VENTILATION ET CLIMATISATION  
Install Magazine 975 – mars 2021

Purification de l’air par précipitation électrostatique

Le Coronavirus a mis en évidence l’importance d’une bonne qualité de l’air. Assurer une ventilation suffisante constitue bien entendu la méthode la plus pratique pour y arriver. Ce n’est toutefois pas toujours possible dans la pratique, parce que –par exemple- les installations nécessaires font défaut, ou parce qu’il commence à faire trop froid à l’intérieur. On doit par ailleurs également éviter que la ventilation elle-même n’entraîne une diffusion de la pollution ou des agents pathogènes. La filtration et la purification de l’air représente dès lors une solution. L’électrofiltration est à ce titre une technique intéressante. L’Entreprise s’est entretenue avec Guillaume Ooms (de la firme Genano), un des spécialistes en la matière.

Des particules électriquement chargées

Dans le cas d’un purificateur d’air avec électrofiltration, l’air passe par une chambre spéciale au sein de l’appareil, dans laquelle les particules de saleté reçoivent une charge électrique négative. Les parois de la chambre ont une charge positive, qui attire les particules flottantes. Toutes sortes de pollutions, comme le pollen, les moisissures, la poussière et les particules fines, mais aussi les microbes et virus adhèrent ainsi à la paroi. Les microbes et les virus y sont alors tués ou désactivés. La paroi de la chambre de réaction est automatiquement nettoyée, de sorte que toutes les particules de saleté sont rassemblées dans un réservoir, qui peut être remplacé lorsque cela se révèle nécessaire.

Cette technique possède un certain nombre d’avantages. Elle garantit avant tout un degré élevé de purification. Elle extrait de l’air des particules jusqu’à 0,003 microns. Cette technique est non seulement efficace contre les pollutions tels que les pollens et moisissures, mais elle élimine de plus les virus et les particules fines, ce qui est beaucoup plus difficile à réaliser avec des méthodes de filtration conventionnelles. Cela rend l’électrofiltration intéressante non seulement en cas de pandémie, mais aussi en cas de pollution de l’air par les particules fines dues au trafic et aux installations de chauffage, ce qui constitue un problème récurrent.

Les précipitateurs électrostatiques se révèlent par ailleurs d’un entretien aisé. Un filtre HEPA extrait aussi des impuretés de l’air, mais celles-ci restent alors dans le filtre. Ce qui signifie que les éléments du filtres doivent régulièrement être remplacés. Dans le cas contraire, le filtre devient un foyer de contamination. Étant donné que les agents pathogènes ne sont pas désactivés, les éléments du filtre sales devront de préférence être traités avec les précautions nécessaires.

Pour une intégration dans des installations HVAC, le fait qu’il y ait très peu de pertes de charge lors de l’électrofiltration se révèle à nouveau utile, contrairement à ce qui se passe avec des filtres physiques. Cela fait office de règle fondamentale : plus le filtre est efficace, plus grandes sont les pertes de charge. Mais plus de pertes de charge signifie que les ventilateurs doivent pouvoir délivrer plus de puissance, ce qui induit une consommation d’énergie plus grande.

Le Conseil Supérieur de la Santé a également conseillé les précipitateurs électrostatiques, dans la mesure où cette technologie possède une technologie comparable aux filtres HEPA, mais ne cause pas de chute de pression identique à celle d’un filtre HEPA.

Un système qui a fait ses preuves

Le système de décontamination de l’air de Genano a été développé il y a 20 ans à l’Université d’Helsinki. À l’origine, les appareils ont surtout été utilisés dans des environnements médicaux en Scandinavie. Et progressivement, le champ d’applications s’est élargi, aux écoles notamment. Le fonctionnement des appareils a été testé par VTT, un organisme de test finlandais indépendant. Un purificateur d’air Genano a été installé dans une chambre de test étanche de 30 m3, dont l’air était pollué à l’aide de divers types de microbes, moisissures, cellules bactériennes végétatives et de virus. Afin de surveiller la présence des virus, on a utilisé des bactériophages, qui fournissent une bonne simulation du norovirus, et dont il est en général convenu qu’ils peuvent aussi être perçus comme une simulation de coronavirus. La chambre de test était équipée d’un ventilateur, afin de répartir les agents pathogènes.

Le purificateur d’air a ensuite été utilisé à pleine puissance ; puis, des échantillons d’air ont été prélevés à intervalles réguliers et ont subi des analyses quant à la présence de microbes. Comme point de comparaison, une deuxième série d’échantillons a été prélevée dans des conditions identiques, mais lorsque l’appareil était débranché. La conclusion est que l’électrofiltration garantit une élimination rapide des virus. Sans désinfection, on note une baisse du taux de virus après deux heures, et on détecte encore une présence mesurable après trois heures. Avec une désinfection, on enregistre déjà une forte baisse après une demi-heure, et le taux se situé déjà sous la limite de détection après une heure. Les résultats pour d’autres agents pathogènes montrent une image identique. Genano conseille donc également de dimensionner les appareils à au moins deux renouvellement d’air par heure.

Le côté belge de l’histoire

« Qu’une telle technique soit surtout connue en Scandinavie ne peut pas nous étonner », explique Guillaume Ooms. « Les gens y passant une grande partie de leur temps à l’intérieur de leur maison, une ventilation intensive est hors de propos en hiver. La qualité de l’air intérieur est donc une problématique beaucoup plus importante que chez nous. Mais, entre-temps, une prise de conscience est tout de même apparue, dont le coronavirus a été la catalyseur. De plus en plus d’organisations comprennent qu’obtenir une bonne qualité de l’air n’est pas évident. Qu’il s’agisse d’environnements médicaux comme des salles d’attente chez les médecins ou les dentistes, mais aussi d’entreprises désireuses de protéger ses employés et ses clients. Et il y a aussi les écoles, dans lesquelles concilier températures agréables et bonne qualité de l’air n’est pas évident. La solution consiste donc en un système qui a fait ses preuves et qui exige peu d’entretien. »

Afin de pouvoir répondre à la demande croissante, Genano a ouvert en Belgique un centre de distribution pour l’Europe de l’Ouest. Le choix de notre pays n’a pas été opéré par hasard : un des actionnaires principaux du fabricant finlandais est un Belge, ce qui fait que l’histoire a aussi un côté belge.

Par Alex Baumans

Photos : Genano

www.genanobelgium.com