ÉVÉNEMENTS
Install Magazine 939 – avril 2017
Faciliter la vie de l’installateur
Un retour sur le salon ISH 2017
Lors de la précédente édition du salon ISH de Francfort, les applications et solutions digitales étaient déjà présentes en force. Mais ce n’était qu’un début : cette année, les applis et systèmes digitaux étaient quasiment partout. L’Internet des choses a clairement fait son entrée dans le secteur de l’installation. Cela vaut en effet en premier lieu pour les applications climatiques, mais aussi pour la salle de bains, dans laquelle des solutions intelligentes font leur apparition. L’avenir est aux installations intelligentes.
Quiconque a parcouru les allées des halls d’exposition s’en est immédiatement rendu compte : il s’agissait d’une édition à forte affluence. Avec plus de 200.000 visiteurs, ISH 2017 a fait mieux qu’en 2015, où 197.000 visiteurs se rendirent dans les palais. Environ 40% d’entre eux provinrent de l’étranger, ce qui a confirmé le statut d’ISH de foire mondiale. Comme prévu, les installateurs formèrent le plus important groupe de visiteurs. À noter, la forte affluence en provenance de Chine, qui occupe la deuxième place en termes de visitorat étranger, après l’Italie, mais avant la France et les Pays-Bas. En termes d’exposants, le salon fut encore plus international : sur les 2.482 exposants, 1.593 étaient issus de l’étranger.
Plus encore que de l’affluence, les organisateurs étaient ravis de l’appréciation des participants : environ 80% des exposants et pas moins de 97% des visiteurs se sont déclarés satisfaits. Le salon ISH de Francfort est sans aucun doute « the place to be » dans le secteur de l’installation international. L’ambiance est résolument optimiste : pour une majorité des exposants (88%), les perspectives sont optimistes. Dans le cas des exposants allemands, ce chiffre monte même à 93%
Innover dans l’intelligence
En ce qui concerne la technique HVAC, les évolutions ont atteint un certain plafond. De nouveaux appareils sont naturellement toujours commercialisés, mais il s’agit alors souvent de variantes ou d’améliorations de modèles existants. Le secteur du chauffage se trouve effectivement face à un paradoxe : les techniques pour atteindre une forte réduction des émissions de CO2 sont disponibles, mais le marché ne suit pas. Les fabricants déplacent donc leur attention : l’idée est désormais moins de sortir encore une nouvelle génération, que d’essayer au contraire de profiter au mieux des possibilités des appareils existants. C’est chez les fabricants de pompes que cette approche est la plus évidente. Les nouvelles versions diffèrent peu des précédentes sur le plan hydraulique, mais offrent plus de possibilités de régulation et de communication.
Dans le monde du chauffage, la transition énergétique alimente les développements. Afin d’utiliser un maximum d’énergies renouvelables, l’installation de demain devra combiner différentes sources d’énergie ; et cela ne pourra fonctionner qu’avec une régulation intelligente. Les systèmes intelligents offrent par ailleurs plus de facilité d’utilisation et de confort : quasiment tous les fabricants proposent désormais une solution avec des têtes thermostatiques intelligentes, une régulation de zone et une possibilité de commande via des appareils mobiles.
De nouvelles relations entre le client et le professionnel
Les systèmes connectés sont également synonymes de révolution dans la relation entre le client et le professionnel. Grâce aux chaudières ou systèmes de régulation à connexion internet, les possibilités de gestion à distance ont fortement progressé. Il est désormais beaucoup plus facile de bâtir une relation à long terme avec le client. Cela se traduit par une autre approche commerciale, qui ne se termine plus lorsque la facture est payée. De par son potentiel en termes de services, un appareil connecté peut encore générer ultérieurement du chiffre d’affaires pour le professionnel.
En Allemagne, des acteurs comme les organisations professionnelles ou les grands fabricants et distributeurs, ont également mis sur pied des systèmes destinés à mettre la clientèle en contact avec les installateurs via internet. Ces derniers reçoivent alors automatiquement les coordonnées des particuliers intéressés, et peuvent alors décider de faire un devis ou non. Ce n’est qu’une question de temps avant de voir aussi de tels systèmes faire leur apparition dans notre pays, ce qui aura sans aucun doute un impact sur la structure commerciale du secteur.
Pile à combustible : oui ou non ?
Sur le plan technique, la principale nouveauté est l’introduction de la pile à combustible. Cette technique n’a jusqu’à présent pas vraiment pu tenir ses promesses. Ses partisans estiment toutefois qu’il en ira désormais autrement. Pour commencer, les conditions préalables sont favorables dans le cadre de la décarbonation de la production énergétique. Le Japon a ensuite considérablement investi dans cette technique, ce qui permet aujourd’hui de disposer de produits fiables à l’échelle industrielle. L’Union européenne est en tout cas partisane de la pile à combustible et a libéré en ce sens d’importants subsides, de sorte que le niveau de prix est aujourd’hui comparable à celui de systèmes alternatifs, comme la combinaison d’une pompe à chaleur avec des panneaux photovoltaïques. D’autres fabricants continuent à douter de la viabilité économique de ce système, et observent de quel côté vient le vent.
Les chaudières ne sont pas encore déclassées
Autre constatation : la technique de combustion traditionnelle est loin d’avoir rendu son dernier souffle. En matière de rendement, peu de progrès sont encore réalisables. La nouvelle génération de chaudières a par contre été améliorée en termes de facilité d’utilisation et de compacité, et surtout d’intelligence intégrée. La limitation des émissions nocives conduit également à des innovations en technique de combustion. Les systèmes hybrides, dans lesquels la chaudière constitue un élément du concept global, retiennent de plus en plus l’attention. En ce qui concerne le futur proche, il semble que les énergies renouvelables ne représentent plus tant une alternative aux combustibles fossiles, mais plutôt un complément de ceux-ci.
Des salles de bains intelligentes et des systèmes faciles à monter
On observe également l’évolution en faveur de solutions faciles à monter dans le sanitaire. Cela peut aller d’un outillage pratique pour les systèmes de conduites à des méthodes permettant d’économiser du temps lors du montage de robinets. Entretemps, les systèmes intelligents ont aussi investi la salle de bains. Le fleuron reste en la matière le WC-douche, avec toute une série de fonctions. À côté de cela, on recourt également à l’électronique pour fournir plus de possibilités d’utilisation aux robinets et systèmes de douche. Grâce à l’application de la technique de capteur, la connexion aux systèmes de gestion se révèle plus simple, ce qui permet à la salle de bains de pouvoir aujourd’hui pleinement faire partie d’une habitation intelligente.
Il semble donc que la vie de l’installateur soit appelée à devenir plus facile. Les appareils deviennent de plus en plus plug & play, les possibilités de régulation croissent et sont faciles à configurer, et surtout, la gestion et la détection d’erreurs vont faire d’énormes progrès. Les installations signaleront elles-mêmes une erreur, avant même que des dégâts ne se manifestent, feront une analyse et proposeront une solution, et proposeront peut-être même une liste de pièces de rechange, que l’installateur pourra commander chez le grossiste via un simple clic. Tout cela semble beau, mais nous voudrions toutefois émettre une réserve. Le professionnel devient dès lors très dépendant de systèmes externes et de boîtes noires sur lesquels il n’a pas de maîtrise. Étant donné la complexification croissante, cela est dans un certain sens inévitable, mais on est en droit de se poser des questions sur le rôle du savoir-faire.
Par Alex Baumans
Photos : Messe Frankfurt











