INSTALLATION ET OUTILLAGE
Install Magazine 966 – décembre 2019
Fuites d’eau : des pertes « invisibles » qui coûtent cher
Combien coûtent les fuites d’eau aux industriels et aux services des eaux ? Rien que pour la France, les pertes seraient estimées à 2 milliards d’euros selon L’Onema (’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement) soit 20% de la production. Tuyauteries vétustes, déboitements de raccords dus à une mauvaise conception, usure des joints… Autant de risques pour les entreprises et services des eaux qui doivent être pris en compte lors du choix des raccordement sur le réseau. C’est avec ce souci de réduction des fuites que le fabricant français Huot (200 personnes localisées à Saint-Mihiel, en Meuse) propose une gamme de produits performants et en constante évolution. Interview de son responsable marketing et communication, Philippe Frayé.
Des coûts cachés et des risques d’avaries imprévues
Leader sur le territoire national et très présent en Belgique, le fabricant se distingue par une fabrication 100% française, et investit dans l’outil de production et l’innovation pour près d’un million d’euros par an. Un choix qui découle directement des risques qu’entend adresser la société, comme l’explique Philippe Frayé : « Au-delà des fuites d’eau en elles-mêmes, les casses imprévues sur le réseau et les raccordements représentent un coût très important à la réparation. Par exemple, des déboitements peuvent se produire lorsque le réseau a mal été étudié et que des vibrations ou des décalages angulaires apparaissent. Nous avons donc depuis le début tenu à maîtriser l’ensemble de notre chaîne de production de manière à proposer des produits durables et de qualité. »
Le joint : composant peu coûteux mais tellement critique
Souvent négligé de par son coût relativement faible et sa disponibilité massive, le joint joue pourtant le rôle central de barrière antifuite (et accessoirement, de protection contre les contaminants). À l’inverse de la plupart de ses concurrents, Huot fait le choix de les concevoir et de les produire lui-même. Philippe Frayé : « Le joint est un élément central pour l’ensemble des raccords du réseau puisqu’il fait l’interface entre l’eau et l’extérieur. Nous sommes à ce titre parmi les rares à concevoir et maîtriser la production de nos joints à partir d’une usine dédiée appartenant au groupe. Cela nous permet de les optimiser à nos raccords et d’augmenter la fiabilité de ces derniers. Ce n’est pas le cas d’une grande majorité de nos concurrents qui achètent leurs joints à bas coût chez des fournisseurs tiers. »
Raccords et regards : vers davantage de polyvalence et de flexibilité
Ne se contentant pas d’investir dans la qualité de fabrication, la société a présenté dernièrement deux innovations dans le domaine des jonctions et raccords, ce après plusieurs années de recherche et développement. Philippe Frayé : « La jonction LP7 et le raccord à bride LP8 font partie des innovations majeures que nous avons récemment commercialisées. Il s’agit de raccords ‘universels’ pour les tubes de gros diamètres (DN65 au DN150) : ils s’adaptent à tous les types de tubes, qu’ils soient en acier, fonte ou en matière plastique, neufs ou usagés. Aussi, leur système est dit « auto-bloqué » : le crampage interne a été étudié pour éviter tout déboitement. Aucun massif en béton n’est requis autour du tube : les coups de bélier sont parfaitement supportés, ce qui permet de réaliser des économies et de gagner du temps à l’installation et au remplacement. »
Philippe Frayé revient également sur l’autre produit phare du moment : « Pour les regards de compteurs isolés, nous mettons en avant le Regarduo 1178 qui offre une vraie adaptabilité/modularité par rapport à son environnement. Le produit a déjà deux ans, mais sa gamme a été étendue vu le succès rencontré. Désormais, à partir de ce même produit, nous permettons à l’utilisateur de sélectionner la hauteur, le type de robinetterie avant/après compteur, la tête (ronde, carrée, fonte, ...), etc. Cette modularité offre davantage de flexibilité à l’utilisateur. »
Fondée en 1906, l’entreprise produit plus d’un million de raccord laiton par an et réalisait un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros en 2018. Leader en France dans le branchement et forte de 4500 références en stock, l’entreprise souhaite renforcer sa présence en Belgique : un marché qui représente à l’heure actuelle 60% de son chiffre d’affaires à l’exportation.
S’adapter aux besoins du marché local
Majoritairement dédiée aux services d’adduction d’eau, la gamme du fabricant se divise en quatre groupes :
* Réseau : adaptateurs, brides et jonctions
* Prise en charge : robinets, colliers et machines à percer
* Point de livraison : regards, robinetterie et supports compteurs
* Raccords en laiton : raccords et clés
Cette dernière gamme semble avoir trouvé un écho particulier sur le marché belge, comme l’évoque Philippe Frayé : « Notre raccord laiton BSR-BSN, convenant pour les petits diamètres, rencontre un franc succès en Belgique du fait sa capacité à pouvoir être utilisé avec les tuyaux PEBD (polyéthylène à basse densité) : une particularité du marché en Belgique, dans le secteur agricole et le sanitaire (pour le raccordement de pompes et citernes) où l’on a recours très souvent à ce genre de tuyaux qui peuvent être courbés et travaillés facilement. Je précise par ailleurs que nous nous conformons à la norme Belgaqua, ce qui permet à nos clients belges de se fournir sans crainte dans notre catalogue. »
Par Ayoub Alaoui.












