CHAUFFAGE  
Install Magazine 942 – août 2017

Travailler avec des unités satellites

Un mode de chauffage durable

La combinaison d’unités satellites avec une chaufferie centrale suscite de plus en plus l’intérêt. La technique peut être utilisée à différentes échelles : des grands réseaux de chaleur pour des quartiers urbains aux installations pour simples appartements dans des immeubles à appartements. Outre les avantages en termes de conception et d’utilisation, ces unités possèdent encore un autre atout : elles facilitent la conversion ultérieure aux énergies renouvelables. Recourir à des unités satellites, c’est rendre l’installation durable.

Avantages en termes de conception et d’utilisation

Par rapport aux techniques de chauffage traditionnelles, la combinaison d’unités satellites avec une chaufferie centrale offre à l’évidence un certain nombre d’avantages. Plus les besoins thermiques d’une habitation diminuent, plus il devient compliqué de trouver une chaudière qui puisse moduler suffisamment. Lorsqu’on sait qu’un appartement moderne se satisfait de 2-3 W, il est quasiment impossible de trouver une chaudière adaptée pour le marché des projets. Une chaudière standard est en effet surdimensionnée et n’atteindra qu’un mauvais rendement. Dans un réseau de chaleur avec des unités satellites, on peut toutefois s’assurer que chaque habitation reçoive la puissance adéquate. On peut dès lors être certain que les températures de retour resteront aussi basses que possible. Ceci est déterminant pour le fonctionnement éco-énergétique d’une chaudière à condensation.

Il y a également des avantages en matière d’exploitation : il n’y a qu’un seul générateur de chaleur à entretenir et à contrôler, au lieu de devoir faire cela de manière individuelle pour chaque appartement. De plus, avec les unités satellites, on évite une des principales sources de litige des chaufferies centralisées : la comptabilisation de la consommation et la répartition des coûts peuvent s’opérer automatiquement. Dans la mesure où il n’y a pas de conduites de gaz et d’appareil de combustion dans les appartements mêmes, la combinaison unités satellites – chaufferie centrale se révèle intrinsèquement plus sûre.

Sur le plan de la technique de bâtiment, il s’agit également d’une solution pratique : on ne doit pas prévoir de chaufferie distincte avec évacuation des gaz de fumées par appartement, ce qui permet d’accroître la surface utile. Mais il faut naturellement prévoir dans le bâtiment de la place pour la chaufferie centralisée et les conduites de distribution. Comparé à un système recourant à des chaudières individuelles, un système centralisé n’occupe cependant que très peu d’espace supplémentaire dans les parties communes. Un compteur local est également nécessaire dans le cas de chaudières individuelles, et des conduites de gaz doivent être tirées vers les appartements.

Qu’en est-il du prix ?

Une objection courante consiste à dire qu’il ne faut pas seulement poser une chaufferie centrale, mais qu’il faut également acheter et placer un appareil distinct par appartement, ce qui fait grimper le coût total. Jusqu’à présent, les unités satellites restent encore relativement onéreuses, notamment en raison de l’échelle réduite de la production. Dès que les volumes augmenteront, les prix baisseront.

Le point critique est aujourd’hui estimé à 25 unités. Ce n’est toutefois rien d’autre qu’une règle empirique : pour chaque projet, il faut en effet analyser concrètement les possibilités : quelle place garder dans les appartements, comment poser le système de distribution, dans quelle mesure est-il plus facile de poser une gaine technique qu’une cheminée collective ?

Des installations durables

Les unités satellites constituent une solution durable. Cet aspect est quelque peu sous-estimé. La ligne politique est la suivante : pour contrer le réchauffement climatique, nous devons nous diriger vers une société fortement décarbonée. Les bâtiments qui sont aujourd’hui érigés ou rénovés, détermineront la consommation énergétique des années à venir. C’est pourquoi il est conseillé de, dès à présent, prévoir la conversion à une méthode de chauffage pauvre en carbone, même si on ne l’utilise pas encore. Nous pouvons évoquer ici la chaleur résiduelle, les capteurs solaires ou la cogénération. Cette prise de conscience commence déjà à se manifester chez les développeurs de projets. À Anvers-Sud, par exemple, il faut déjà s’assurer que les nouveaux immeubles à appartements puissent être ultérieurement raccordés à un réseau de chaleur.

Par quoi commencer ?

La première priorité consiste à déterminer les besoins thermiques des logements. Il faut en effet dimensionner la puissance de la chaudière ainsi qu’un éventuel ballon tampon sur base de cela. Le deuxième paramètre important est la demande en ECS. Cette dernière détermine effectivement la dimension de l’échangeur de chaleur de l’unité, qui à son tour a une influence sur le dimensionnement du système de production.

Dans l’étape suivante, il fait élaborer le concept hydraulique, surtout en ce qui concerne les débits et les températures. C’est de fait en fonction de cela que sera choisi le type d’unité satellite. Il faut à cet égard tenir compte de différents facteurs, comme la puissance de crête exigée pour l’ECS, le régime et le débit du système d’émission pour le chauffage, et la séparation éventuelle entre le circuit de chauffage primaire et secondaire. Un des grands atouts des unités satellites est en effet la grande variété de configurations hydrauliques. En tant que spécialiste, Viessmann possède une solution pour chaque situation. Ainsi, il existe même une exécution qui d’un côté est à même de fournir de basses températures d’arrivée pour le chauffage par le sol, et de l’autre peut alimenter un radiateur de salle de bains à haute température via un bipasse spécial.

Un soutien de la part du fabricant

La figure-clé dans tout le projet est le rapporteur PEB. Il y a en effet des tas de paramètres qui doivent être indiqués correctement dans le software pour atteindre le meilleur score. Le régime de fonctionnement et surtout la température de retour en font partie. Le montage des compteurs énergétiques a aussi une influence favorable sur le niveau E : on peut en effet gagner de 5 à 7 points. Cela dépend également beaucoup de la conception interne de la station satellite, comme l’isolation interne de l’échangeur de chaleur ou les possibilités de régulation. Viessmann offre à ce titre une dimension supplémentaire, parce que le débit est réglé à deux niveaux : dans l’unité satellite même, mais aussi au niveau de la chaufferie centrale. Les pertes de circulation sont ainsi limitées au maximum, étant donné qu’en cas de faible demande, la chaudière va faire baisser la puissance.

Récupérer toutes les données dans la documentation ou les banques de données de la VEA étant une tâche ardue, Viessmann peut assister le rapporteur PEB lors de la soumission du projet. Le concepteur et l’exécutant peuvent ensuite également compter sur un soutien total pour la sélection, la conception et le dimensionnement de l’installation.

Par Alex Baumans

Photos: Viessmann

www.viessmann.be