LÉGISLATION  
Install Magazine 941 – juin 2017

Gas.be informe les installateurs

La conversion au gaz à pouvoir calorifique élevé approche

Il se passe beaucoup de choses dans le secteur du gaz. Une raison suffisante pour gas.be,  auparavant ARGB, pour organiser une série de soirées d’information. Trois sujets sont à chaque fois traités : la réforme du label Cerga, le passage du gaz L au gaz H, et des applications gaz innovantes. Dans l’article qui suit, nous aborderons un peu plus profondément le deuxième sujet : la conversion du réseau de gaz.

Du gaz à faible pouvoir calorifique au gaz à pouvoir calorifique élevé

La conversion du réseau de gaz au gaz à pouvoir calorifique élevé (gaz H) va devenir un thème important dans les années à venir. Jusqu’à présent, il existait deux types de gaz sur le réseau gazier belge : le gaz à pouvoir calorifique élevé et le gaz à faible pouvoir calorifique, le second étant issu des Pays-Bas. L’extraction du gaz aux Pays-Bas cause toutefois de plus en plus de perturbations dans le sous-sol local, avec notamment des tremblements de terre en conséquence. C’est pourquoi le gouvernement néerlandais a décidé d’interrompre progressivement l’extraction du gaz. Une première étape consiste à réduire graduellement l’exportation de gaz naturel ; et en 2030, les Pays-Bas n’exporteront plus de gaz dans notre pays, ce qui sonnera le glas du gaz L en Belgique, qui fut introduit en 1966.

Une énorme entreprise

Une part considérable du réseau du gaz naturel belge est concernée. La construction du réseau de gaz à faible pouvoir calorifique était déterminée par l’infrastructure de transit des Pays-Bas vers la France. La ligne de ravitaillement vers la France passe en effet à travers le centre de la Belgique, grosso modo sur l’axe Anvers-Bruxelles-Charleroi. Les zones voisines de ce gazoduc furent raccordées au gaz néerlandais, pour des motifs évidents. Dans notre pays, il s’agit donc d’une large bande du nord au sud, avec un total d’environ 1,6 millions de clients et quelque 2,8 millions d’appareils de toutes sortes. Sur chaque compteur, il y a en effet plus d’un appareil raccordé.

Techniquement parlant, la conversion est parfaitement possible, vu que l’immense majorité du parc d’appareils est prévue pour les deux types de gaz. Pour être prêt d’ici 2030, près de 100.000 installations doivent être convertis, et donc 175.000 appareils doivent être contrôlés. Il va de soi que l’on ne peut pas reporter cela jusqu’au dernier moment. Synergrid, la fédération des gestionnaires de réseau de gaz et d’électricité, a dans ce but élaboré un plan indicatif.

Des résultats encourageants pour le projet-pilote

Un premier projet-pilote a été réalisé l’an passé ; il a permis à environ 5.000 utilisateurs d’Houthalen-Helchteren d’être raccordé au gaz à haut pouvoir calorifique. Les résultats sont particulièrement encourageants : l’opération s’est déroulée sans problème significatif. Cette année, un certain nombre de clients industriels du port d’Anvers ont été convertis au gaz H. Malgré ces résultats positifs, on ne peut pas se montrer trop optimistes. Il ne s’agit ici que d’une fraction du nombre total de raccordements, qui ne sont en outre pas représentatifs de la population. La situation dans les centres-villes est par exemple souvent plus compliquée en raison de la grande diversité de situations. Mais il ne faut pas non plus craindre de grands problèmes.

Types de raccordements et d’appareils

En ce qui concerne les raccordements, il y a environ un million de clients dont le réseau de distribution est équipé d’un pressostat central. Dans ce cas, il suffit que le gestionnaire du réseau de distribution diminue la pression pour la conversion. Les autres utilisateurs, soit environ 600.000, possèdent un pressostat individuel avant le compteur. Ici, le gestionnaire de réseau doit chaque fois passer pour adapter la pression de 25 à 21 mbar.

En ce qui concerne les appareils, la conversion devrait en grande partie se dérouler sans problème. Depuis l’introduction du gaz à pouvoir calorifique élevé en 1978, tous les appareils au gaz qui ont été commercialisés sur le marché belge, conviennent également pour les deux types de gaz, éventuellement avec un ajustement des réglages. Les cas problématiques sont les appareils d’avant 1978, mais on peut dès lors se demander si il ne serait pas tout simplement préférable de les remplacer. Une autre catégorie est celle des appareils qui ne sont pas agréé pour la Belgique, mais par exemple uniquement pour les Pays-Bas. Bien que ceux-ci ne soient pas autorisés, on en trouve tout de même un certain nombre en Belgique. Si un installateur rencontre un tel appareil, il doit impérativement être remplacé, dans la mesure où il n’est pas agréé pour le gaz à haut pouvoir calorifique.

Interventions de l’installateur

Le système de certification pour appareils au gaz a été adapté au cours des années en fonction des évolutions techniques. Cela nous amènerait trop loin de revenir en détail sur ce que les différentes catégories signifient précisément aujourd’hui. En résumé, il y a deux types d’appareils : les appareils qui sont préréglés d’usine pour pouvoir fonctionner sur les deux types de gaz, et les appareils pour lesquels l’installateur doit lui-même réaliser un réglage sur place. La majorité des appareils sont du premier type. Ils peuvent habituellement fonctionner tant avec du gaz L que du gaz H sans intervention ultérieure; mais attention, la certification signifie seulement qu’ils peuvent fonctionner en toute sécurité avec les deux types de gaz. Il est toutefois fortement possible qu’il existe des différences en termes de fonctionnement et de performances (de puissance par ex.). En ce qui concerne les appareils qui doivent être réglés sur place, il s’agit notamment des brûleurs à air pulsé, en principe pour des applications non résidentielles. Leur nombre est relativement restreint. Ils doivent être ajustés les uns après les autres lorsque le type de gaz change.

On pourrait donc penser que dans une très large majorité de cas, rien ne doit se passer, mais cela n’est pas du tout vrai. Les Belges ont toutefois toujours eu une interprétation créative des règles. Il est de notoriété publique qu’une partie des appareils vendus ont été ajustés, bien que cela ne fût en fait pas autorisé. Il est donc conseillé que dans chaque cas, un professionnel se rende sur place pour constater la situation de l’appareil. S’il apparaît que des ajustements ont été apportés à l’appareil, l’installateur est alors censé ramener l’appareil sur la position d’origine, de manière à ce qu’il puisse à nouveau fonctionner dans les limites de la certification. Ceci ne constitue pas une carte blanche pour l’installateur l’autorisant à travailler sur des appareils selon son bon gré. Il s’agit seulement de rétablir les paramètres originaux.

Procédures et helpdesk

Gas.be va effectivement soutenir les professionnels dans cette opération. En collaboration avec les organisations sectorielles des fournisseurs d’appareils et d’installateurs, on a rédigé un document de référence qui peut servir de fil conducteur. Gas.be va aussi créer un helpdesk pour les techniciens. Le but n’est pas d’imposer une procédure uniforme. Les situations sont trop diverses pour cela. C’est au professionnel de proposer la meilleure approche à partir de son expérience et de ses connaissances. C’est pourquoi le secteur a choisi de soutenir les professionnels avec des conseils et instruments, de façon à ce qu’ils puissent décider en fonction des circonstances concrètes.

Par Alex Baumans

Illustrations: Gas.be

www.gaznaturel.be