LÉGISLATION
Install Magazine 983 – avril 2022
Plus d’autonomie énergétique pour l’UE
Le programme REPowerEU doit contribuer à réduire la dépendance vis-à-vis de la Russie
L’UE est quasi totalement dépendante des importations en matière d’approvisionnement énergétique ; et dans ce contexte, la Russie est le principal fournisseur de l’UE : 40% des importations de gaz, 27% de pétrole et 46% de charbon proviennent en effet de Russie. Le récent conflit en Ukraine nous a démontré à quel point la position européenne était affaiblie en la matière. C’est pourquoi l’UE a lancé le programme REPowerEU, dont le premier objectif est de réduire la dépendance énergétique européenne par rapport à la Russie, et à long terme de garantir une plus grande autonomie énergétique.
Ne plus dépendre de la Russie d’ici 2030
Une des priorités absolue consiste à atténuer l’impact des prix –fortement- à la hausse de l’énergie. La Commission a pour ce faire créé un cadre au sein duquel les états membres peuvent entreprendre des actions. Cela comprend notamment la régulation des prix, des mesures contre la spéculation ainsi qu’un soutien aux secteurs qui souffrent tout particulièrement de cette hausse des prix. Autre proposition législative : les stocks de gaz doivent être remplis à au moins 90% de leur capacité au plus tard le 1er octobre de chaque année.
A moyen terme, des mesures seront prises pour diversifier l’approvisionnement en gaz, grâce à une augmentation des importations de GPL et des importations par gazoduc provenant de fournisseurs non russes (Norvège, Algérie, Azerbaïdjan). Parallèlement à cela, il faut se tourner davantage vers des alternatives au gaz naturel. On évoque ainsi la production de 35 milliards de mètres cubes de biométhane par an d’ici 2030, essentiellement à partir de déchets agricoles. Autre option : l’hydrogène vert. L’UE compte ici sur un volume supplémentaire de 15 millions de tonnes (Mt), s’ajoutant aux 5,6 Mt prévus dans le paquet « Adaptation à l’objectif 55 ». Ce volume se composerait de 10 Mt d’hydrogène importé et de 5 Mt d’hydrogène produit en Europe. L’UE prendre à cet effet des mesures pour développer une infrastructure intégrée du gaz et de l’hydrogène verts.
Accélérer la transition énergétique
Sur le plan structurel, il convient de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles, et tout particulièrement au gaz naturel. Le paquet « Adaptation à l’objectif 55 » devrait à ce titre nous permettre de diminuer la consommation de gaz naturel de 30%. Combiné aux autres mesures, cela entraînerait une diminution de 155 milliards de m3/an, soit l’équivalent des importations en provenance de Russie en 2021.
Cela doit notamment se traduire par une accélération de l’électrification du chauffage domestique. La Commission veut doubler le rythme annuel de déploiement des pompes à chaleur, ce qui permettrait à l’UE d’installer 10 millions de PAC au cours des 5 prochaines années, et d’arriver à un total de 30 millions d’unités en 2030. L’électricité doit dans ce contexte également être produite sur base de sources non fossiles. La Commission mise effectivement sur une capacité de 480 GW et 420 GW, respectivement pour l’éolien et l’énergie solaire. Cette capacité électrique constitue aussi la base des 5,6 Mt d’hydrogène vert mentionnées au préalable. La décarbonation de l’industrie en cours passe également par l’électrification ou le recours au gaz vert.
Le conflit en Ukraine a mis en évidence la nécessité d’une accélération radicale de la transition énergétique en Europe. Il est désormais évident que la dépendance en matière d’importations de combustibles fossiles n’a pas uniquement des effets négatifs sur l’environnement mais aussi sur notre équilibre politico-économique. La Commission européenne s’engage à ce qu’à la fin de la décennie, nous soyons déjà loin sur la voie d’une économie décarbonée.
Par Alex Baumans










