INSTALLATION ET OUTILLAGE
Install Magazine 973 – novembre 2020
Essais de pression dans les canalisations : à l’air ou à l’eau?
A l’heure où les essais de pression à l’air de canalisations gagnent en importance dans plusieurs pays de l’UE, il est intéressant d’examiner les avantages et les inconvénients des différentes méthodes d’essai. Dans cet article, des experts de diverses régions partagent leurs expériences et expliquent réaliser un essai de pression efficacement et en toute sécurité.
Glissement vers l’essai de pression à l’air
Qu’il s’agisse de complexes commerciaux aux Pays-Bas ou de salles de bains modulaires au Danemark, de plus en plus d’entrepreneurs et d’installateurs en Europe délaissent l’essai de pression à l’eau pour l’air. Un glissement que l’on remarque aussi en Belgique. La tendance va-t-elle se poursuivre ? Pendant des décennies, la méthode d’essai de pression à l’eau a dominé en Europe pour détecter d’éventuelles fuites dans les systèmes de canalisation. Dans le secteur de la construction, on part du principe que l’essai de pression à l’air est trop dangereux car une pression trop élevée peut causer des accidents et des dégâts matériels. Cependant, de plus en plus d’entrepreneurs appliquent l’essai de pression à l’air. Don Elworthy, Senior Contracts Manager chez Panks Engineers Ltd au Royaume-Uni, en fait partie. C’est lui qui prescrit les essais de pression à l’air lors de la construction de nouveaux projets commerciaux. « Jusqu’il y a quelques années, il y avait peu voire pas de directives pour les essais de pression à l’air et on effectuait des tests jusqu’à 12 bars », explique-t-il. « Cette manière de travailler peu sûre et carrément dangereuse entraînait de nombreux accidents. Cependant, avec un effectif correctement formé qui suit les directives de la déclaration de méthode, les essais de pression à l’air peuvent être réalisés avec précision et en toute sécurité. »
Contrôle de qualité en production
Plusieurs exemples pratiques dans divers pays et secteurs démontrent cela. Modulbad, une entreprise du Danemark qui commercialise des salles de bains préfabriquées, réalise depuis 30 ans les essais de pression à l’air dans le cadre de son processus de contrôle de qualité. Un test d’étanchéité est systématiquement réalisé pour chaque module de salle de bains. « L’exposition à l’eau pendant la production peut endommager la peinture, le carrelage et les canalisations », explique Finn Bjorn-Hansen, Sales Manager de Modulbad. « Les essais de pression à l’air garantissent des modules de salles de bains propres et secs lors de leur expédition, et comme nous stockons les cabines à l’extérieur, nous évitons que les canalisations ne gèlent lors du stockage. Les essais de pression à l’air font partie de notre processus de production et nous aident à produire des salles de bains préfabriquées de qualité. »
Modulbad vise la commercialisation de salles de bains de grande qualité sur le marché danois. Raison pour laquelle Finn Bjorn-Hansen recommande aux installateurs d’utiliser de l’air lors des essais de pression. « Nous y voyons là une méthode plus sûre, même envers l’installateur, lors de l’installation des unités », explique-t-il. « Si les installateurs peuvent réduire le risque de fuites et de dégâts d’eau, c’est aussi positif pour notre marque. »
Plus rapide et plus simple dans les grands bâtiments
Aux Pays-Bas aussi, l’application d’essais de pression à l’air a augmenté au cours des 20 dernières années, parallèlement à l’expansion significative de la taille des nouveaux bâtiments. Eric van der Blom, spécialiste en sanitaire chez Techniek Nederland, l’association professionnelle néerlandaise des prestataires de services techniques et des installateurs : « A mesure que les bâtiments sont devenus plus volumineux, il devenait difficile dans la pratique de faire couler de l’eau dans les canalisations chaque semaine. L’essai de pression à l’air est une méthode plus simple qui peut avoir lieu dans un espace spécifique du bâtiment, sans devoir ensuite éliminer les bulles d’air de l’eau. Elle fait généralement gagner du temps, raison pour laquelle elle gagne en popularité. Tout cela a conduit à la décision de formuler des nouvelles directives pratiques pour les essais de pression à l’air. »
Limiter le risque de légionellose
Pour les essais de pression à l’air, le fabricant de canalisations Wavin a rédigé un protocole clair : « Les installateurs réalisent le test à deux niveaux de pression : d’abord à 0,15 bar puis, lorsqu’il y a la certitude absolue que les raccords sont étanches, à 3 bars pour la résistance à la pression. « Avec ce protocole, l’essai de pression à l’air est beaucoup plus sûr », souligne Ludo Martens, product manager chez Wavin. « Ne pas utiliser d’eau est plus hygiénique, l’essai de pression à l’air diminue le risque de légionellose. Un risque toujours présent, comme en témoigne les chiffres. En 2018, il y a eu au moins 12 décès en Belgique suite à des contaminations à la bactérie Legionella. Tous ces avantages font que de plus en plus d’installateurs belges optent pour les essais de pression à l’air. »
‘Le raccord qui siffle’
En tant qu’acteur majeur dans ce segment de marché, Wavin propose des solutions innovantes pour faciliter le travail des installateurs. La détection des fuites est ainsi simplifiée avec les raccords Wavin Tigris en plastique K5 et laiton M5, équipés de l’Acoustic Leak Alert. Lors d’un essai de pression à l’air, les raccords non pressés sont détectés et un sifflement est émis. « Les raccords Wavin Tigris K5/M5 sont les premiers au monde à être équipés d’un système de détection de fuite acoustique. Lors d’un essai de pression à l’air, le raccord non pressé émet un sifflement bien audible (+/- 80 dB(A)). La fuite est détectée facilement. Si on préfère réaliser l’essai de pression à l’eau, les raccords K5 et M5 peuvent aussi être utilisés de manière rapide et fiable. »
« Le nouveau raccord Tigris K5/M5, le successeur du Wavin Tigris K1/M1 bien connu des installateurs, met la barre plus haut », souligne Ludo Martens de Wavin. « La fonction Multi Jaw garantit des compressions sûres quel que soit le profil de sertissage utilisé : Up, H, U, B et TH. L’acquisition d’un nouvel outillage n’est en général pas nécessaire. Avec l’Opti Flow, le débit est amélioré (jusqu’à 50% plus important) et les valeurs Zeta sont sensiblement réduites. Le Tigris K5/M5 garantit le meilleur débit possible et un confort optimal. » Si vous souhaitez tester ce raccord, demandez un échantillon gratuit via le site web ci-dessous.
Par: Philip Declercq
(Photos: Wavin)













