ÉVÉNEMENTS
Install Magazine 992 – septembre 2023
Expériences menées avec des combustibles verts
Journée d’étude de Vives et BtecCH
La transition énergétique est souvent assimilée à l’électrification. Pourtant, la conversion aux technologies électriques ne se fera pas du jour au lendemain, et encore moins pour le chauffage des bâtiments. Les combustibles verts constituent dès lors une alternative intéressante. Afin de décrire le potentiel des combustibles écologiques, le centre d’expertise BtecCH a organisé une journée d’étude en collaboration avec la haute école Vives.
Les limites de l’électrification
Le constat de base de Marc Decat (Vives) est le suivant : l’électrification des bâtiments n’est pas pour demain. Si on veut emprunter la voie de la pompe à chaleur, il conviendra alors de satisfaire à toute une série de conditions préalables. Des millions de bâtiments devront être rénovés, le réseau électrique devra être adapté, etc. Et tout cela doit se faire en pleine pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Pour réduire les émissions des bâtiments à moyen terme, il faudra également miser sur les combustibles verts. Ce qui peut s’effectuer avec un minimum d’adaptations techniques, et se révéler également pertinent dans le cas d’installations de chauffage hybride. Cela nécessitera toutefois le soutien du monde politique et de l’enseignement.
L’orateur principal Andries Gryffoy (N-VA), président de la Commission climatique flamande, a également exigé de la flexibilité et du pragmatisme. Poursuivre des objectifs ambitieux est certes louable, mais il ne faut toutefois faut perdre le contact avec la réalité. Il a ainsi plaidé pour une évaluation des mesures en termes de faisabilité, et a insisté sur le fait que le plan climatique flamand n’était pas gravé dans le marbre. La guerre en Ukraine a en outre mis un autre aspect au premier plan : la sécurité d’approvisionnement. La conversion à des techniques carboneutres ne doit pas entraîner le remplacement d’une dépendance par une autre.
Plus en avance que prévu
Durant le reste de la journée d’étude, divers experts sont revenus sur une série d’expériences menées avec des combustibles écologiques, tant liquides (FAME, HVO, HAO, BTL, e-fuels...) que gazeux (hydrogène, biogaz, biométhane, biopropane...). Une des conclusions est que nous sommes déjà bien avancés dans le domaine des carburants verts. En ce qui concerne les combustibles liquides, on possède en effet déjà une grande expérience en termes de production, de normalisation et d’applications, principalement dans le transport. Des combustibles écologiques sont en outre déjà utilisés dans des brûleurs industriels, un mouvement qui a encore été accéléré par la hausse des prix des combustibles fossiles. En ce qui concerne le gaz, le biométhane fait partie des objectifs européens pour le climat et pour l’indépendance énergétique ; et l’UE a également attribué un rôle important à l’hydrogène. L’hydrogène destiné au chauffage rencontre un intérêt croissant aux Pays-Bas en tant qu’alternative au gaz naturel. Des fabricants comme Bosch et Remeha ont déjà mené quelques projets pilotes. Pour le secteur du propane, enfin, le biopropane constitue un bon moyen pour décarboner facilement les bâtiments, surtout lorsque ceux-ci ne peuvent pas aisément être raccordés aux réseaux de gaz ou de chaleur.
La conclusion de cette journée est donc que l’introduction des combustibles verts est réalisable sur le plan technique, et qu’il s’agit par ailleurs -à nouveau d’un point de vue technique- d’une méthode de décarbonation rapide et efficace du parc immobilier. La concrétisation économique de tout cela dépendra avant tout du cadre législatif.
Par Alex Baumans











