VENTILATION ET CLIMATISATION  
Install Magazine 939 – avril 2017

Création de FläktGroup

FläktWoods intégré dans la structure belge de DencoHappel

Suite à la fusion entre DencoHappel et Fläkt Woods sous le nom de Fläkt Group, un nouveau fournisseur de solutions globales est né dans le domaine de la technique de ventilation. La complémentarité des offres respectives et la position occupée par les deux entreprises sur le marché font la force de ce nouveau groupe. En ce qui concerne le marché belge, la fusion n’a pas directement de grandes conséquences. Les deux marques subsistent, et la représentation de Fläkt Woods sera intégrée dans l’organisation de DencoHappel Belgique.

La naissance d’un fournisseur de solutions globales

DencoHappel remonte d’une part à l’entreprise de technique de ventilation qu’Otto Happel a fondée en Allemagne en 1920, et de l’autre au fabricant anglais de climatisation de précision Denco, qui est actif depuis 1944. Les deux entreprises font partie du groupe industriel GEA, et ont à ce titre été regroupées dans la division Heat Exchangers. Il y a quelques années, GEA a toutefois décidé de se débarrasser de cette division, qui a été reprise en 2014 par le fonds privé d’investissement Triton. Afin de valoriser cette nouvelle entité, le nom a été modifié en DencoHappel, rappelant ainsi les deux composantes majeures de l’entreprise.

Triton mène une politique d’investissement solide dans le but de renforcer DencoHappel. Lorsque s’est présentée l’occasion de reprendre Fläkt Woods, la maison-mère Triton a sauté sur l’occasion. Le résultat est FläktGroup, qui regroupe les deux entreprises. Les deux marques restent toutefois autonomes sur le marché, afin de ne pas briser la confiance établie depuis des années avec les clients.

L’intégration des deux entreprises est facilitée par le fait que la présence sur le marché et le portefeuille des deux fabricants est très complémentaire. DencoHappel est ainsi très fort en Asie et dans l’Europe centrale, tandis que Fläkt Woods est solidement implanté en Scandinavie et aux États-Unis. Les offres de produits se complètent également très bien. Cette combinaison donne ainsi naissance à un fournisseur de solutions globales qui est mondialement actif. Il y a des représentations dans 65 pays, et 17 unités de production à travers le monde. Le groupe compte environ 3.800 collaborateurs, pour un CA de plus de 700 millions d’euros.

Un spécialiste dans le traitement de l’air

En Belgique, DencoHappel se profile comme leader du marché en traitement de l’air et ventilation non-résidentielle. D’après Yves Vanpoucke, managing director de DencoHappel Belgium, le but est de poursuivre sur le chemin engagé. L’intégration de Fläkt Woods offre d’ailleurs ici la possibilité de combler quelques lacunes dans l’offre. DencoHappel continue toutefois à se concentrer sur les spécialisations existantes, alors que la représentation commerciale Fläkt Woods est intégrée au sein de l’organisation Denco-Happel. Pour le marché, il est plus clair que les deux organisations s’en tiennent à leur offre de base.

Si DencoHappel est devenu leader du marché en Belgique, c’est non seulement dû à la qualité des produits, mais aussi à l’expertise des collaborateurs. Dans les projets, l’entreprise forme le lien entre l’installateur, le bureau d’études et les utilisateurs. Elle apporte aussi l’assistance nécessaire pour pouvoir réaliser les solutions les plus adaptées. Ces acteurs peuvent dès lors faire appel à la longue expérience de l’équipe DencoHappel. Sur le plan organisationnel, cela se traduit par une structure dite « tandem », dans laquelle le représentant d’un service externe peut toujours recourir à un collègue attaché au service interne. Certains de ces tandems durent depuis des années, et fonctionnent donc en parfait synchronisation. Étant donné que l’expérience et la compétence sont des atouts, il est peu souhaitable de se diversifier précipitamment vers d’autres secteurs ou d’introduire de toutes nouvelles catégories de produits.

L’importance du climat intérieur

On sent également l’impact de la réglementation dans la technique de ventilation, avant tout en ce qui concerne les exigences relatives à l’économie d’énergie. Ceci est naturellement une bonne affaire pour l’environnement. Par ailleurs, on peut se demander si les choses ne vont pas un peu trop loin en ce sens, avec la conséquence qu’on se focalise uniquement sur l’économie d’énergie. Une installation de ventilation a pour but de garantir une bonne qualité de l’air dans la pièce en question. Naturellement, cela doit se faire de la façon la plus éco-énergétique possible, mais ce n’est là qu’une considération secondaire. Ainsi, dans une cuisine collective, les fumées de cuisson doivent être évacuées rapidement et efficacement. Il est dès lors tentant de récupérer autant de chaleur possible de cet air chaud et humide, mais on se heurte rapidement à des contraintes pratiques, comme l’encrassement de l’échangeur. Si la recherche de gains énergétiques est poussée au point de compromettre le bon fonctionnement de l’installation, on doit alors se demander si cela a du sens.

Des problèmes se posent par ailleurs en rénovation. En raison des exigences plus sévères en termes de performances énergétiques, les nouvelles armoires de traitement de l’air se révéleront plus grandes que les appareils existants, pour un débit donné. Si l’espace est trop exigu, on ne peut plus imaginer remplacer un par un les appareils existants par des nouveaux.

Des règles applicables

Yves Vanpoucke plaide pour plus de concertation entre les parties concernées (essentiellement entre l’industrie et les autorités publiques) afin d’aboutir à des règles réalistes. Il arrive en effet trop souvent que les règles soient totalement sans rapport avec la pratique. Aussi bien intentionnées soient-elles, si ces règles ne sont pas applicables, cela engendre des coûts supplémentaires et une incertitude sur le marché. Une concertation accrue entre les instances publiques serait également la bienvenue. Aujourd’hui, toutes sortes d’administrations nationales et internationales élaborent en effet chacune de leur côté leurs propres réglementations. Il en résulte qu’un appareil doit chaque fois à nouveau être certifié, selon des critères légèrement différents.

Des systèmes intégrés

Sur le plan technique, Yves Vanpoucke voit les installations HVAC devenir une partie de systèmes intégrés. C’est déjà le cas dans le processus de construction, où le fait de travailler avec la modélisation des données du bâtiment (BIM) est devenu un standard dans les projets d’une certaine dimension. En technique de ventilation, le problème est qu’il existe peu de composants standards qui peuvent être repris tels quels lors de la phase de conception. Chaque armoire de traitement de l’air est en effet différente. Dans la digitalisation de tels composants, on doit fournir suffisamment de données pour que le programme puisse fonctionner, sans toutefois le surcharger. À la pratique de démontrer à l’avenir où se situe le point d’équilibre précis.

La connectivité représente un autre défi. On peut tout à fait imaginer que l’installation d’une salle de réunion puisse être commandée à partir d’un agenda électronique. Sachant depuis combien de temps la salle est utilisée et combien de personnes elle abrite, le système de gestion adapte automatiquement les réglages. En ce sens, les divers spécialistes devront aboutir à une plateforme de communication commune. La question reste encore de savoir quelles sont les entreprises qui vont s’octroyer de telles applications. De par son expertise en technique de ventilation, DencoHappel peut certainement y apporter sa contribution. Une chose est sûre, la technique de ventilation restera passionnante dans les années à venir.

Par Alex Baumans

Photos : Fläkt Group

www.dencohappel.be