CHAUFFAGE
Install Magazine 945 – novembre 2017
Des appareils aux services
Bosch Energy and Building technology mise sur les solutions connectées
Les solutions intelligentes et connectées ont plus que jamais été au centre de la conférence de presse annuelle de Bosch Energy and Building Technology, la division du groupe qui comprend le chauffage et les techniques du bâtiment. L’entreprise désire utiliser le potentiel de la connectivité pour offrir des services supplémentaires. De cette manière, Bosch ne veut pas se contenter d’être un fournisseur d’appareils intelligents, mais au contraire utiliser cette intelligence afin de créer une valeur ajoutée. En ce moment, ce segment reste encore modeste, mais il progresse à grands pas et déterminera l’avenir. Bosch s’inscrit pleinement dans cette tendance.
La ville connectée du futur (proche)
Stefan Hartung, responsable de Bosch Energy and Building Technology, a débuté avec une vision futuriste de la ville en 2030. Intégration et connectivité sont ici les mots-clés. L’énergie n’est plus produite dans de grandes centrales, mais bien dans un réseau de producteurs décentralisés, dans lequel on recourt le plus possible à des sources d’énergie renouvelable. De leur côté, les navetteurs peuvent suivre en temps réel l’évolution du trafic, et recourir au moyen de transport qui, à ce moment-là, est le plus indiqué. Dans les bâtiments également, les installations et les systèmes sont intelligents : ils adaptent leur fonctionnement aux profils d’utilisation et avertissent les techniciens lorsque quelque chose risque de dysfonctionner, avant même qu’un problème ne se manifeste.
Il s’agit pour l’instant d’une vision d’avenir, mais elle se rapproche à grande vitesse de nous. L’Internet des objets croît énormément. D’après certaines estimations, dans quelques années, nous aurons dans nos habitations des centaines d’objets connectés, des thermostats aux caméras de sécurité, en passant par les appareils électroménagers et les contacts de porte. On estime qu’il y aura en 2020, dans le monde, quelque 230 millions d’habitations intelligentes, soit un marché potentiel de 250 millions de dollars.
Bosch mise pleinement sur ce segment. En 2016, Bosch a déjà vendu 27 millions d’appareils connectés. La division énergie et technique du bâtiment représente un CA de 5,2 milliards d’euros et compte 30.300 collaborateurs à travers le monde. Pour 2017, on s’attend à une croissance d’environ 5%, soit une croissance deux fois supérieure à celle de l’an passé. Le moteur de cette croissance est le segment des systèmes intelligents.
Des capteurs, des softwares et du service
Bosch est bien placé pour jouer un rôle sur ce marché. Les capteurs micromécaniques constituent une des compétences de base du groupe. Ceux-ci permettent aux appareils de réagir à leur environnement. Ces réactions sont commandées par un software. Bosch a dans ce domaine réalisé des efforts considérables : le groupe possède dans le monde quelque 20.000 développeurs de software, dont 4.000 se consacrent exclusivement à l’Internet des objets (IoT). Et ce chiffre va doubler dans un avenir proche. Des synergies sont également possibles entre secteurs. L’expérience du secteur automobile est ainsi particulièrement précieuse pour le reste du groupe. Sur base du software, des services sont alors développés. Pour le Bosch, l’objectif est de ne plus être perçu uniquement comme un constructeur d’appareils, mais aussi comme un fournisseur de services et de solutions globales. On estime que plus de la moitié du marché IoT sera constituée de services.
Sécurité et facilité d’utilisation
Deux aspects sont importants pour l’introduction réussie des systèmes connectés. Le premier est la sécurité. Nous sommes issus d’une monde dans lequel les appareils étaient commandés par une intelligence autonome. Peu de choses pouvaient alors se passer : il fallait en effet déjà intervenir physiquement sur l’appareil pour en perturber le fonctionnement. Avec les systèmes connectés, il en va tout autrement. Un système domestique intégré, c’est bien joli, mais si des cambrioleurs peuvent voir si la maison est occupée ou non à l’aide de caméras de sécurité, et si ils peuvent déverrouiller des portes grâce à leur smartphone, cela devient plus embêtant. C’est pourquoi Bosch attache beaucoup d’importance à la sécurisation des données. La solution Smart Home a ainsi reçu le meilleur score en matière de sécurité de la part d’un institut indépendant en sécurité IT. La vie privée est aussi privilégiée : le client possède le contrôle complet sur ses données (qui peut les regarder, que peut-on en faire ?).
La facilité d’utilisation est également cruciale. L’expérience de Bosch montre que plus les fonctions peuvent être facilement commandées, plus elles sont réellement utilisées. Stefan Hartung a donné l’exemple d’un thermostat intelligent. Là où, traditionnellement, on se contente de brancher le chauffage en hiver et de le débrancher au printemps, on s’aperçoit que les habitants disposant d’un système intelligent recourent beaucoup plus aux possibilités de régulation. Entretemps, de nombreuses solutions Bosch Smart Home sont peuvent désormais être commandées par la voix, à l’aide de l’interface Alexa d’Amazon.
Potentiel des thermostats connectés
La nouvelle génération d’appareils de chauffage de Bosch peut être totalement intégrée dans le concept Smart Home. En fonction de la configuration, il est possible de commander le chauffage à partir du module de thermostat ou à partir de l’interface globale Smart Home, comprenant la commande vocale Alexa d’Amazon.
Avec l’EasyControl, Bosch introduit la génération suivante de commande de chauffage intelligente. Grâce à la détection de présence, on ne chauffe que lorsque cela se révèle nécessaire. Le système peut ainsi réagir à des absences imprévues. Cela permet d’économiser jusqu’à 25% d’énergie. Une fonction avancée utilise les données GPS de l’utilisateur. Le système à autoapprentissage analyse les profils de déplacement. Sur base des donnés GPS, il peut détecter quand l’utilisateur est en route pour sa maison, et faire en sorte que l’habitation soit à bonne température en temps utile. Il offre par ailleurs une grande souplesse d’utilisation : le module peut régler jusqu’à 24 locaux individuellement.
Le réglage et la configuration s’effectuent en un tour de main. On doit seulement connecter le classique EasyControl avec le raccord de bus de la chaudière. Le système sans fil reconnait alors automatiquement toutes les vannes thermostatiques. Via l’assistant de configuration, l’habitant peut alors déterminer les différentes zones et élaborer un programme adapté. Dans le cas d’une régulation climatique, on a la choix entre un capteur extérieur classique avec câblage et une connexion –via internet- à un service météo.
Le contact avec l’installateur
S’il le souhaite, le client peut se connecter au système Home Com Pro, qui donne au professionnel l’accès aux données de fonctionnement du client. L’installateur peut de cette manière poser un diagnostic à distance, ce qui est pratique en cas de panne. Cela ouvre des possibilités en matière d’entretien préventif. Mais le client continue à conserver le contrôle tout au long du processus : il détermine les données qu’il partagera ou non avec le professionnel. Il peut par exemple ponctuellement autoriser l’accès de l’installation au professionnel dans le cadre d’une intervention.
Agréable à l’œil
Le module mural de l’EasyControl affiche un design minimaliste élégant qui convient aux chaudières, et il est disponible, au choix, dans une exécution blanche ou noire. Pour une discrétion maximale, il est équipé de détecteurs de mouvement : l’écran ne s’allume que lorsque quelqu’un est dans les parages. Il est compatible avec tous les appareils de chauffage du groupe Bosch introduit après 2008.
Par Alex Baumans
Photos: Bosch












