SANITAIRE
Install Magazine 978 – septembre 2021
Fonctions des robinets électroniques
Le potentiel reste sous-exploité
Les robinets électroniques sont sur le marché depuis longtemps. Ces dernières années, leurs fonctionnalités ont encore été renforcées par l’émergence de systèmes connectés : la gestion et les réglages à distance s’en trouvent facilités. Cependant, ils sont moins utilisés qu’espéré. Dans les collectivités, le choix se limite encore souvent aux systèmes mécaniques. Nous nous sommes entretenus avec le spécialiste des robinets Schell de la raison de cette situation et de ce qui peut être fait à ce sujet.
Un problème sous-estimé
Le problème de la qualité de l’eau potable est encore trop sous-estimé. Dans l’eau qui stagne pendant une longue période, des bactéries se forment. Ceci s’applique également aux conduites d’eau potable. La température est un facteur d’accélération : si l’eau reste assez longtemps dans les tuyaux, elle se réchauffera à température ambiante. Une installation mal conçue peut accélérer ce processus. En raison d’un manque d’isolation ou si les conduites d’eau chaude et froide sont proches les unes des autres, par exemple. C’est surtout dans les collectivités qu’il est important que tous les tuyaux, froids et chauds, soient régulièrement rincés. Les robinets électroniques constituent alors la solution par excellence. Il est facile de paramétrer le robinet pour qu’il effectue un rinçage après un certain temps. Cela garantit l’hygiène tout en consommant un minimum d’eau.
« Le risque des conduites d’eau froide est trop souvent oublié », confirme Dirk Vanden Breede de Schell. « Dans le cadre de la lutte contre la légionellose par exemple, une surveillance de la température et une fonction de désinfection thermique seront prévues, mais ce n’est pas la panacée. Il faut également s’assurer que le rinçage soit suffisant et que la température ne grimpe pas trop fort dans les canalisations froides. Il ne faut pas perdre le fait de vue. »
Si l’on ne considère les robinets électroniques que comme un moyen d’économiser l’eau, sans trop penser à l’hygiène, cela conduit parfois à des décisions moins optimales. Dirk Vanden Breede donne l’exemple d’une entreprise qui souhaite encourager les déplacements domicile-travail à vélo, et installe donc des douches. « Lorsque l’on demande pourquoi ces douches sont équipées de robinets manuels et non électroniques, la réponse est que cela n’en vaut pas la peine, car elles sont rarement utilisées. Cependant, d’un point de vue hygiénique, c’est précisément la raison par excellence pour prévoir un rinçage automatique. »
Fiabilité
Nous constatons également une certaine réticence à l’égard des systèmes électroniques. Les gens redoutent la complexité supplémentaire d’installation d’une alimentation électrique ; la fiabilité ou la consommation électrique sont mises en question... Le client opte alors pour des robinets à commande manuelle ou des robinets mécaniques à fermeture automatique, car il pense que c’est une solution simple et fiable. Cependant, les robinets électroniques n’ont rien à envier aux robinets mécaniques à cet égard. Les systèmes mécaniques ont la réputation d’être fiables. Pourtant, ils contiennent souvent plus de pièces mobiles que les systèmes électroniques, et sont donc plus sensibles à l’usure. Dans un robinet électronique, la seule pièce mobile est l’électrovanne, de très grande longévité.
On ne doit pas se soucier de la consommation électrique ne doit pas être un problème ; il ne faut pas sans cesse changer les piles. Schell a équipé ses systèmes de détection d’un « mode veille ». Si un robinet n’est pas utilisé pendant un certain temps, le rythme des impulsions de détection ralentira, économisant ainsi la consommation électrique. Dès que le robinet est utilisé, il passe immédiatement au rythme normal, de sorte que l’utilisateur ne soit nullement désavantagé.
Installation complexe ?
La complexité supplémentaire pourrait également éventuellement dissuader les installateurs. « Bien sûr, un câblage ne peut être évité, admet Pascal Marcelis, spécialiste produit chez Schell. « Traditionnellement, il faut composer avec deux spécialités : quelqu’un pour la plomberie et quelqu’un pour le câblage électrique. Si la communication entre les deux se passe mal, cela entraîne parfois des complications, avec des prises manquantes ou mal placées. Cependant, la situation s’améliore. Surtout pour les plus gros projets, on constate de plus en plus d’entreprises d’installation qui proposent des services multi-techniques, avec leurs propres équipes pour la plomberie, l’électricité ou encore la ventilation, de sorte que de tels malentendus appartiennent au passé. »
Le moindre installateur suit cette évolution. « L’installateur parfait n’existe pas », poursuit Pascal Marcelis. « Nous observons des différences énormes entre les professionnels. À une extrémité du spectre, on a le plombier traditionnel qui veut éviter autant que possible l’électricité. À l’autre bout, on a des installateurs qui intègrent à fond la domotique et qui n’ont plus rien à apprendre de la pose de câbles de bus de terrain. » Il y a donc suffisamment d’entreprises d’installation qui adhèrent aux systèmes électroniques. Pour les aider prendre la bonne voie, Schell assure un support technique et une formation.
En outre, Schell propose des solutions plus faciles à installer. Il existe de nombreuses versions fonctionnant sur batterie, en particulier pour les situations où un câblage n’est pas possible. C’est également vrai pour les interfaces de communication : le système de gestion d’eau SWS existe en version filaire et en version sans fil, ou une combinaison des deux. Il peut donc être intégré en fonction de la situation. Avec la version filaire, le fait que le câble de communication serve également pour l’alimentation électrique se révèle pratique. Cela signifie qu’il n’y a plus qu’à tirer un seul câble à chaque point de puisage. En outre, les différents points de puisage peuvent être connectés en série, ce qui permet d’économiser pas mal de câblage.
Le système de gestion SWS offre des options de commandes presque illimitées via Internet. L’administrateur a également un aperçu complet de l’historique des opérations, des messages d’erreurs éventuels, le cas échéant de la charge de la batterie, etc. De cette manière, de nombreux problèmes peuvent déjà être résolus sans exiger un déplacement sur site, et du temps est gagné lors des interventions.
Mais, même en l’absence de système de gestion centralisé, et que l’on veut accéder aux paramètres et à l’historique des opérations d’un robinet électronique particulier, une solution existe. Schell possède notamment des modules Bluetooth pratiques qui peuvent être connectés au robinet. La connexion se fait soit en permanence soit seulement pendant le service ou la maintenance. Grâce au module Bluetooth, le professionnel peut se connecter au robinet à partir d’un smartphone ou d’un appareil similaire, et ainsi lire toutes les données et paramètres.
Les systèmes de Schell offrent une plus-value maximale et un minimum de complications pour le professionnel.
Par Alex Baumans
Photos : Schell











