FORMATION  
Install Magazine 953 – septembre 2018

Approche dynamique du monde enseignant

Techniques d’installation à l’institut GTI Mortsel

L’Institut Technique Subsidié de Mortsel (GTI Mortsel) est une école secondaire composée essentiellement d’orientations techniques et professionnelles. Les formations installation et techniques HVAC font partie de ses fleurons. L’enthousiasme est partagé par les élèves, en témoigne le prix Gram remporté par Glenn De Groelard, un élève de 6e année en techniques de chauffage et de refroidissement. Gram est une asbl qui désire motiver les jeunes à se lancer des métiers techniques.

Insister sur la polyvalence de la profession

Lorsque l’idée fut lancée de concourir pour le prix Gram, l’enthousiasme fut immédiatement partagé par les élèves. Ils écrivirent le scénario d’un court métrage, avec comme point de départ la diversité de la profession. Pour ceux qui ne sont pas en contact direct avec le secteur, un installateur est avant tout une sorte de tuyauteur. Il y a bien entendu des travaux de montage, mais un installateur doit posséder bien plus de compétences : il doit ainsi avoir des connaissances sur le climat, mais aussi en chimie afin de comprendre la technique de combustion, et naturellement en physique afin de pouvoir lire un schéma hydraulique. Il doit ensuite maîtriser l’électronique et savoir se servir d’un ordinateur pour régler les appareils. Il est enfin préférable qu’il connaisse bien les langues nationales, dans la mesure où la documentation n’est pas toujours disponible en néerlandais. En résumé, un installateur doit posséder plusieurs cordes à son arc.

Cette approche a permis de convaincre le jury de Gram, qui a récompensé le projet dans la catégorie « Métiers pénibles ». Le scénario a été réalisé par les étudiants de la haute école Thomas More. Le résultat est un film dans lequel Glenn De Groelard découvre auprès de la société Thercon ce que sont les possibilités d’application d’une formation en refroidissement et techniques de chauffage. Beaucoup d’emplois sont actuellement disponibles ; on manque en effet de techniciens HVAC, et la transition énergétique à venir ne va faire qu’accroître le besoin de tels profils. Une raison de plus pour convaincre les jeunes et leurs parents d’opter pour ces orientations.

Répondre aux besoins futurs

En termes de techniques d’installation, GTI Mortsel possède deux orientations. La première est directement axée sur le marché du travail ; ici, les élèves peuvent directement et pleinement fonctionner au sein d’une entreprise après leur sixième année, même si trois-quarts des élèves optent pour une septième année de spécialisation. La deuxième orientation est plus technique et prépare les élèves à des études ultérieures. On constate également ici que la grande majorité des élèves choisissent encore une formation supplémentaire après leur période scolaire. Afin d’offrir plus de chances aux élèves sur le marché du travail, l’école offre aussi la possibilité d’obtenir certains certificats. En sixième année, il s’agit de l’agrément Cerga, et en année de spécialisation, il s’agit des certifications en technicien combustibles gazeux GI ou combustibles liquides. Ceci n’est pas une partie obligatoire du programme, mais une possibilité offerte aux élèves qui le souhaitent.

Dans l’orientation technique, GTI Mortsel propose également une formation en technique de chauffage et de refroidissement. Ce qui permet à l’école de pouvoir répondre aux besoins de demain. La transition énergétique est en cours, et vu le rôle à venir des pompes à chaleur, un installateur qui démarre doit avoir une certaine maîtrise de la technique frigorifique. Les spécialisations traditionnelles en chauffage et refroidissement sont en train de converger, et le monde enseignant doit s’y préparer dès à présent.

Une infrastructure solide

GTI Mortsel n’a pas de problème d’affluence. Les classes « techniques d’installation » comptent en moyenne une vingtaine d’élèves, et on doit parfois même s’en remettre à des listes d’attente. La qualité des formations n’est pas étrangère à cet intérêt.

Ceci est notamment dû au soutien de la ville de Mortsel, qui a fortement investi dans le développement de l’école. On le remarque notamment dans les locaux abritant les orientations en installation : ces formations ont à leur disposition un ancienne usine du voisinage. Les locaux sont répartis sur deux étages, avec un espace pour les dispositifs de montage pour le chauffage et le sanitaire, et des locaux destinés à la pratique pour le refroidissement et la technique de combustion (tant au gaz qu’au mazout). Un dispositif permet également de raccorder un chauffe-eau solaire.

Lors de la conception des locaux destinés à la pratique, l’école a pris soin de rendre l’ensemble aussi réaliste que possible. Les exercices pour l’égouttage intérieur se déroulent par exemple dans un vide sanitaire, de façon à ce que les élèves puissent expérimenter des conditions de travail dans des endroits exigus.

Il ne faut enfin pas oublier la technique moderne : des ordinateurs sont disponibles, et il y a des grands écrans dans les locaux destinés à la pratique, de façon à ce que chacun puisse suivre ce qui se passe. Ces écrans sont également utilisés pour permettre aux élèves d’effectuer des présentations. Dans leur vie professionnelle, ces derniers devront aussi pouvoir expliquer à leurs clients ce qu’ils ont fait. C’est pourquoi l’école attache beaucoup d’importance à la communication.

Des contacts avec le secteur

Un deuxième pilier est la bonne collaboration avec le secteur. Il s’agit d’une condition préalable nécessaire pour trouver suffisamment de places de stage. Chaque année, environ 75 places de stage doivent être remplies. Ceci n’est possible qu’avec un bon réseau d’entreprises d’installation locales. Un événement est organisé chaque année pour les partenaires de stage afin de développer ces contacts. L’école entretient par ailleurs de bonnes relations avec divers fournisseurs. Disposer de matériel de cours adapté est une exigence prioritaire en matière de formation professionnelle. Il doit s’agir d’une part d’appareils modernes, dans la mesure où les élèves doivent maîtriser les techniques les plus récentes, mais aussi d’autre part d’anciens appareils, étant donné qu’il seront amenés dans leur vie professionnelle à devoir réparer des appareils disponibles il y a une dizaine ou une quinzaine d’années.

Grâce à ces contacts, l’école peut également réaliser des projets axés sur la pratique. Dans le cadre de l’envoi de la candidature pour le prix Gram, Thercon demanda notamment que l’on installe dans le showroom un système d’émission pour la pompe à chaleur. Ce qui fut réalisé par les élèves de dernière année, qui purent ainsi acquérir une expérience pratique précieuse. Il peut aussi arriver que les élèves soient utilisés au sein de l’école pour des missions qui correspondent à leur spécialité. De telles tâches sont alors ‘facturées’ en points et valorisées de cette manière dans la formation.

Des compétences générales

GTI Mortsel accorde par ailleurs de l’importance à des compétences qui sortent du cadre purement technique. Pour les cours pratiques de technique de chaudière, chaque élève se voit attribuer une marque déterminée. Il doit alors non seulement totalement maîtriser le fonctionnement des appareils de cette marque, mais également être capable de mener une négociation commerciale avec un client. Cette combinaison de compétences humaines et techniques confère aux élèves des bases solides pour démarrer sur le marché du travail. Cela représente également un reflet de l’éventail de compétences qu’une entreprise d’installation moderne doit pouvoir exploiter.

Par Alex Baumans

www.gtimortsel.be