent à l’expert du fabricant ou du fournisseur d’avoir une vue sur l’installation, de n’importe quel endroit du monde, afin de donner des conseils, de contrôler des réglages ou de faire apparaître de la documentation technique. Ces applications ne sont pas encore pour demain, mais il ne souffre aucun doute que l’assistance technique via la communication digitale et la réalité virtuelle est en mesure d’offrir des tas d’avantages. Nous en sommes déjà au stade où des services d’assistance technique IT peuvent intervenir directement dans notre ordinateur à l’aide de systèmes comme Teamview. Les installations devenant au fil du temps de plus en plus intelligentes, on doit aussi s’attendre à une telle évolution pour le secteur HVAC.
La connectivité autorise également un nouveau modèle commercial. En équipant un appareil d’une intelligence embarquée, il est possible de créer des fonctions supplémentaires, pour ensuite proposer des services. Les plus pratiques d’entre eux sont la gestion de chaufferie, l’optimalisation, l’entretien préventif et la détection d’erreurs. Il est aujourd’hui assez simple d’évaluer à distance des messages d’erreurs, ou de vérifier si un appareil déterminé fonctionne bien dans la bonne fenêtre de paramètres. Des anomalies dans le fonctionnement peuvent également désormais être facilement détectées : si par exemple, la pompe primaire tourne, mais que le débit ou les températures reçues par les corps de chauffe se révèlent insuffisants, le système de gestion peut alors déclencher l’alarme. Des contrats de service étendus peuvent ainsi être conclus, dans lesquels l’entreprise d’installation ou le fournisseur garantit le bon fonctionnement durable de l’installation contre un certain montant.
Le futur de la pompe à chaleur
La question qui préoccupe le secteur de la pompe à chaleur est celle du fluide frigorigène à utiliser. En théorie, il ne s’agit pas d’un problème insurmontable. La réglementation sur les gaz fluorés parle d’un « phase down » et pas d’un « phase out ». Une certaine quantité des réfrigérants actuels devrait ainsi rester disponible. Les mouvements sur le marché de ces dernières années sont toutefois d’une telle nature, qu’on désire faire peu de déclarations concrètes à propos des prix et de la disponibilité dans le futur. Les avis divergent en effet sur ce qu’il devrait se passer.
Il y a tout d’abord les fabricants qui, du moins pour le futur proche, s’en tiennent habituellement aux traditionnels R410A et R407C. Ils comptent sur la disponibilité à un prix acceptable de ces fluides frigorigènes durant un laps de temps encore assez long, et ils attendent de voir quelle direction va prendre le marché avant d’introduire la prochaine génération de réfrigérants.
Une deuxième choix populaire est le R32, surtout chez les fabricants asiatiques qui sont aussi actifs dans le refroidissement et la climatisation. Ce dernier est certes inflammable, mais étant donné qu’en Europe, ou utilise essentiellement des conduites hydrauliques pour le transport de la chaleur, cela ne devrait pas constituer un inconvénient insurmontable. Il est effectivement possible de recourir à un circuit de refroidissement totalement fermé, qui est monté et testé en usine. Les risques de fuites sont alors ici particulièrement limités.
Cette réflexion est aussi à la base d’une troisième option : le propane ou R290. Celui-ci possède d’excellentes propriétés en termes de technique de refroidissement et affiche un GWP de seulement 3. Il y a effectivement un danger d’explosion, mais cela peut être géré en recourant à une construction monobloc. Il s’agit par ailleurs généralement d’appareils air-eau pour placement en extérieur, ce qui limite les risques de fuites. Ce n’est en outre pas un hasard si les fabricants les plus impliqués en la matière, à savoir des sociétés spécialisées dans la technique de chauffage comme Vaillant ou Wolf, sont celles qui ont le plus d’expérience avec les gaz inflammables.
Il y a enfin des entreprises qui suivent leur propre chemin. Mentionnons ici Stiebel Eltron qui place ses espoirs dans le R454C, qui combinerait les avantages de la sécurité et d’un faible GWP. Il ne s’agit toutefois pas d’une solution prête à l’emploi : les fabricants devront en effet adapter les circuits frigorifiques et le fonctionnement des compresseurs. Il faudra donc encore un certain temps avant que toute la gamme soit convertie au nouveau réfrigérant.
La chaudière de chauffage central n’est pas morte
En dépit de tout l’enthousiasme autour de la transition énergétique et de l’électrification du chauffage, les chaudières traditionnelles continuent à représenter la majeure partie du marché. Les fabricants les plus réputés ont ainsi présenté de nouvelles séries, notamment dans le domaine des chaudières à condensation. En matière de technique de combustion, les gains que l’on peut encore extraire d’une chaudière à condensation modernes sont minimes. L’innovation se situe donc surtout dans les possibilités de régulation, la plage de modulation, la facilité de commande, l’intégration dans d’autres systèmes, sans oublier l’intelligence embarquée.
Door Alex Baumans













