FÉDÉRATION
Install Magazine 995 – février 2024
Le logement résidentiel en net recul
Memoranda d’Embuild en vue des élections de 2024
Lors de son traditionnel bilan de fin d’année, Embuild, la fédération de la construction, a présenté les résultats 2023 du secteur ainsi que les prévisions pour l’an prochain. Un conclusion très nette s’impose : la construction résidentielle ainsi que la rénovation de logements ont fortement souffert en 2023, et la fédération s’attend encore à de sérieuses difficultés en la matière pour 2024 et 2025. Face à ce constat, Embuild a dévoilé des propositions ambitieuses pour les différentes élections du 9 juin 2024. Quatre priorités se dégagent : des logements accessibles et durables, plus d’investissements publics, des emplois attractifs dans la construction et une construction tournée vers la technologie.
Coup dur pour le résidentiel
Si 2023 n’est globalement pas une bonne année pour la construction (baisse de l’activité de 0,3%), elle l’est encore moins pour le secteur résidentiel. De fait, la construction de logements a reculé de 7,1%, et la rénovation de logements a vu sa croissance passer de 4,6% à 1%. Et les prévisions pour 2024 ne sont guère plus enthousiasmantes : -5,3% pour la construction résidentielle et +1,6% pour la rénovation. Pour le logement neuf, les causes majeures sont connues : augmentation des prix des matériaux et triplement des taux hypothécaires.
Si les chiffres de la construction non résidentielle ne sont pas aussi mauvais (-2,8% pour la construction neuve et +2,7% pour la rénovation en 2023), ils ne permettent toutefois pas de compenser ce tableau assez noir.
Seul point positif cette année : les travaux d’infrastructure qui enregistrent une croissance de 4,9 %, et qui se porteront encore très bien en 2024 (+3,9%).
Préparer les élections de 2024
Bref, les temps sont durs pour la construction. C’est pourquoi Embuild a élaboré cinq mémoranda, un pour chaque niveau de pouvoir (européen, fédéral, wallon, bruxellois et flamand), afin de présenter les solutions du secteur de la construction et de l’installation pour assurer un avenir durable.
En résumé, au niveau européen, Embuild demande une adaptation du cadre pour le financement durable (la ‘taxonomie’) aux réalités techniques et économiques du secteur. La fédération insiste également sur la lutte contre la fraude sociale (détachement et paiement des cotisations sociales) et demande de nouveaux plans d’investissement pour atteindre les objectifs climatiques.
En ce qui concerne les propositions fédérales, Embuild plaide pour une extension de la baisse de la TVA sur les démolitions-reconstructions, actuellement limitée aux particuliers pour 2024. Elle demande également une hausse des investissements publics et présente de nouvelles propositions pour lutter contre le dumping social, face au désavantage de compétitivité de la Belgique en termes de coût salarial.
Aux niveaux régionaux, les propositions d’Embuild abordent de nombreux sujets de préoccupation, parmi lesquels le renforcement des investissements publics, la problématique des logements abordables et durables, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, la nécessité d’accélérer la rénovation -énergétique en particulier-, la question des coûts administratifs élevés de gestion des chantiers et la lente procédure des permis d’urbanisme.
Par Michel Hanoulle









