CHAUFFAGE
Install Magazine 940 – mai 2017
Trois extensions particulières pour le réseau de chaleur Mirom
Mirom est une intercommunale de gestion des déchets. Une fraction des déchets résiduels de la région aboutit dans son incinérateur. C’est à partir de là qu’une grande quantité de chaleur est libérée, avant d’être distribuée dans le quartier via un réseau de chaleur. Trois extensions de ce réseau ont récemment été réalisées. La première a été effectuée en direction d’un zoning de PME de 18 hectares. C’est la première fois qu’un réseau de chaleur alimente en chaleur une zone si étendue. La particularité de la deuxième extension est que les conduites ont été posées à travers le centre-ville de Roulers. Une troisième extension doit encore suivre. Entretemps, un point de branchement a enfin été réalisé avec un réseau de chaleur d’Eandis.
Mirom est une coopération entre les intercommunales de Roulers et de Menin. L’organisation incinère annuellement à Roulers 64.000 tonnes de déchets résiduels domestiques non-recyclables et de déchets industriels comparables. Tout ce processus libère de la chaleur. Depuis 1986, Mirom distribue une partie de cette énergie via un réseau de chaleur. Toutes sortes de grands bâtiments y sont reliées : des écoles, des hôpitaux, un centre culturel, une salle de ventes, des entreprises horticoles, un quartier résidentiel… Le réseau de chaleur de Mirom continue à s’étendre. Trois extensions sont ainsi prévues en 2017 ; elles représenteront quelque 10 kilomètres de canalisations supplémentaires. Le réseau de chaleur fera alors 19 km de long au total.
Jelle Rabaut, chef de service Réseau de Chaleur chez Mirom, insiste sur l’importance écologique de tels réseaux de chaleur : « Il s’agit d’une des techniques pour atteindre les objectifs 2020. Chaque client que je raccorde au réseau de chaleur, se traduit par une diminution des émissions dues à la combustion des combustibles fossiles. La chaleur qui se libère ici, chez Mirom, est de toute façon disponible ; il est donc préférable d’en profiter. Quelques chiffres illustrent cela. Après la réalisation du réseau de chaleur de 19 km de long, c’est l’équivalent de 6.500.000 litres de mazout qui seront consommés en moins. Cela revient à dire que notre réseau de chaleur permettra de réduire les émissions de 18.600 tonnes de CO2. »
Entretemps, on a travaillé à trois extensions du réseau de chaleur.
Extension 1
La première extension est en service depuis juillet de l’année passée, et s’étend vers un nouveau zoning de PME de 18 hectares. Jelle Rabaut : « Dans quelques mois, des entreprises viendront dans ce zoning. Celles qui auront suffisamment de besoins thermiques, seront autant que possible construites contre les conduites. Pour le chauffage d’un petit bureau, par exemple, nous ne pouvons pas poser de caloducs. Cela est par contre possible pour le chauffage de grands immeubles de bureaux. Mais nous misons surtout sur des entreprises qui ont besoin de chaleur pour leur production, parce qu’elles peuvent également s’approvisionner de façon significative sur le réseau en été. Des conduites de gaz ont également été posées dans le zoning ; les entreprises qui ne sont pas raccordées au réseau de chaleur, mais qui fonctionnent au gaz, seront de préférence placées à l’extérieur du terrain. »
L’extension va également vers le Ring. « Depuis, il y a là un point de branchement avec un réseau de chaleur d’Eandis », poursuit Jelle Rabaut. « Ils achèteront une partie de notre chaleur, et la revendront alors à leurs clients. Leur réseau dessert aujourd’hui Saint-Idesbald, une organisation comprenant entre autres quelques écoles. »
Extension 2
La deuxième extension possède un petit et un grand branchement. Jelle Rabaut : « Le petit branchement est en phase de finalisation ; il passe en travers du cimetière historique et dessert surtout des écoles. Le grand branchement compte beaucoup de clients. Le plus important est le site de l’hôpital AZ Delta sur la Chaussée de Bruges. Ce branchement passe à travers le centre-ville – c’est une primeur à cette échelle pour la Belgique. Les canalisations sont par ailleurs prévues pour des extensions ultérieures. C’est pourquoi l’artère principale comprend deux tubes de 40 cm de diamètre extérieur. Poser ceux-ci nécessite donc relativement beaucoup de place. Nous décidâmes donc de phaser la pose. Si nous avions tout ouvert en une fois, cela aurait créé trop de problèmes de trafic et trop de nuisances pour les riverains. Dans le cas d’une telle initiative, la communication revêt une grande importance. Nous expliquons ainsi pourquoi nous réalisons ces travaux, et quels en sont les avantages, afin d’obtenir un consensus. Cette grande dérivation devrait entrer totalement en service pour la saison de chauffe suivante, soit pour octobre-novembre. »
Extension 3
Il y a enfin une troisième extension : le site de Schiervelde. Les principaux clients seront ici les halls de Roeselare Expo, un centre sportif et une future piscine. Ceci est planifié pour la fin de cette année.
Conseil technique
Un réseau de chaleur ne change finalement rien à l’installation intérieure d’un bâtiment. C’est uniquement à la source que quelque chose change : la chaudière disparaît. Et en lieu et place de celle-ci, la chaleur de la « sous-station » aboutit dans le réseau de chaleur. « Une sous-station est relativement simple par rapport à une chaudière », explique Jelle Rabaut. « Elle est de ce fait plus robuste et plus fiable. Nous fermons en moyenne une fois par an le réseau de chaleur – en été – pour un entretien. Mais les clients résidentiels ont alors toujours besoin d’eau chaude. C’est pourquoi une chaudière d’appoint peut dans ce cas être une bonne idée. »
Le chef de service de Mirom conclut avec un conseil : « Plus la température retour de l’installation en direction de la sous-station est basse, plus la température retour vers le réseau de chaleur est basse, et plus la différence de température est élevée. La pompe doit alors effectuer moins de travail pour une puissance identique. Autre avantage : lorsque la température est plus basse, les déperditions de chaleur dans les conduites retour sont moindres. Ceci se révèle très intéressant pour l’efficacité du réseau de chaleur. »
Par Koen Vandepopuliere
Bleu : posé (y compris la partie vers la zone PME).
Rouge : encore à poser (En phase d’exécution. En-dessous : petit branchement. Au-dessus : grand branchement).
Jaune : parcours à l’étude (vers le Schiervelde).
Cette carte ne reprend que le réseau de chaleur de Mirom. Le réseau de chaleur d’Eandis, qui se trouve au nord-ouest du parcours bleu, ne s’y trouve donc pas. (Source : Mirom)













