POMPES À CHALEUR  
Install Magazine 974 – février 2021

Passer d’un réseau gazier à un réseau de chaleur ?

À la suite de la cérémonie de remise du prix « Heat Pump City of the Year », l’EHPA, l’association européenne des pompes à chaleur, a également organisé quelques webinaires relatifs aux applications des pompes à chaleur futures. L’un a eu lieu dans le cadre de GeoAtlantic. C’est un projet européen interrégional visant à étudier la manière dont les pompes à chaleur géothermiques peuvent contribuer à un chauffage neutre en carbone dans les pays de la côte atlantique, principalement la péninsule ibérique et la France.

Vers un chauffage neutre en carbone

RHC-ETIP, la plateforme européenne de technologie et d’innovation pour le chauffage et le refroidissement renouvelables, voit un rôle important à jouer pour les pompes à chaleur géothermiques dans la décarbonisation du secteur européen du chauffage dans les années à venir. En effet, la reconversion en un chauffage neutre en carbone implique une plus grande électrification, car elle permet l’utilisation de l’électricité verte. Dès lors, deux problèmes se posent immédiatement : il y a d’abord la question de la capacité. Des investissements substantiels devront être consentis dans la production d’électricité verte pour répondre à cette demande supplémentaire. Sans gains de rendement dans les systèmes de chauffage, l’expansion de la production devient impayable. Ensuite, il y a la disponibilité. Les méthodes les plus courantes de production d’énergie verte, à savoir l’éolien et le solaire, ne sont pas disponibles en permanence.

Utilisation de la chaleur environnementale par les pompes à chaleur

Les pompes à chaleur géothermiques sont une option dans ce cas-ci. En effet, il s’agit d’un moyen de chauffage très efficace car elles utilisent également la chaleur déjà disponible dans l’environnement. En premier lieu, c’est la chaleur solaire qui est stockée dans le sol ou dans l’eau, mais cela peut également être la chaleur résiduelle de toutes sortes d’activités. Les applications de refroidissement sont encore trop souvent des sources de déperditions calorifiques. Si nous pouvons fermer ce cercle, la puissance électrique absorbée pour le chauffage peut être moindre, ce qui à son tour contribue à rendre les problèmes de capacité gérables.

En second lieu, les systèmes de transport d’aquifères ont une grande capacité de stockage thermique. Selon l’application, cela peut se faire par le biais du système de transfert thermique (chauffage par le sol ou l’activation de la masse thermique du béton par exemple), dans des ballons tampons ou via le stockage d’énergie géothermique. Intégrées dans un réseau électrique intelligent, les pompes à chaleur peuvent stocker les pics de production d’électricité sous forme de chaleur, ultérieurement utilisée.

Les réseaux de chaleur du futur

Une application prometteuse consiste à raccorder des pompes à chaleur géothermiques ou eau-eau à un réseau de chaleur. En fonction des besoins, ce réseau de chaleur peut directement chauffer les bâtiments s’ils sont équipés d’un chauffage à basse température. Si des températures plus élevées sont requises ou si de l’ECS doit être produite, les bâtiments peuvent être équipés de pompes à chaleur booster. Au lieu d’un réseau de gaz, comme nous en avons actuellement, nous construirions alors un réseau de chaleur. Un tel réseau a non seulement une grande capacité de stockage thermique, il permet également de raccorder diverses sources de chaleur résiduelles, contribuant ainsi à une économie circulaire.

Un autre modèle économique

La pose d’un réseau de chaleur rend également possible un modèle économique différent. Le forage des puits est actuellement un obstacle financier important pour une percée sur le marché des pompes à chaleur géothermiques. Cependant, avec un réseau de chaleur, ces coûts sont supportés par le gestionnaire du réseau car il peut les répartir sur un plus grand nombre d’utilisateurs et sur une plus longue période. Les utilisateurs n’ont alors plus qu’à investir dans leur propre installation de pompe à chaleur.

Par Alex Baumans

www.geoatlantic.eu