FORMATION  
Install Magazine 1008 – septembre 2026

Ouverture d’un Centre d’expérience dédié aux techniques de chauffage durables

Une collaboration entre le secteur, l’enseignement et les pouvoirs publics

La pénurie de professionnels qualifiés demeure l’un des principaux enjeux du secteur. Outre l’afflux insuffisant et persistant de nouveaux talents, la transition énergétique oblige la quasi-totalité des professionnels en activité à se convertir aux nouvelles technologies. Il faut donc renforcer l’offre en formations, tant pour les nouveaux arrivants que les techniciens déjà en poste. Une avancée majeure vient d’être franchie avec l’ouverture à Bruxelles d’un nouveau centre de formation pratique soutenu par le secteur, l’enseignement et les pouvoirs publics. L’inauguration s’est déroulée lors d’une journée d’étude consacrée aux défis actuels de la politique de formation.

Apprendre par la pratique

L’Experience Center est implanté au GO!4TECH, un campus scolaire technique situé dans la zone du canal à Anderlecht. Les élèves de l’école ainsi que les stagiaires externes pourront y découvrir tous les aspects des techniques de chauffage durables grâce à des installations résolument orientées vers la pratique. Les formations aborderont naturellement les pompes à chaleur mais aussi les systèmes hybrides et la qualité de l’eau dans les installations. Le secteur HVAC a largement contribué à doter le Centre d’un parc de matériel moderne. Il a vocation d’être accessible aux élèves du campus mais aussi à d’autres institutions, en premier lieu les co-initiateurs BtecCH et Syntra Bruxelles.

Cet Experience Center ne doit pas rester un cas isolé. L’ambition est de voir émerger des centres similaires ailleurs en Flandre et plusieurs initiatives sont déjà en cours. Le centre d’Anderlecht peut servir d’exemple de ce qu’il est possible d’accomplir lorsque toutes les parties prenantes unissent leurs efforts.

Soutien des pouvoirs publics

Les milieux politiques sont conscients de l’importance d’une formation technique de qualité. En témoignent la présence de Dirk De Smedt, ministre bruxellois de l’Enseignement néerlandophone, et de Hans Bonte, ministre flamand par intérim du Logement, de l’Energie et du Climat. Dirk De Smedt a rappelé le besoin crucial de profils techniques en Région bruxelloise. Il soutient des initiatives comme l’Experience center, qui propose des formations de qualité dans une infrastructure attrayante. Le campus GO!4TECH est un lieu où les jeunes peuvent s’orienter vers une carrière porteuse. Il accueille quatre cents élèves, avec un objectif ciblé à six cents. Pour sa part, Hans Bonte considère la formation technique comme un pilier essentiel de la transition énergétique. Les ménages cherchent à se prémunir contre la hausse des prix des combustibles fossiles en se tournant vers des systèmes durables. Toutefois, ces solutions ne pourront pas être déployées à grande échelle sans personnel qualifié suffisant. Investir dans la formation, c’est donc aussi investir dans la transition énergétique et préparer les jeunes aux métiers de demain.

Besoin en formation

L’expérience de Sibelga, le gestionnaire du réseau bruxellois de gaz et d’électricité, illustre l’ampleur des besoins d’investissement en formation. Lors des examens d’entrée des techniciens, le taux d’échec oscille entre 50 et 75%. L’entreprise privilégie donc la formation interne de ses nouveaux collaborateurs afin de mettre à niveau leurs connaissances, notamment en matière de sécurité. L’une des tables rondes de la journée d’étude portait sur les défis de l’enseignement technique. Maintenir un laboratoire pratique à niveau coûte cher, et dans un contexte où les subventions dépendent du nombre d’élèves, les filières techniques risquent de s’enliser dans cercle vicieux : de faibles inscriptions limitent les budgets, le matériel obsolète et la vétusté des bâtiments nuisent à l’attractivité, ce qui entraîne une nouvelle baisse des effectifs voire, à terme, la suppression de ces formations. Les filières liées aux techniques du bâtiment menant toutes à des métiers en pénurie, cette situation nuit gravement à l’emploi et au secteur.

Motiver les jeunes

Lors des tables rondes organisées pendant la journée d’étude, il a donc été suggéré de miser sur l’aspect économique pour rendre le secteur de l’installation plus attractif. L’argent ne doit évidemment pas être la seule motivation, mais la perspective d’un emploi bien rémunéré à l’issue de la formation est un argument de poids, notamment pour les parents. Les métiers techniques sont souvent perçus comme moins prestigieux que d’autres professions, mais comme l’a formulé Twain De Hondt (Bouwunie) : un bon installateur gagne plus qu’un mauvais avocat.

Un autre argument réside dans la pertinence sociétale du secteur de l’installation. Beaucoup de personnes, et surtout les jeunes, s’inquiètent à juste titre du changement climatique. Un emploi dans le secteur des énergies renouvelables est une manière d’apporter une contribution concrète.

Les infrastructures globales jouent également un rôle dans l’attractivité du secteur. Si le matériel dans les salles de travaux pratiques présente surtout un intérêt historique et que les bâtiments ont connu des jours meilleurs, cela n’incite pas les parents à y inscrire leurs enfants. Les campus modernes comme GO!4TECH constituent donc un exemple inspirant. Il est essentiel que les pouvoirs publics et le secteur investissent dans la pertinence des formations.

Une orientation vers la pratique

Dans ce contexte, la pratique quotidienne doit être au cœur de la démarche, ce qui ne peut se faire qu’à travers une collaboration étroite avec le secteur. Cette synergie peut prendre plusieurs formes : proposer des stages, mettre du matériel didactique à disposition ou encore faire intervenir des intervenants externes. Il convient également de réfléchir à la manière dont l’expérience pratique en entreprise peut être valorisée dans la formation. Cela impose à l’entreprise la responsabilité d’offrir au nouvel arrivant une expérience pratique pertinente. Balayer l’entrepôt ne suffit pas. Ces efforts représentent naturellement un coût, qui doit être compensé d’une manière ou d’une autre. Ce constat nous ramène à l’un des thèmes centraux de la journée d’étude : la collaboration entre les entreprises, les écoles et les pouvoirs publics pour parvenir à des solutions efficientes.

Par: Alex Baumans

Photos: Eva Doerane via BtecCH

www.go4tech.be

www.btecch.be

www.syntrabrussel.be