FÉDÉRATION
Install Magazine 977 – mai 2021
« Gas:Fit For 55 ? »
L’assemblée annuelle d’Eurogas étudie le gaz dans la transition énergétique
Eurogas représente le secteur européen de la distribution et de la vente du gaz ; il regroupe 51 entreprises et organismes issus de 24 pays. Les membres jouent un rôle clé dans la décarbonation de l’économie européenne. Il n’est donc pas étonnant que l’assemblée annuelle –virtuelle- de 2021 ait été consacrée aux objectifs européens climatiques, avec comme slogan : « Gas : Fit for 55 ? ».
Des opportunités pour le gaz
Le président Philippe Sauquet a tout d’abord insisté sur la contribution que le secteur du gaz pouvait apporter à la décarbonation, plus précisément en remplacement du charbon. Un certain nombre de régions en Europe sont en effet encore fortement dépendantes du charbon dans leur approvisionnement énergétique. Une transition vers des centrales au gaz constituerait dès lors un gain rapide. Autre point d’attention : les émissions de méthane. Le méthane est un gaz à effet de serre plus puissant que le CO2 ; il est donc important d’en réduire les émissions directes. Les sources doivent être mieux cartographiées afin de savoir ce qui est dû aux fuites dans les réseaux de gaz naturel, mais aussi à d’autre sources, comme l’agriculture.
Profiter de la relance
Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, a déclaré que le Green Deal européen était aussi un plan de relance, et vice versa. L’Europe doit participer aux efforts considérables pour relancer l’économie, et en profiter maintenant pour passer à une société carboneutre. Si nous laissons tout en l’état, nous nous enliserons irrévocablement. En optant au contraire pour la transition énergétique, nous pouvons prendre de l’avance dans le développement d’une économie verte.
L’UE est déterminée à devenir carboneutre d’ici 2050. Pour Frans Timmermans, le gaz fossile n’a pas d’avenir. Si le gaz veut jouer un rôle dans le mix énergétique de demain, il doit alors s’agir de gaz vert : avant tout de l’hydrogène, mais aussi du biométhane ou de méthane synthétique.
Molécules et électrons
Catharina Sikow-Magny du Directorat Général Énergie de la Commission européenne pense que le gaz vert a un grand rôle à jouer. Selon elle, nous n’aurons pas uniquement besoin d’électrons, mais aussi de molécules. En 2050, le secteur du gaz renouvelable pourrait être aussi important que celui du gaz naturel aujourd’hui, même si le gaz servira alors plutôt à des applications difficiles à électrifier, comme le transport lourd ou certaines tâches industrielles. Elle a aussi invité les entreprises à recourir au soutien financier que l’UE met à leur disposition : presque 37% du paquet de mesures de relance entrent dans le cadre du Green Deal.
Sur le plan réglementaire, la priorité absolue consiste à créer un marché pour l’hydrogène vert. À l’heure actuelle, la demande ainsi que la production sont trop faibles. Un cadre réglementaire adapté doit servir de stimulant aux entreprises qui désirent passer au gaz vert, ce qui contribuerait à la création d’un marché. Ces aspects sont repris dans la révision en cours de certaines directives. Des résultats concrets sont attendus pour la fin de l’année. Le secteur du gaz est lui-même demandeur d’objectifs contraignants destinés à servir de base à des décisions d’investissement.
Aspects sociaux
Tout le monde était unanime sur un point : le citoyen doit impérativement être concerné. Si le peuple européen ne participe pas, toute ambition climatique restera lettre morte. C’est pourquoi la transition énergétique doit aussi être socialement équitable et responsable, avec des efforts de reconversion des secteurs traditionnels, comme l’extraction houillère. Aucune région ni classe sociale ne peut être laissée pour compte.
Par Alex Baumans










