LÉGISLATION  
Install Magazine 949 – avril 2018

La Flandre sur la voie du QNE

Le ministre Tommelein est ravi des évolutions dans le bâtiment neuf flamand

On le sait désormais : en 2021, toutes les nouvelles constructions devront être quasi neutres en énergie (QNE) en Flandre. Le mouvement en ce sens a été initié il y a douze ans avec l’introduction des règles PEB. Depuis, les exigences n’ont cessé d’être plus sévères pour aboutir, d’ici 2021, au niveau E30. Le secteur flamand de la construction a suivi ce mouvement, et devance même légèrement la législation. On compte désormais près de 52% de bâtiments neufs QNE (ou mieux) en Flandre. On peut donc conclure que la Flandre est sur la bonne voie pour atteindre les objectifs fixés.

Une étape supplémentaire vers le QNE

Ce fut donc un ministre de l’Énergie heureux, en la personne de Bart Tommelein, qui présenta les chiffres de la VEA (Vlaamse Energie Agentschap) lors de la traditionnelle conférence de presse de Batibouw. 2018 est une année paire, ce qui signifie qu’une nouvelle étape a été franchie dans le renforcement des exigences, et plus précisément de l’abaissement de la limite de E50 à E40. Une première constatation est que l’adaptation systématique tous les deux ans semble être une approche efficace. Le secteur de la construction a de ce fait l’occasion de s’adapter, et cela permet aussi aux promoteurs de franchir le pas. La meilleure preuve de cela est que le score réel est systématiquement inférieur au maximum légal. En 2017, 70% des permis de bâtit se situaient sous la norme, pour un niveau E moyen de E39. En d’autres mots, les exigences plus sévères de 2018 ont déjà été atteintes l’an passé.

La part de nouvelles habitations satisfaisant déjà aux exigences QNE, ne cesse également de croître. En 2012, elle était encore de 6% ; en 2016, elle a par contre franchi la barre des 50% (avec 52% plus précisément). Les mesures fiscales favorables pour ce type d’habitations n’y sont pas étrangères. Le ministre Tommelein, qui possède aussi les finances dans ses compétences, est d’avis de maintenir le soutien financier. Dans la réforme fiscale, les habitations éco-énergétiques s’en sortent d’ailleurs favorablement.

En rénovation, les chiffres sont similaires. On dispose toutefois ici de moins de données : le niveau E pour les rénovations énergétiques majeures a été introduit en 2015. De plus, cela ne fait pas longtemps que l’ensemble des travaux sont soumis à une autorisation, de sorte que les déclarations ne donnent qu’une image limitée de la pratique de rénovation. On peut toutefois affirmer que la tendance est prometteuse : le niveau E moyen est légèrement inférieur à l’exigence (E74 par rapport à E90), et ici aussi, le mouvement est légèrement à la baisse.

Qui dit énergie renouvelable dit essentiellement panneaux photovoltaïques

La VEA rassemble également des données sur la manière avec laquelle la part d’énergies renouvelables est respectée. L’an passé, la majorité des bâtisseurs (87%) a opté pour l’une ou l’autre forme d’énergie renouvelable. Répartis entre les diverses techniques, les panneaux PV ont connu une forte augmentation (plus 41%). Dans 61% des nouvelles habitations, des panneaux PV ont été installés, surtout en combinaison avec une pompe à chaleur. On peut même dire que les PAC sont majoritairement installées avec des panneaux PV : seuls 4% des nouvelles constructions possèdent une PAC seule. L’énergie solaire thermique reste marginale : dans seulement 2% des cas, on trouve un chauffe-eau solaire seul.

Par Alex Baumans

www.energiesparen.be