SANITAIRE  
Install Magazine 978 – septembre 2021

La Wallonie introduit le certificat CertiBEau

Depuis le 1er juin, les raccordements des installations sanitaires en Wallonie doivent être certifiés selon CertIBEau. Point crucial : une protection doit être placée après le compteur d’eau. Cela permet d’empêcher que l’eau du particulier ne soit refoulée vers le réseau public. Le respect de cette nouvelle réglementation sera étroitement surveillé.

En Flandre, il existe déjà depuis 1994 des règles claires relatives à la protection de l’eau potable. Cette situation est désormais étendue à la Wallonie. Le Code de l’Eau wallon reste d’application, mais CertIBEau contrôle depuis le 1er juin toutes les installations d’une manière bien plus organisée qu’auparavant. « Nous avons donc 17 ans de retard sur la Flandre », explique Cédric Prevedello, conseiller chez Aquawal. « On applique désormais en Wallonie les mêmes procédures de contrôle qu’en Flandre. Ceci est important, car il s’agit de la protection de notre réseau public d’eau potable et également de la santé des habitants. Nous nous préoccupons en outre de l’environnement. Les ménages, mais aussi les communes et les entreprises de construction, ne respectaient pas toujours les règles. » Des contrôles supplémentaires seront ainsi menés pour vérifier la présence de protections anti-retour dans une habitation. « Ceci est important pour l’environnement et la santé de nos habitants », explique Nathalie Florin, responsable de la communication de la Société Publique de Gestion de l’Eau (SPGE). « Le réseau d’eau potable, d’eaux usées et d’eau de pluie doit être protégé. Cela empêche la contamination du réseau public.

Eau d’extinction dans le réseau d’eau potable

D’après Cédric Prevedello, en Wallonie, environ une maison sur deux ne possède pas de protection. « Mais si nous observons le respect de toutes les règles, nous constatons qu’un nombre bien plus important de logements ne sont pas en ordre. Tous les incidents qui surviennent ne sont pas repris dans la presse. Il s’agit parfois de logements, mais aussi dans certains cas d’usines dont l’eau aboutit par erreur dans le réseau d’eau potable. Une entreprise de Liège possède ainsi un réservoir de stockage contenant de l’eau issue de la Meuse. Cette eau sert d’eau d’extinction. Il existait toutefois un raccordement au réseau d’eau potable. En raison d’un problème de pression, de l’eau de la Meuse a abouti dans le réseau d’eau potable. Ceci est problématique et ne peut plus se produire. Les deux réseaux doivent absolument être séparés. Heureusement, la compagnie d’eau a rapidement remarqué cela, et tout a été immédiatement nettoyé. »

Incidents avec de l’eau de pluie

On oublie aussi trop souvent de séparer l’eau de pluie du réseau d’eau potable. «  De fait, des bactéries peuvent alors aboutir dans le réseau d’eau potable », explique Cédric Prevedello. En septembre 2020, on a encore assisté à un incident dans le Hainaut. Près de 80 maisons ont été contaminées parce qu’une maison voisine n’était pas équipée de protection anti-retour. De l’eau de pluie stockée dans un réservoir a donc abouti dans le réseau d’eau potable. Avec CertIBEau, la conformité des installations intérieures est contrôlée au niveau de l’eau potable et des eaux usées. La certification concerne actuellement uniquement les nouveaux logements en Région wallonne. « Nous espérons que cette obligation sera ensuite étendue aux maisons et appartements vendus », mentionne Cédric Prevedello. « Les bâtiments publics, comme les écoles, les hôpitaux et les prisons seront dans l’obligation de présenter ce certificat d’ici 2027. On contrôlera aussi si les habitations sont conformes aux réglementations relatives à l’évacuation d’eau privée. » Pas moins de 80 contrôleurs sont actuellement actifs, et on devrait en compter quelques centaines à terme.

Opter pour des clapets agréés

Le marché wallon a donc besoin de clapets anti-retour et de protections anti-retour. Il est important d’utiliser des clapets agréés par Belgaqua, l’association professionnelle des services publics d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement des eaux usées en Belgique. Watts (Wingene) propose par exemple des clapets bénéficiant de la certification Belgaqua. Par catégorie de fluide, vous avez besoin d’une protection déterminée. Pour les maisons privées, un clapet antipollution EA est important. Seuls des produits qui conviennent et satisfont à la norme peuvent dès lors être utilisés. Tous les clapets anti-retour et les protections anti-retour de Watts sont fabriqués dans l’unité de production Socla en France et sont certifiés ISO 9001. Chaque appareil est testé et satisfait aux exigences hygiéniques prescrites. Tous les produits de cette gamme satisfont également à la réglementation CertIBEau.

L’importance du clapet anti-retour

Chez Watts, on insiste également sur l’importance d’une protection anti-retour. « Prenez l’eau du bain », explique Benjamin Van Lent, « elle appartient à la catégorie 5 ». Il s’agit d’une eau qui présente un danger pour la santé humaine. Supposons que le pommeau de douche trempe dans l’eau du bain : dans des cas extrêmes, de l’eau du bain peut alors s’écouler dans le réseau d’eau potable, au moment où, par exemple, un pompier doit justement se mettre à pomper de l’eau. Votre voisin pourrait alors boire votre eau de baignoire. En raison du prélèvement soudain d’eau potable dû aux manœuvres d’extinction, une dépression peut naître ; il en résulte que de l’eau peut être siphonnée, aux points de puisage, plus loin dans la conduite. En cas de rupture de conduite, vous pouvez alors être victime d’un refoulement dans les canalisations. Même un tuyau d’arrosage de jardin peut présenter des risques . » D’après Watts, jusqu’en juin, le réseau wallon n’était pas protégé. « Conséquence : il y a un danger de pollution de l’eau potable », explique Van Lent. « Dans ce cas, vous pouvez toucher des centaines de milliers de personnes. Si le réseau est pollué, c’est une commune entière qui peut se voir privée d’eau. Dans le passé, la norme n’a pas été appliquée « globalement » en Wallonie. On a désormais remédié à cela. Vous devez effectivement placer une protection en fonction de la catégorie de fluide. L’eau potable appartient à la catégorie de fluide 1, et de ce fait, on doit utiliser la protection adéquate selon la norme. La Wallonie se met donc en règle avec la norme européenne EN 1717. »

Nouvelle protection

Watts a récemment développé une nouvelle protection antipollution EA. « Il s’agit d’une combinaison de clapet anti-retour de type EA et de robinet d’arrêt », explique Benjamin Van Lente de Watts. « L’avantage pour l’installateur, c’est que le raccordement s’effectue de manière très compacte, sans vanne supplémentaire. »

Cette vanne est agréé pour le marché wallon. » Tom Sissau, marketing manager Benelux chez Watts, insiste sur l’importance de son entreprise. « Nous sommes la seule entreprise en Europe qui propose une gamme complète de clapets anti-retour et de protections anti-retour. Anecdote amusante, les clapets ont leur origine aux Pays-Bas. « Watts Water apporte également son assistance aux installateurs et leur propose des formations. Un programme de formations a notamment récemment été mis en ligne. « Les installateurs peuvent y retrouver les principes de base. D’après Van Lent, la formation en soi ne dure pas longtemps. « En à peine 10 minutes, les installateurs ont déjà bien saisi les principales informations. » 

www.wattswater.be

www.certibeau.be