FÉDÉRATION  
Install Magazine 958 – mars 2019

La Confédération Construction relève le défi de la transition énergétique

Consciente de représenter quelques 15.000  entreprises du bâtiment, tous segments confondus, la Confédération Construction ne pouvait pas rester indifférente face aux enjeux climatiques. La transition énergétique s’impose également dans la construction. De fait, environ 80% de notre parc résidentiel date d’avant 1985. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la performance énergétique de ce dernier laisse à désirer. Au total, ce sont plus de 5,5 millions de logements qui équivalent à 40% des émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi la Confédération Construction veut favoriser les travaux de rénovation et de démolition/reconstruction. Dans ce contexte, d’un côté, elle appelle le gouvernement à opter pour des mesures fortes, et de l’autre, elle prend également ses responsabilités.

Une politique climatique qui se doit d’être également sociale

Partant du constat qu’on rénove à peine 0,6 % du parc de logements par an –au lieu de 20,5% par an, la Confédération Construction incite le gouvernement à prendre des mesures drastiques : l’une d’elles concerne la possibilité de choisir entre un budget « voiture » et un budget « construction ». Le coût du régime fiscal avantageux accordé aux voitures de société s’élève à 4,7 milliards d’euros ; en optant pour un système de choix « voiture » ou « construction », une partie de cette somme pourrait être affectée à l’amélioration des performances énergétiques du parc résidentiel.

Deuxième proposition de la Confédération Construction au gouvernement : appliquer une TVA de 6% sur la démolition-reconstruction dans toute la Belgique. Certes, la rénovation de logements de plus de 10 ans est soumise à un taux de TVA réduit de 6% ; mais il est souvent plus rentable de démolir et de reconstruire que de rénover. Or, la TVA sur la démolition-reconstruction est de 21% sauf dans 32 zones urbaines où elle est de 6%, d’où la volonté d’étendre cette baisse à l’ensemble du pays.

La démolition-reconstruction présente de plus l’avantage de « reconstruire la ville sur la ville » et de ne pas étendre l’urbanisation.

Enfin, la Confédération Construction incite le secteur bancaire à développer un prêt hypothécaire écologique tenant compte de l’efficacité énergétique du bien dans le calcul du taux d’intérêt ; et ce dernier devrait diminuer en fonction de l’augmentation de l’efficacité énergétique. Une fois de plus, l’accessibilité financière est la clé : une politique climatique sera juste et efficace à la seule condition d’être sociale, c’est-à-dire accessible à tous.

Renforcer la formation et limiter les coûts de construction

La transition énergétique étant l’un des défis sociétaux majeurs des prochaines décennies, la Confédération Construction a décidé elle aussi de prendre ses responsabilité par le biais de propositions concrètes. Il y a vraiment urgence à agir.

Pour mener ce plan énergétique et établir une norme de rénovation ambitieuse, il faudrait passer de 0,6% du patrimoine résidentiel existant rénové chaque année à 2,5%. Pour ce faire, il convient de s’appuyer sur un programme de formation encore plus solide. Que ce soit en isolation ou dans les techniques HVAC, il faut plus de gens formés et surtout mieux formés. La construction assure déjà quelque 800.000 heures de formation de perfectionnement pour des travailleurs du bâtiment, mais d’autres pistes sont également à creuser, comme l’enseignement dual ou encore la formation des demandeurs d’emploi.

Le secteur de la construction désire de plus limiter les coûts de construction, notamment grâce à la révolution numérique dans le bâtiment, et plus spécifiquement grâce au BIM qui permet d’exclure bon nombre d’erreurs de conception et de fautes sur chantier. La Confédération Construction doit tout faire pour que le secteur perçoive la valeur ajoutée des outils numériques sur l’organisation et la productivité sur chantier.

Une croissance de 2% prévue pour la construction en 2019

Le bilan 2018 de la Confédération Construction fait état d’une bonne santé du secteur du bâtiment. De fait, malgré un ralentissement de la croissance économique globale en Belgique, la construction affiche de son côté une dynamique favorable. L’an dernier, les travaux de construction ont en effet progressé de 2 à 2,5%, et tout indique que cette croissance devrait se maintenir en 2019 (de 1,5 à + 2%). Ces bons résultats sont appuyés par trois facteurs : l’indicateur de confiance des entrepreneurs est aujourd’hui largement supérieur au niveau moyen des dix dernières années. Ensuite, l’emploi a progressé de près de 3.000 unités (1%) entre le 4e trimestre 2017 et le 3e trimestre 2018. Enfin, le carnet de commandes des entrepreneurs est plus rempli que jamais.

Au rayon des points négatifs, le déficit de main-d’œuvre est toujours aussi criant : plus de 15.000 emplois seraient non pourvus dans le bâtiment. Par ailleurs, dans le résidentiel, le nombre de logements autorisés et la rénovation semblent progresser, mais cette hausse est uniquement due aux statistiques relatives à la Région flamande ; or en Flandre, il y a eu un effet « PEB » (accélération temporaire des demandes de la demande au cours des derniers mois de 2017, avant l’introduction de la nouvelle règlementation PEB), qui pourrait s’estomper en 2019. On note enfin une hausse substantielle du prix des matériaux de construction qui a largement dépassé l’inflation.

Par Michel Hanoulle

www.confederatiebouw.be/fr-be/