FÉDÉRATION
Install Magazine 976 – avril 2021
La restriction flamande sur le raccordement au gaz crée des opportunités pour les énergies renouvelables
L’ATTB se montre positive face à cette décision
La transition énergétique signifie qu’il faut se défaire des combustibles fossiles. Dans cette optique, raccorder systématiquement des nouvelles constructions au gaz naturel a peu de sens. Depuis cette année, les nouvelles constructions devront être pratiquement neutres en énergie. Le gouvernement flamand a décidé de ne plus prévoir de raccordement au gaz dans les grands projets ayant un permis de construire à partir de 2021. Concrètement, la restriction s’applique aux projets de plus de 25 unités de logement. L’année prochaine, la limite supérieure sera fixée à 15 unités de logement. L’ATTB, association pour les techniques thermiques en Belgique, se montre positive face à cette décision car elle offre des opportunités pour les nouvelles technologies, notamment les pompes à chaleur.
De quoi s’agit-il?
Fin octobre, le gouvernement flamand approuvait un amendement au décret sut l’énergie, stipulant que les grands projets résidentiels doivent en principe être chauffés à partir d’énergies renouvelables. Les lotissements ou appartements de plus de 25 unités de logement (limite supérieure de 15 en 2022) ne seront plus raccordés au gaz. Le chauffage doit avoir lieu par :
- des pompes à chaleur à entraînement électrique (centrales ou individuelles)
- un réseau de chaleur avec au moins 45% d’énergie renouvelable
- une installation de biomasse (chaudières, poêles individuels ou cogénération de qualité)
Quand le gaz est-il encore autorisé?
Sous certaines conditions, le raccordement au gaz est encore autorisé. Il doit s’agir d’une installation collective, pas de chaudières au gaz individuelles. De plus, 85% de l’énergie brute de chauffage doit être renouvelable. En d’autres termes, un backup avec un autre système est possible. Une installation hybride avec une pompe à chaleur pour la charge basique et une chaudière au gaz pour les pics et l’ECS est intéressante, parce que la production d’ECS avec une chaudière est efficace et bon marché. Combiner une chaudière au gaz et des collecteurs solaires thermiques fait également partie des options, pour autant que l’exigence minimale des 85% d’énergie renouvelable soit respectée. Atteindre les 85% rien qu’avec les collecteurs solaires n’est pas évident, mais ils peuvent faire partie d’une solution renouvelable.
Si on applique un système de cogénération, celui-ci peut être alimenté au gaz. Ici aussi, l’installation doit être collective. Les appareils individuels comme les piles à combustibles alimentées au gaz sont sur la touche.
La restriction s’applique uniquement au chauffage de locaux. Les appareils au gaz pour la production d’ECS (chauffe-eau instantané ou central) sont autorisés, à condition de satisfaire à l’exigence du chauffage de locaux et des 85% d’énergie renouvelable. En outre, il faut respecter les autres dispositions de la réglementation PEB. Dans ces limites, il est possible de placer un appareil au gaz naturel pour les pics de consommation et/ou l’ECS.
Des opportunités pour les pompes à chaleur
L’ATTB se montre positif face à cette mesure car c’est un coup de pouce pour les pompes à chaleur. La technologie est en plein développement et est pratiquement devenue la norme dans les nouvelles constructions. Suite à la nouvelle réglementation, les pompes à chaleur vont probablement devenir une technologie de choix dans les grands projets. Divers fabricants proposent des appareils adaptés dans leur assortiment. Le secteur a des solutions pour réaliser les ambitions climatiques du gouvernement et est heureux de pouvoir contribuer à la création d’un climat sain.
Par Alex Baumans









