ÉVÉNEMENTS
Install Magazine 965 – novembre 2019
Le mazout dans le paysage du chauffage de l’avenir
Congrès Informazout 2019
‘Refuel the Future’ était le thème du congrès Informazout de cette année. La transition énergétique arrive, c’est un fait. Le rôle que vont jouer les combustibles liquides est par contre moins clair. Plusieurs scénarios sont envisagés. Il est donc temps pour Informazout de clarifier l’avenir du secteur des combustibles liquides. Une primeur a aussi été annoncée. Le Fonds tant attendu pour l’assainissement de sols contaminés par des fuites de mazout est enfin effectif. Promaz est une initiative concrète pour préserver l’environnement.
La fin du mazout n’est pas pour maintenant
En tant qu’orateur d’ouverture, l’expert en énergie Filip Van den Abeele a dressé un aperçu des scénarios de l’avenir de l’approvisionnement en énergie. Il s’est aidé de chiffres émanant d’institutions et notamment ceux de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE). Un premier constat est que l’on s’attend à ce que les besoins en énergie primaire augmentent. Le gaz naturel va donc jouer un rôle important en tant qu’alternative plus propre au charbon. L’énergie solaire et éolienne sont de bons élèves et vont suivre la tendance. Mais leur véritable percée dépendra du niveau de rentabilité du stockage d’énergie. Plusieurs méthodes sont possibles : le thermique, les batteries, l’hydrogène, … Au milieu de tout cela, il y a encore de la place pour les combustibles liquides. L’honnêteté nous oblige à dire que l’importance du transport va augmenter par rapport au chauffage. Mais le développement d’un mazout à faible teneur en carbone peut parfaitement s’adapter à une économie sobre en carbone.
Politique européenne
Les lignes directrices de la politique énergétique sont définies au niveau européen. Les intérêts y sont défendus par Eurofuel, une association dont Informazout est membre fondateur. Sandrine Devos a détaillé la situation au sein de l’UE. Comme dans de nombreux domaines, l’Europe montre une image très variée en matière de chauffage. Dans certains pays, le mazout joue à peine un rôle alors que dans d’autres, notamment la Belgique, il occupe une part significative sur le marché. Dans le cadre des ambitions climatiques européennes, toute une série de mesures sont annoncées comme la révision de la directive sur l’écoconception. Eurofuel s’efforce de ne favoriser ou défavoriser aucune technique injustement. L’association veille aussi à ce que la réglementation reste réalisable et ne s’enlise pas dans la lourdeur administrative.
Et en Belgique?
Willem Voets d’Informazout a expliqué ce que cela signifiait concrètement pour la situation belge. Il regrette la perception négative du mazout de chauffage, notamment par les milieux politiques. En dépeignant le mazout comme le combustible polluant par excellence, on crée un effet inverse. Les familles qui se chauffent au mazout deviennent hésitantes et reportent leurs investissements. Elles essaient de prolonger au maximum la durée de vie des chaudières existantes. Or, un parc de chaudières obsolète est un des grands défis du secteur du chauffage en Belgique.
La performance énergétique des nouvelles constructions s’est fortement améliorée mais cela ne représente qu’une partie limitée du marché. Seuls 4% des unités d’habitation sont construites après 2006, lorsque le niveau E fut introduit pour la première fois. La modernisation des installations représente donc un énorme potentiel d’économie. Willem Voets a évoqué des études et des projets concrets où des économies de 30 à 40% ont été réalisées. Des économies allant jusqu’à 60% sont en principe possibles. De plus, moderniser une installation de chauffage au mazout revient généralement moins cher que de passer à une autre source d’énergie. La conclusion d’Informazout est qu’une politique de rénovation effective ne peut ignorer les gains rapides.
Promaz: une tranquillité d’esprit pour les propriétaires de cuves à mazout
Le Fonds de garantie Promaz destiné à couvrir les dommages causés à l’environnement par des cuves à mazout déficientes a été présenté. L’origine du projet remonte à une bonne vingtaine d’années, lors de l’introduction des premiers contrôles de cuves à mazout. Il s’agissait de déterminer l’état des cuves existantes et l’ampleur du risque. Le projet Promaz a donc été créé et deux milles cuves ont été systématiquement inspectées.
Les résultats étaient mitigés. D’une part, les conditions étaient relativement bonnes : une contamination du sol n’a été constatée que dans 1% des cas. En revanche, lorsqu’il y avait un dommage, les frais d’assainissement s’envolaient. Ces coûts n’étaient pas toujours pris en charge par une assurance. Pour neutraliser ce risque envers l’utilisateur, le secteur a décidé d’assumer sa responsabilité et de créer un fonds pour couvrir les coûts non assurés.
Dans la pratique, ce fut moins évident, et il faudra patienter jusqu’au 8 mai 2019 pour que l’accord de coopération interrégional entre les trois régions soit publié au Moniteur belge. Ce Fonds pour l’assainissement de sols pollués par des cuves de mazout de chauffage a été baptisé Promaz, et sera lancé début 2020. Le secteur émet cependant quelques réserves quant à l’élaboration du système. On déplore par exemple le fait de ne pas faire de différence entre l’exploitant qui suit les prescriptions et une personne qui néglige sa cuve. Mais cela reste un grand pas en avant. Ce règlement offre une tranquillité d’esprit aux utilisateurs de cuves à mazout. Un degré de pollution de moins de 1% est certes très positif mais quand on sait qu’il y a environ 2 millions de cuves enfouies dans le sol, on peut en conclure qu’environ 20.000 familles sont confrontées à un tel problème.
Promaz vise principalement l’assainissement d’une pollution historique. La priorité est donnée aux habitations qui peuvent compter sur un montant pouvant aller jusqu’à 200.000 euros. Promaz n’intervient que pour les dommages non assurés : les frais pouvant être recouvrés auprès de tiers ou qui sont couverts par une autre assurance ne sont bien entendu pas pris en considération. La cuve doit être utilisée pour alimenter une installation de combustion. Les frais liés à la mise hors service de la cuve sont exclus du règlement.
La campagne a entretemps été lancée et un trèfle à quatre feuilles en est le symbole central. L’utilisateur peut s’adresser à un E-guichet pour soumettre un dossier.
Par Alex Baumans
Figures: Informazout













