FÉDÉRATION
Install Magazine 1006 – février 2026
Climafed soutient la transition énergétique
Comme chaque année, Climafed, anciennement ATTB, partage sa vision du marché du chauffage. Ces dernières années, l’association a connu une modernisation importante, marquée notamment par un changement de nom. Sous le nouveau conseil d’administration, Climafed veut poursuivre dans cette voie et soutenir activement la transition énergétique. Elle se positionne comme l’interlocuteur représentant l’industrie du chauffage auprès des pouvoirs publics et des autres maillons de la chaîne industrielle. La coopération et le dialogue avec les organisations sœurs sont au cœur de ses priorités.
Jouer un rôle dans la transition énergétique
Climafed regroupe les fournisseurs de technologies climatiques pour les bâtiments. Le secteur, clairement défini, se concentre sur le confort thermique dans l’environnement bâti, par opposition à l’industrie ou aux transports, par exemple. L’association considère la promotion de la transition énergétique comme sa mission principale. Climafed soutient toutes les technologies neutres en CO2, pour autant qu’elles soient disponibles à l’échelle industrielle, proposées par plusieurs fournisseurs et applicables à un faible coût social. Selon ces critères, l’électrification constitue l’option la plus réaliste. L’association ne souhaite toutefois pas se limiter à une technologie spécifique : toute nouvelle technologie largement applicable et contribuant à la décarbonation est prise en considération.
Les principaux interlocuteurs de Climafed sont les différents pouvoirs publics. L’association veut élaborer des positions d’accompagnement aux mesures politiques, en veillant à leur efficacité et leur adéquation avec la réalité. Il est essentiel de se faire entendre au bon moment, car tenter d’influer sur les décisions gouvernementales a posteriori est moins efficace. Climafed constate qu’elle est devenue un interlocuteur apprécié des autorités publiques et qu’elle est impliquée dans un nombre croissant de dossiers.
Une structure de groupes de travail a été mise en place afin de garantir une plus grande réactivité. Ainsi, en cas de demande émanant d’une instance publique ou d’évolution du marché du chauffage, Climafed peut rapidement définir une position appropriée. Pour ce faire, elle peut collaborer avec des experts externes.
Engagement
L’engagement ne doit pas toujours être à sens unique. Ce sont généralement les groupes d’intérêts comme Climafed qui sollicitent les pouvoirs publics lorsqu’il s’agit de subventions, de mesures de soutien, de cadre juridique adapté, etc. Climafed assume ses responsabilités et propose des solutions concrètes. Cela passe par exemple par l’activation de la rénovation des systèmes de chauffage. Un autre point concerne l’amélioration de la transparence de l’expérience client, notamment en matière de prix. Un outil facilitant la comparaison des devis est en développement. Des instruments plus précis sont également nécessaires pour déterminer si un logement est prêt à accueillir une pompe à chaleur. Les systèmes disponibles aujourd’hui constituent une première étape, et ne sont pas assez détaillés. Climafed veut également remédier à la pénurie de main d’œuvre qualifiée en formant des installateurs qui deviendront des ambassadeurs de la pompe à chaleur. Enfin, l’association s’est engagée à communiquer de manière positive et cohérente sur cette technologie afin de dissiper les incertitudes et les réticences des clients finaux.
Par ailleurs, Climafed se profile comme un partenaire fiable pour diverses autres associations (BtecCH, Frixis, Techlink, ODE, Buildwise, Bouwunie...), afin d’engager le dialogue et de favoriser la coopération. Un accord a ainsi été conclu avec Frixis pour compiler rapidement, dans un même format, les chiffres du marché des pompes à chaleur, et obtenir des statistiques plus précises dans des délais plus courts.
La transition énergétique reste un défi
Ceci nous amène à une activité traditionnelle de Climafed: fournir rapidement des données de marché fiables. Cette mission, longtemps au cœur des activités de l’ATTB, reste importante pour l’association. L’analyse des chiffres de 2025 révèle une lente reprise. Les ventes de chaudières progressent de 9%. On observe même une augmentation de 26% pour les chaudières au mazout. Cette hausse s’explique par les restrictions à venir en Wallonie, notamment l’interdiction d’en installer dans les constructions neuves à partir du 1er janvier 2026. Cette mesure a manifestement incité de nombreuses familles à se doter d’une telle chaudière tant que c’était possible. Les pompes à chaleur ont initialement connu une forte croissance, qui s’est essoufflée vers la fin de l’année. Un ralentissement également lié à la réglementation : l’annonce d’une TVA réduite à 6% à partir du 1er janvier 2026 a entraîné le report de commandes afin de profiter de l’avantage financier.
Force est de constater que le marché du chauffage reste largement dominé par les chaudières. Les pompes à chaleur peinent à s’imposer, en particulier dans la rénovation. L’écart de prix entre l’électricité et le gaz constitue sans aucun doute l’un des freins, mais il ne suffit pas à expliquer la situation, en comparaison avec les pays voisins. Des facteurs tels que la facilité et les coûts associés jouent également un rôle. Un rapport qualité-prix équilibré entre l’électricité et le gaz est une condition préalable, et l’ensemble doit être cohérent.
Climafed se félicite de la mise en place d’une politique cohérente en faveur des pompes à chaleur. Une série de mesures visant à rendre la technologie plus attractive sont en cours d’application, comme la réforme fiscale et l’introduction de NTS2. Le sujet bénéficie d’une visibilité dans les médias. Un changement est attendu.
Un regard vers l’avenir
Climafed a plusieurs projets pour 2026. Le premier consiste à rationaliser la compilation des statistiques afin de pouvoir accéder plus rapidement à des données plus précises. Par ailleurs, l’association poursuit ses efforts pour réduire l’écart de prix entre l’électricité et le gaz. Elle mise sur le dialogue avec les pouvoirs publics, en Flandre et en Wallonie, en collaboration avec d’autres organisations sectorielles. Climafed prépare également la révision de la réglementation EPB/EPC en 2029. Il est essentiel que le secteur puisse apporter sa contribution suffisamment tôt dans le processus décisionnel. L’impact des tarifs dynamiques constitue un autre axe prioritaire : face à la saturation croissante du réseau électrique, la flexibilité d’utilisation devient indispensable.
Un dernier défi concerne la rénovation des appartements. Leur nombre a doublé en Flandre en 20 ans, et l’on en compte aujourd’hui environ 1,7 million dans toute la Belgique. Leur rénovation implique des exigences spécifiques, tant sur les plans technique que juridique et organisationnel, compte tenu du rôle des VME. Dans ce contexte, Climafed soutient le projet Tetra Change Over de l’UA, qui développe des solutions techniques pour les systèmes collectifs de pompes à chaleur dans les constructions neuves.
Bref, 2026 sera une année chargée pour le secteur.
Par: Alex Baumans












