FÉDÉRATION
Install Magazine 981 – février 2022
Une croissance freinée par des contraintes logistiques
La vision d’ATTB pour le secteur du chauffage
Le secteur du chauffage se porte bien, très bien même. Par un concours de circonstances, des familles ont la motivation et l’opportunité de moderniser leur installation, ce qui se traduit par un flot de commandes. Le fait que ce mouvement ne débouche pas sur des chiffres records absolus a tout à voir avec des contraintes logistiques : les fabricants n’ont tout simplement pas assez d’équipements sur le marché pour répondre à la demande. L’ATTB exhorte le gouvernement à saisir cette opportunité pour accélérer la transition énergétique. Les techniques sont en effet disponibles et maintenant, les applications adéquates doivent suivre.
Backlog logistique
L’ATTB, l’Association pour les Techniques Thermiques en Belgique, fait chaque année une rétrospective sur les évolutions de l’année écoulée, afin de fixer les jalons pour l’année à venir. Les chiffres disponibles montrent que 2021 peut se clôturer positivement avec une croissance de 15 %. Cependant, ce résultat est inférieur aux chiffres attendus au cours des deux premiers trimestres de 2021. La baisse du quatrième trimestre s’explique en grande partie par les difficultés d’approvisionnement dont souffre le secteur du chauffage, comme beaucoup d’autres. En raison de la disponibilité limitée des composants, les fabricants ne sont pas en mesure de répondre à toutes les commandes, résultant en des délais de livraison plus longs.
La forte demande est due à une combinaison de plusieurs facteurs. Premièrement, la crise de la Covid-19 a freiné un certain nombre de dépenses des ménages, libérant un budget pour la rénovation. Dans le même temps, la situation incertaine du marché financier rend pertinent un investissement dans l’immobilier. En outre, la hausse des prix de l’énergie a souligné l’importance de systèmes de chauffage efficients. Ces effets conjoints ont donné au marché une forte impulsion.
Le mazout à l’avant-plan
En termes de types d’appareils, la chaudière gaz à condensation murale reste de loin la plus vendue en Belgique. Les pompes à chaleur enregistrent de bons chiffres de croissance année après année ; en chiffres absolus cependant, elles ne représentent encore qu’une petite partie du marché. Pour les pompes à chaleur, nous constatons une nette préférence pour les appareils air-eau. La constatation la plus frappante est peut-être que la plus forte croissance de l’année écoulée était notée pour la chaudière à mazout. Bien sûr, cela a à voir avec des circonstances spécifiques. Malheureusement, les inondations en Wallonie ont également obligé de nombreuses familles à inopinément remplacer leur chaudière. En Flandre, de nombreuses chaudières ont été commandées avant l’entrée en vigueur des restrictions à l’installation de nouvelles chaudières, afin de garantir le chauffage pour les décennies à venir. En ce sens, on peut dire que la directive flamande était contre-productive à court terme.
Développer des solutions pour la rénovation
Afin de réduire les émissions des bâtiments, une solution est particulièrement nécessaire pour le marché de la rénovation et du remplacement. Dans les bâtiments neufs, la réglementation relative à la performance énergétique a fait son travail. Les maisons neuves sont écoénergétiques et les systèmes durables sont devenus la norme. Il existe également des règles pour réduire les émissions de CO2 pour les rénovations énergétiques majeures. Cependant, la plus grande partie du marché du chauffage consiste à remplacer les chaudières dans les maisons existantes. Ici, l’accent est mis en grande partie sur un remplacement tout court de la chaudière, sans poursuivre la modernisation de l’installation ni passer à des technologies durables. Un remplacement de chaudière représente bien une avancée, certainement compte tenu de l’âge moyen des chaudières en Belgique, mais cela reste insuffisant. L’ATTB y voit une occasion manquée.
Après tout, des techniques économiques sont disponibles. Les pompes à chaleur peuvent être largement mises en œuvre dans les bâtiments entièrement modernisés. Les systèmes hybrides peuvent être choisis dans les maisons partiellement rénovées. Cela permet de cette manière de réduire les émissions pendant une grande partie de la saison de chauffage, sans exiger immédiatement de modernisation majeure. Ainsi, un propriétaire peut rénover son bâtiment en plusieurs phases. En outre, une installation hybride offre à l’utilisateur une sécurité : le confort reste garanti, même dans les conditions les plus froides. L’ATTB espère que le gouvernement sera sensible à ces possibilités et apportera son soutien lorsque requis.
Il y a encore en effet beaucoup d’incertitudes sur le marché. Il existe toujours de nombreux mythes et de malentendus relatifs aux énergies renouvelables qui font que les propriétaires hésitent à opter pour ces technologies. Le solaire thermique, entre autres, en souffre. Malgré le fait qu’il s’agit d’une technique bien connue et que la rentabilité est favorable en raison des prix élevés de l’énergie, l’application des collecteurs solaires thermiques est à la traîne. Un manque -injustifié- de confiance des consommateurs demeure l’obstacle majeur.
Finalement, des solutions doivent également être recherchées pour l’habitat collectif. Année après année, les projets de rénovation se multiplient dans ce segment. Ils nécessitent une approche spécifique, avec des techniques adaptées. Ce sera un défi important pour l’avenir.
Élargissement de l’association
L’ATTB se remet en question en permanence en tant qu’organisation. La transition énergétique bat son plein et l’association veut y prendre part. L’ATTB ne se limite déjà plus depuis longtemps à la technologie des chaudières et des brûleurs. L’association se veut ouverte à tous ceux qui proposent des solutions pour le climat intérieur et le confort à l’eau chaude. Le principe directeur ici est de réduire les émissions de CO2 au coût sociétal le plus bas possible. L’association va réformer son fonctionnement interne pour accueillir un éventail plus large de spécialités techniques, avec le froid en premier place, mais aussi avec la ventilation. La sensibilisation et les conseils techniques restent des activités importantes, destinées à la fois au secteur du CVC lui-même et aux autorités. Actuellement, l’association travaille d’arrache-pied à la nouvelle structure. Le conseil d’administration est déterminé à ne pas rater le train de l’avenir.
Par Alex Baumans











