FÉDÉRATION
Install Magazine 988 – février 2023
Économies d’énergie: une priorité absolue
L’ATTB attend un signal fort du gouvernement
Les économies d’énergie sont plus que jamais d’actualité, cela ne fait aucun doute. Les chiffres du marché de l’ATTB, l’association des producteurs et importateurs belges de solutions éco-énergétiques pour le climat intérieur et l’ECS, démontrent clairement à quel point le concept de chauffage éco-énergétique est devenu important. Toutes les applications d’énergies renouvelables progressent fortement. Le virage de la transition énergétique est amorcé, mais la fin est loin d’être proche. L’ATTB définit deux grands défis: rendre la rénovation énergétique des bâtiments réalisable et abordable, et soutenir le professionnel afin qu’il puisse élaborer une solution adaptée à ses clients.
Se départir des énergies fossiles
L’actuelle crise énergétique nous a permis de réaliser que nous étions beaucoup trop dépendants des combustibles fossiles. L’intérêt pour les énergies renouvelables est sans précédent: d’après les chiffres du marché de l’ATTB, tous les types de chauffage durable font un bond en avant. Par rapport à 2021, les pompes à chaleur ont enregistré une progression de +80%; et celle-ci est même de +220% pour les chauffe-eau thermodynamiques. Le solaire thermique a également mis fin à la période difficile de ces dernières années, enregistrant un gain de 40 % au troisième trimestre. Tout porte à croire que ce mouvement ne va faire que se renforcer. Le plus gros frein aux ventes vient des contraintes logistiques liées à la livraison de toutes les commandes.
Inversement, les chaudières à combustible fossile enregistrent un recul. La technique de combustion traditionnelle domine encore le marché, mais le retournement de situation s’est opéré. L’ATTB soutient pleinement cette conversion à des systèmes éco-énergétiques. Les techniques autorisant un chauffage carboneutre sont disponibles. Il suffit de les appliquer.
La rénovation comme défi
La rénovation constitue le plus grand défi en la matière. Pour les constructions neuves, la question se pose à peine: les normes de construction sont désormais telles sur le plan énergétique que la pompe à chaleur est devenue la solution la plus évidente. Pour la rénovation, toutefois, le chemin à parcourir est encore long. Les chiffres donnent à réfléchir : en Flandre, à peine 4 % des maisons unifamiliales et 6,5 % des appartements portent le label A, le minimum requis pour 2050. Le plan REpowerEU de la Commission européenne destiné à rapidement réduire notre dépendance au gaz russe mise certes sur une électrification à grande échelle au moyen des PAC, mais de son côté, l’ATTB est d’avis qu’une approche combiné est plus réaliste.
D’un côté, la PAC électrique constitue sans aucun doute une solution éco-énergétique, et elle doit être utilisée partout où cela est possible. Mais de l’autre, la plus grande partie du bâti existant affiche déjà un âge respectable. Passer à une PAC exige dès lors d’importants travaux de rénovation, que le propriétaire n’est pas toujours en mesure de supporter financièrement. L’ATTB est partisanne d’une approche flexible, dans laquelle aucune solution ne doit être exclue par principe. La première étape consiste déjà à remplacer tout simplement la chaudière existante. On compte encore environ deux millions de chaudières classiques en Belgique. Une transition massive vers des chaudières à condensation permettrait donc d’enregistrer rapidement un gain important. Le recours à des installations hybrides -concrètement la combinaison d’une chaudière à condensation avec une PAC- contribuerait également à réduire à court terme la consommation, sans investissement massif à la clef.
Étant donné la complexité de l’environnement bâti, avec des zones urbaines et rurales, des maisons de différentes générations de construction, des habitations occupées par leur propriétaire et des biens locatifs, il n’existe pas de solution unique. Il conviendra d’évaluer au cas par cas quelle est la technique la plus indiquée. L’électrification et les pompes à chaleur pour le chauffage et l’ECS joueront un grand rôle, mais à côté de cela, il y a également une place pour les réseaux de chaleur, les installations hybrides, la biomasse et l’énergie solaire thermique. On peut également envisager à plus long terme des alternatives comme le gaz vert.
Assister l’installateur
L’installateur devient le personnage clé de toute la transition énergétique. Le client final est plus que jamais enclin à se tourner vers des systèmes de chauffage économes en énergie, et les fournisseurs possèdent une offre disponible en la matière. Le professionnel forme le lien entre les deux afin de traduire la demande du client final en une installation technique concrète. Il s’agit d’une tâche considérable, et l’ATTB souhaite soutenir les professionnels dans ce domaine.
L’information et la formation représentent un premier aspect. Les membres de l’ATTB se sont engagés à consacrer tous leurs efforts à la formation et au soutien technique des professionnels. Cela dépasse le cadre des traditionnelles séances de formation: cela comprend en effet également de l’information en ligne (schémas de principe, checklists, etc.).
Le deuxième aspect consiste à fournir des appareils d’installation aisée. Le rythme des rénovations doit être multiplié par trois si on veut atteindre les objectifs de 2050. Étant donné que le secteur est déjà aux prises avec une pénurie de personnel qualifié, le manque de bras est donc énorme. Si les fabricants devaient dès lors proposer des systèmes nécessitant un temps d’installation nettement supérieur à celui d’une chaudière murale à gaz, il est clair que nous n’y arriverons jamais. Il est donc dans l’intérêt de tous que les appareils puissent être appliqués rapidement et efficacement.
Adapter l’organisation
L’évolution du paysage du chauffage entraîne également une modification des priorités de l’ATTB. L’association représente bien plus qu’un club de purs fabricants de chaudières. Elle embrasse tous les aspects du confort thermique, à savoir la ventilation, les pompes à chaleur et le refroidissement. Une section distincte a par ailleurs été créée, “Future Growth”, qui s’occupera de toutes les techniques d’avenir, comme l’hydrogène, la micro-cogénération ou encore la biomasse. L’association couvre ainsi toute la palettte des techniques CVC actuelles et futures.
L’ATTB désire également jouer un plus grand rôle dans le débat social. Ceci est principalement la tâche du tout nouveau responsable des relations publiques, Patrick O, ancien président de l’ATTB, dont la réputation n’est plus à faire dans le secteur. L’association mettra de l’information fiable à disposition de tous les acteurs concernés, notamment sous la forme de documents de synthèse. Dans la société, tant les décideurs que les consommateurs se posent de nombreuses questions à propos de l’énergie, et l’ATTB compte bien y apporter des réponses.
Invitation à l‘action
Pour 2023, l’ATTB lance trois appels. Le premier est adressé au gouvernement, afin qu’il envoie un message clair sur l’orientation de la politique énergétique. Les solutions pour arriver à des bâtiments neutres en carbone sont disponibles ; l’important est désormais de tracer une voie claire sur la manière d’y parvenir. Dans son deuxième appel au gouvernement, l’ATTB plaide pour la poursuite de la professionnalisation du secteur de l’installation. Il existe encore de nombreuses lacunes, plus pour certaines techniques que pour d’autres.
Le troisième et dernier appel est adressé au grand public: le secteur fait face à un défi majeur et a besoin de bras supplémentaires. Les techniques évoluent à un rythme rapide, ce qui rend la période particulièrement passionnante pour choisir un emploi dans le domaine de la technique de chauffage. Pour ceux qui recherchent la sécurité de l’emploi tout en façonnant la transition énergétique grâce à des techniques innovantes, le secteur du CVC est le meilleur choix.
Par Alex Baumans













