TECHNIQUE DE MESURE ET DE RÉGULATION  
Install Magazine 995 – février 2024

Soutien à la numérisation

L’EDIH-EBE acompagne des parcours d’innovation

Numérisation, bâtiments intelligents, réseaux flexibles… Autant de termes dont on nous rebat les oreilles. Ces concepts offrent sans aucun doute des opportunités aux entrepreneurs, mais il n’est pas toujours simple de mettre de telles idées en pratique. L’EDIH-EBE (European Digital Innovation Hub Energy in the Built Environment) peut ici apporter son aide. Il propose son aide aux PME et organismes publics qui sont actifs dans l’environnement bâti. Un récent webinaire a permis de clarifier ce que ce soutien représentait concrètement.

Des experts et des expériences

Les entrepreneurs saisissent aujourd’hui l’occasion de tirer parti de l’introduction accélérée de la numérisation. Les idées innovantes constituent toutefois par définition un saut dans l’inconnu, qui nécessite impérativement une préparation. Les petites et moyennes entreprises (jusqu’à 3.000 ETP) ainsi que les organismes du secteur public peuvent à cet effet s’adresser au pôle d’innovation EBIH-EBE. Situé à Thor Genk, ce dernier possède un réseau étendu d’experts et de centres d’expertise. L’un des domaines dans lesquels le centre offre ses services est l’expérimentation et la validation. Le webinaire est revenu sur deux possibilités spécifiques.

La première est un panel d’experts sur mesure. L’EDIH-EBE met dans ce cas le demandeur en contact avec des experts, qui apportent toute leur expérience pour faire des propositions ou émettre des idées. Les demandeurs reçoivent ainsi un feedback rapide et efficace.

La deuxième est la réalisation d’un ‘proof of concept’, soit une démonstration de faisabilité. Les systèmes du demandeur sont ici testés dans un laboratoire. Cela peut se faire à l’aide d’une simulation informatique, mais aussi dans des laboratoires physiques ou dans un des living labs avec lequels l’EDIH-EBE est en contact.

L’optimalisation par la simulation

Deux orateurs ont ensuite donné des exemples de la manière dont cela peut se traduire en pratique. Glenn Reynders (KU Leuven) est revenu sur les possibilités du contrôle prédictif dans un système de gestion de bâtiment. Ce concept a déjà été abordé dans nos colonnes. Il part du principe que le système fait des prévisions sur le comportement d’un bâtiment et intervient en fonction de cela.

Le ‘Boptest’ ou ‘Building Optimization Testing Framework’ a été développé sur base de cette expérience. Il s’agit d’un environnement d’essai numérique comprenant une série de bâtiments tests prêts à l’emploi, dans lesquels des systèmes de régulation peuvent être évalués. Le cas échéant, on peut également travailler avec un jumeau numérique d’un bâtiment spécifique.

Des systèmes communicants

De plus en plus de systèmes étant désormais dotés d’intelligence, ils génèrent des masses de données. Pour garder une vue d’ensemble, le gestionnaire doit disposer d’un moyen de réunir l’ensemble des données des différents fabricants et standards. Matthias Strobbe (Energyville-Imec) a abordé cette problématique. Il a distingué différents niveaux d’interopérabilité, avec au sommet l’interopérabilité sémantique. En d’autres termes, les différents ensembles de données sont définis sans équivoque afin qu’ils puissent être lus et utilisés par différents standards. Le projet H2020 Interconnect a précisément été conçu pour garantir cela. Il s’agit d’un cadre d’interopérabilité sémantique sur base d’un moteur de connaissances (‘knowledge engine’). En clair, cela signifie que l’administrateur peut demander des données au système sans devoir d’abord spécifier où se trouvent ces données et dans quel format elles sont. Il pose simplement une question. Le moteur de connaissances cherche alors où se trouve l’information voulue, et il fournit les données dans un format lisible. Si nécessaire, des données issues de différentes sources peuvent mêmes être combinées.

Par Alex Baumans

www.edih-ebe.eu