CHAUFFAGE
Install Magazine 973 – novembre 2020
Un avenir hybride pour le mazout de chauffage
Les systèmes intelligents de Buderus
On dit parfois que le mazout de chauffage n’a plus d’avenir. Ce ne saurait être le cas puisque des systèmes tournés vers l’avenir peuvent utiliser du combustible liquide. Nous pensons à une installation hybride de chaudière au mazout et pompe à chaleur. La pompe à chaleur couvre une grande partie des besoins en chauffage. S’il fait vraiment froid ou s’il faut des températures élevées pour l’ECS, la chaudière prend alors la relève. Buderus lance à cet égard des systèmes intelligents sur le marché.
Une régulation intégrée
Les pompes à chaleur air-eau connaissent un succès croissant parce qu’elles représentent un mode de chauffage respectueux de l’environnement, principalement dans les nouvelles constructions. Une solution pour la rénovation consiste à utiliser la chaudière en complément à la pompe à chaleur. Mais une telle combinaison signifie plus que de placer les deux appareils côte à côte et de raccorder les tuyaux.
« Les configurations hybrides ne sont pas nouvelles » lance Saverio Giordano, product manager chez Buderus, « mais dans la pratique, nous avons constaté que la combinaison ne fonctionne pas toujours de manière optimale. Ce n’est pas dû aux appareils proprement dits mais au raccordement hydraulique et à la régulation. » Dans de nombreux cas, l’utilisateur ne remarque pas le problème. L’installation maintient le logement à une température confortable. Mais comme la chaudière effectue une trop grande partie du travail, les économies envisagées ne sont pas vraiment atteintes.
Voilà pourquoi Buderus lancera début 2021 la chaudière au mazout Logano plus KB195i BZ. Cette chaudière peut être raccordée à la même régulation que la pompe à chaleur, laquelle va piloter les deux appareils selon une consommation d’énergie optimale, ou un coût minimal, ce dernier dépendant du prix de l’énergie. On a ainsi la garantie que la chaudière ne déclenchera que lorsque ce sera vraiment nécessaire, selon la priorité établie. Par ailleurs, la chaudière est équipée d’un brûleur à deux allures (50-100%) pour éviter la surchauffe. La régulation va adapter la courbe de chauffe pour obtenir un rendement le plus élevé possible de la pompe à chaleur.
Pour le raccordement hydraulique, des kits prémontés sont disponibles. Buderus veut simplifier autant que possible le travail de l’installateur. Les erreurs sont exclues et l’installation se monte tel un meccano. Les configurations hybrides de Buderus incluent toujours des pompes à chaleur monobloc. Les composants de réfrigération sont hébergés dans l’unité extérieure, laquelle est reliée au kit de raccordement hydraulique du logement via les conduites d’eau. La distribution de la chaleur a donc lieu avec l’eau de chauffage.
Modernisation des installations de chauffage au mazout
Avec cette solution, Buderus vise principalement les propriétaires de maisons unifamiliales qui souhaitent moderniser leur installation, souvent dans le cadre d’une rénovation plus générale. Pour les nouvelles constructions ou lors de rénovations majeures, une pompe à chaleur peut suffire. Si le logement est rénové de manière limitée, une configuration hybride peut représenter une solution. Par la rénovation, la demande en chaleur du logement diminue, mais pas au point où seule la pompe à chaleur pourrait suffire. Une forme de chauffage supplémentaire est donc nécessaire.
La période durant laquelle la chaudière doit déclencher est limitée. En principe, la pompe à chaleur couvre les besoins. « Nous partons du principe qu’une pompe à chaleur est pertinente jusqu’à une température extérieure d’environ 5°C. Cela correspond à la plus grande partie de la saison de chauffage. Lors d’un hiver moyen, nous n’avons finalement que quelques jours de gel. Une pompe à chaleur a donc totalement sa place sous nos latitudes », poursuit Saverio Giordano
Dans le cas d’une installation hybride classique, il faut prévoir assez de place dans la chaufferie pour le réservoir tampon. Dans certaines circonstances, ce peut être un peu juste. Voilà pourquoi il est possible déployer le concept hybride avec la nouvelle chaudière au mazout et le kit hydraulique, sans réservoir tampon. Cela permet d’économiser de la place dans la chaufferie et d’améliorer le rendement.
Le système de diffusion joue aussi un rôle. Comme la pompe à chaleur atteint le meilleur rendement à des températures de diffusion d’environ 50°C, le système de diffusion idéal est un chauffage au sol ou éventuellement des ventilo-convecteurs. Une combinaison avec des radiateurs est possible, à condition qu’ils puissent aussi fonctionner à basse température.
Une régulation adaptée
Pour obtenir un rendement optimal, Saverio Giordano souligne la nécessité d’une régulation dépendant des conditions climatiques. Une pompe à chaleur n’a pas de sens dans une installation traditionnelle avec des radiateurs, une température de départ de 80°C et une commande on-off. Pour réaliser des économies maximales, il faut d’abord améliorer l’isolation du logement afin d’éviter les températures élevées, et adapter la température de départ aux besoins. Une installation avec des radiateurs qui est dimensionnée selon une température de départ de 70°C n’a besoin de températures élevées que dans le cas le plus défavorable, donc lors d’une température extérieure de -10°C. Dans la plupart des cas, on peut se satisfaire d’une température de départ plus basse. L’application d’une pompe à chaleur s’avère donc judicieuse pour autant que la courbe de chauffe soit correcte.
L’avenir du mazout de chauffage
Des mesures de plus en plus restrictives sont appliquées au mazout de chauffage. En Flandre, il sera par exemple interdit dès 2021 dans les nouvelles constructions ou lors de rénovations énergétiques majeures. Quoi que l’on pense de cette mesure, il y a la réalité du terrain. Le gaz n’est pas encore installé partout, certainement en Wallonie, et seule une pompe à chaleur n’est pas toujours une alternative envisageable lors d’une rénovation. Nous aurons donc encore besoin de mazout dans un avenir prévisible. Quiconque achète aujourd’hui une chaudière au mazout moderne n’a pas à craindre d’indisponibilité soudaine du combustible. Dans ce contexte, opter pour une installation hybride est un bon investissement. De plus, il est toujours possible de passer à un brûleur à gaz, si nécessaire.
Par Alex Baumans
Photos: Buderus












