SALON  
Install Magazine 969 – avril 2020

Lancement réussi de Batibouw 2.0

Une édition repensée qui plaît aux visiteurs et aux exposants

2020 est une année importante pour Batibouw. Le concept du salon a été remodelé, les heures d’ouverture ont changé, des salons distincts ont été organisés au lieu des journées professionnelles, l’agencement a été revu … Les réactions sont majoritairement positives et l’organisateur est satisfait des 187.000 visiteurs, sachant que le coronavirus a très certainement tenu de nombreuses personnes à l’écart.

Nouvelle formule

En ce qui concerne le secteur de l’installation, le salon InstallPro représente une bonne alternative aux journées classiques des installateurs. La plupart des grands fabricants de HVAC et de systèmes sanitaires étaient représentés et l’ambiance était bonne. La fluidité entre le volet Batibouw proprement dit et les salons pourrait être meilleure, mais ce sont là les maladies infantiles typiques d’une nouvelle formule. Dans le monde du chauffage, l’approche de petits stands techniques était clairement séduisante. Tant les visiteurs que les exposants ont eu plus de bons moments à InstallPro qu’au Palais 12. Mais on ne peut pas dépeindre ainsi le Palais 12. La comparaison est difficile : Batibouw s’adresse plutôt aux particuliers et dure plus longtemps que la seule journée d’InstallPro. Mais il faut bien constater que l’intérêt du secteur ne suffit plus à remplir le hall.

Le nouveau concept de salon qui laisse plus de place à l’inspiration et à l’information est un succès. Un salon professionnel moderne doit être plus qu’un rassemblement d’exposants, aussi attrayants soient-ils. D’après une enquête réalisée sur place par l’organisateur FISA, il apparaît que 84% des visiteurs recommanderaient Batibouw à leurs amis et à la famille. Le nombre de visiteurs aurait était incontestablement plus élevé sans la crise sanitaire du corona. C’est surtout lors du second week-end que le public n’a voulu prendre aucun risque. Et cet effet a aussi été ressenti auprès des exposants : plusieurs entreprises ont préféré rester à l’écart. Tout bien considéré, l’organisateur est donc satisfait du lancement réussi de la nouvelle formule.

Le Belge et les nouvelles formes de logement

Batibouw est aussi le moment opportun pour la Confédération Construction de dresser le bilan de la construction en Belgique mais aussi d’anticiper les évolutions du secteur. La construction reflète peut-être une image traditionnelle mais les développements technologiques sont omniprésents. La Confédération Construction a sondé l’intérêt du Belge moyen sur les nouvelles formes de logement et les technologies intelligentes. Il en ressort globalement qu’il reste plutôt classique dans ses préférences : 85% sont propriétaires, deux-tiers habitent dans une maison et un tiers dans un appartement ou un studio. Plus de la moitié habitent dans une maison à quatre façades et deux-tiers ont un jardin. L’image idéale d’avoir sa propre maison avec un jardin n’est donc pas dépassée.

Il y a aussi de l’intérêt pour les alternatives : les maisons kangourous, les formes de logement avec des espaces partagés ou les ‘tiny houses’ compactes suscitent énormément d’intérêt. Le groupe de population âgé entre 25 et 34 ans est ouvert à d’autres formes d’habitat : 32% apprécient les formes de logement avec des espaces partagés, 28% sont pour des habitations avec des équipements partagés et 25% s’intéressent aux ‘tiny houses’.

En ce qui concerne les technologies intelligentes, l’intérêt est général. Cela va plus loin que les gadgets techniques ou un système de domotique. Une véritable maison intelligente communique avec plusieurs réseaux et échange des données pour notamment le réglage optimal de la consommation énergétique. Pour ce qui est des installations techniques, 43% des répondants sont sensibles aux avantages des formules de maintenance pour le chauffage et la ventilation. La tranquillité d’esprit via une bonne prestation de service est clairement apprécié. Environ un tiers souhaiterait aussi louer en leasing des installations HVAC ou des applications pour les énergies renouvelables. Il y a donc un marché pour les entreprises d’installation qui veulent passer de l’installation et de la vente à une prestation de services.

BEN est le standard pour les nouvelles constructions flamandes

D’après le rapport sur les chiffres PEB de la VEA, il apparaît que le secteur de la construction précède l’objectif de construire dès 2021 uniquement suivant le standard BEN (Bijna-Energieneutraal), soit des constructions énergiquement presque neutres. En Flandre, le standard BEN équivaut à un niveau E30. Les chiffres des maisons unifamiliales en 2016 montrent que 4 constructeurs sur 5 atteignaient déjà ce standard. Le niveau E moyen pour cette année est E28, donc largement en deçà du maximum E50 en vigueur pour ces habitations. Dans les nouvelles constructions, les énergies renouvelables sont quasiment devenues un standard. L’introduction d’une part obligatoire d’énergies renouvelables est sans doute lié à cela. Les maîtres d’œuvre ont cependant l’opportunité de choisir en alternative un niveau E 10% plus strict. Les trois-quarts optent pour un système énergétique renouvelable, en premier lieu des panneaux PV, combinés ou non à une pompe à chaleur ou une chaudière solaire.

Le niveau S a également été introduit pour les permis de construire à partir de 2018. Il indique les performances énergétiques de l’enveloppe du bâtiment, tant les pertes de chaleur que la surchauffe. Le niveau S pouvait atteindre au maximum S31 au cours de la période. Ici aussi, le constructeur flamand fait mieux que ce qui est demandé : pour les maisons, le niveau S moyen était S26 et S23 pour les appartements. Soulignons ici que ces chiffres sont très provisoires.

Dans le domaine de la rénovation, la situation est moins positive, bien qu’il y ait ici aussi une évolution vers l’efficacité énergétique. Dans le cas d’une rénovation énergétique majeure, il y a aussi une exigence pour le niveau E. Jusqu’en 2019, le maximum était E90, il a été ramené à E70 l’année dernière. L’objectif à long terme est d’arriver à E60. Les déclarations de l’année de demande 2015 avaient une moyenne de E73. Pour l’année de demande 2017, l’amélioration va jusqu’à E57 (E56 pour les maisons et E61 pour les appartements). Appliquer les énergies renouvelables dans les constructions existantes reste difficile. Seul un tiers des rénovateurs l’applique, les autres choisissent un niveau E inférieur.

Dans tous les cas, la transition énergétique bat son plein et le secteur de la construction innove pour la rendre possible. En se profilant comme une vitrine de l’innovation dans la construction, Batibouw profite d’un nouvel élan.

Par Alex Baumans

Photos: Batibouw

www.batibouw.com