LÉGISLATION  
Install Magazine 972 – octobre 2020

Libérer le potentiel des bâtiments pour la transition énergétique

Une vision de Viessmann

Le chauffage et la climatisation de bâtiments joue un rôle clé dans la transition énergétique à venir. Une qualité climatique intérieure est une nécessité ; si aucune solution n’est trouvée à ce sujet, tout le processus de décarbonisation sera un coup d’épée dans l’eau. Des étapes importantes ont déjà été franchies pour réduire les émissions, mais le rythme est encore beaucoup trop lent. En tant que fabricant de renom de systèmes de chauffage, Viessmann a une vision précise de la manière dont cela peut être appliqué dans l’Union européenne. L’entreprise fait cinq recommandations à l’UE pour réussir une relance post corona verte.

- utiliser la modernisation des systèmes thermiques comme moteur de création d’emplois

Le secteur du CVC est, par excellence, une activité locale à forte consommation de main-d’œuvre. Dans l’UE, on estime qu’entre 2 et 3 millions de personnes sont directement ou indirectement impliquées dans ce secteur. C’est également vrai pour les matériels : moins de 10% des appareils de chauffage viennent de l’extérieur de l’UE. Accélérer la modernisation des installations signifie donc immédiatement une création rapide d’emplois. De plus, les effets sont dispersés et profitent à l’économie locale, la plupart des entreprises d’installation étant, en effet, des PME. C’est également une solution « sans regret ». Par exemple, dans un contexte allemand, 1 euro de subvention conduirait à 6 à 8 euros d’investissements dans toute la chaîne de valeur, et rapporterait 1,17 euro au Trésor public.

En même temps, il y aurait un gain rapide pour le climat. Il y a encore de nombreuses chaudières obsolètes en fonctionnement. En les remplaçant par des appareils modernes on pourrait réaliser d’emblée une réduction des émissions.

- une approche systémique pour réduire les coûts de décarbonisation.

Il nous faut examiner en premier lieu l’efficacité de l’ensemble du système. Pour cela, les différents réseaux (électricité, gaz, chaleur, communication ...) doivent être coordonnés entre eux. L’électrification du chauffage au moyen de pompes à chaleur est un choix évident : elles produisent 3 à 4 unités de chaleur par unité d’électricité. Nous ne devons toutefois pas perdre de vue le système global : plus les pics de consommation d’électricité sont faibles, moins les coûts d’extension du réseau et des installations de secours sont importants. Dans les maisons bien isolées, avec un besoin de chauffage extrêmement faible, on peut également penser au chauffage électrique direct associé à des panneaux photovoltaïques (PV) et des batteries, parce que les coûts d’investissement sont, dans ce cas, faibles.

En utilisant le réseau de gaz existant pour le transport de gaz vert, on peut non seulement augmenter la stabilité du réseau énergétique, mais cela permet aussi d’économiser beaucoup d’investissements dans une capacité supplémentaire du réseau électrique.

- rendre le carburant vert disponible pour les bâtiments

Pour l’utilisateur final, le carburant vert est une manière efficace de décarboniser le chauffage, pour un investissement limité. Dans une partie importante du parc immobilier, il n’est pas facile de remplacer une chaudière existante par des systèmes alternatifs, sans rénovations majeures coûteuses. Le gaz neutre en carbone est alors une solution. De telles solutions sont facilement acceptées et ne donneront guère lieu à une résistance politique ou au populisme.

Les techniques relatives au gaz vert sont, petit à petit, au point. Avec des ajustements minimes, la génération actuelle d’appareils de combustion peut fonctionner avec des mélanges de gaz comportant jusqu’à 30% d’hydrogène. Les appareils fonctionnant exclusivement à l’hydrogène sont en phase d’essai. Les piles à combustible ont l’avantage de générer à la fois de la chaleur et de l’électricité et de réduire ainsi les pics de consommation sur le réseau électrique. Cette technique est de toute façon basée sur l’hydrogène.

Ces évolutions doivent se refléter dans les réglementations de performance énergétique et les exigences techniques des appareils, par exemple dans le calcul de la consommation d’énergie primaire. Des outils tels que l’éco-conception et l’étiquette-énergie peuvent également être utilisés pour s’assurer que les nouveaux appareils sont prêts pour le passage à l’hydrogène. Ces réglementations sont faciles à mettre en œuvre et n’entraînent guère de coûts supplémentaires pour les utilisateurs finaux.

- utiliser à plein les solutions hybrides

Le réseau électrique doit continuer à fonctionner même quand le soleil ne brille pas ou en l’absence de vent, juste au moment où le besoin est le plus grand. Dans de tels cas, l’approvisionnement doit être assuré par des centrales de secours, des batteries de stockage de l’ordre du MWh et des importations. À mesure que les transports et le chauffage s’électrifient et que les centrales électriques au charbon et nucléaires sont progressivement abandonnées, les inquiétudes quant à la sécurité d’approvisionnement augmentent. De nouvelles solutions sont nécessaires, telles que les pompes à chaleur hybrides.

En combinant une pompe à chaleur et une chaudière, on peut être certain que le besoin de chauffage est couvert, à partir de l’électricité, du gaz ou des deux. En cas de pointe de consommation, lorsque la production d’électricité verte est faible, on peut assurer le chauffage à l’aide de gaz vert. Lorsqu’il y a suffisamment d’électricité verte, on peut basculer sur l’électricité. En utilisant au maximum les solutions hybrides dans le parc immobilier, il faut fournir moins de capacité de secours électrique.

- promouvoir l’autoconsommation d’électricité PV et la numérisation du CVC

La technologie du bâtiment passe au numérique à un rythme rapide : les ventes de capteurs pour les logements ont triplé au cours des cinq dernières années. Les systèmes à commande vocale deviennent également rapidement monnaie courante. Ceci ouvre de nouvelles perspectives en matière d’utilisation des bâtiments. Un bâtiment devient ainsi un poste de charge pour véhicules électriques et peut être connecté aux réseaux de chauffage et d’électricité. Cela peut se faire, par exemple, en pilotant les pompes à chaleur dans les habitations ou en utilisant des pompes à chaleur industrielles pour le stockage thermique des réseaux de chaleur.

Les systèmes CVC numérisés peuvent contribuer à placer l’utilisateur au centre de la transition énergétique. Cela créera un support pour la reconversion. En répondant à ces recommandations, l’UE peut exploiter le potentiel du chauffage et du refroidissement pour un avenir vert.

Source : Viessmann

Illustrations : Viessmann

www.viessmann.be