FÉDÉRATION  
Install Magazine 991 – mai 2023

Prix Marcel Herman 2022 

L’Atic récompense des études sur le mix énergétique et les solutions low-tech

L’édition 2023 de l’assemblée annuelle de l’Atic, l’association belge des techniciens CVC, a permis de renouer avec la tradition de la présentation des vainqueurs du prix Marcel Herman. Ce dernier est traditionnellement attribué à des travaux de fin d’études méritants. Les lauréats des derniers cours de l’Atic ont également été mis à l’honneur.

Suivi du mix énergétique

Avec le Prix Marcel Herman, l’Atic veut donner un coup de pouce à des étudiants prometteurs. L’une des lauréates de cette édition, Ulrike Roose, a démontré le succès de cette intention. En effet, l’un des promoteurs de cette thèse était Marijke Steeman, qui avait déjà remporté ce prix auparavant. De l’année académique 2021-22, sont sortis deux lauréats : Ulrike Roose (Université de Gand) pour: ‘L’analyse dynamique du cycle de vie: le mix énergétique’ et Antoine Lemaire (Université de Liège) pour: ‘ Développement de sytèmes low-tech pour un bâtiment industriel Nearly Zero Energy’. Ulrike Roose a présenté sa thèse à l’occasion de l’assemblée générale.

L’objectif de la politique énergétique européenne est clair: arriver à une économie carboneutre d’ici 2050. Afin de prendre les bonnes décisions pour y arriver, il importe de connaître l’impact environnemental des différents choix. Et c’est là que le bât blesse en Belgique. Non seulement, nous travaillons avec des chiffres qui datent d’il y a quelques années, mais de plus, l’impact environnemental de la production d’énergie est une donnée dynamique, qui évolue en fonction du mix énergétique. Il n’est donc guère sensé de se baser sur les émissions de CO2 du bouquet énergétique actuel et des extrapoler sur 30 ans.

Afin d’avoir une meilleure idée de l’impact environnemental de la production d’énergie, Ulrike Roose a observé l’empreinte carbone de la production d’électricité à l’aide du mix énergétique escompté pour 2025, 2030, 2040 et 2050. Une première constatation est que l’intensité en carbone de la production d’électricité ne va faire qu’augmenter au cours des années à venir. L’électrification accrue n’engendrera pas automatiquement une quantité moindre d’émissions de gaz à effet de serre. Cela a un lien direct avec la sortie du nucléaire, et avec le fait que la capacité perdue ne pourra, dans un premier temps, pas être compensée par des sources d’énergie renouvelable. Si l’on considère uniquement l’intensité en carbone, il est plus avantageux de miser autant que possible sur l’énergie nucléaire et de l’abandonner plus tard au profit des énergies renouvelables. Toutefois, dans le contexte actuel, il est délicat de maintenir les centrales nucléaires ouvertes plus longtemps, et la construction de nouvelles centrales n’est pas à l’ordre du jour.

Le secteur CVC doit prendre ses responsabilités

Le dernier orateur fut Wim Boydens, bien connu de tous les acteurs du secteur CVC. Il a justement appelé ce dernier à être proactif en matière de consommation énergétique des bâtiments. Trop souvent, le rôle du concepteur CVC se limite à la traduction d’un concept architectural en techniques. Des possibilités d’innovation et d’optimisation restent ainsi en conséquence inexploitées. Pire encore, la technologie CVC est parfois utilisée pour pallier les défauts résultant de mauvais choix réalisés en amont du projet. Il faut absolument éviter cela. Un concept ne devrait être développé que par une personne ayant une expérience pratique suffisante en la matière. Le secteur CVC doit donc passer du stade de la simple exécution à celui d’un apport créatif à part entière.

Par Alex Baumans

www.atic.be

Différents types de production d’électricité.