PORTRAIT D'ENTREPRISE
Install Magazine 941 – juin 2017
Un centre de distribution hypermoderne et durable
Van Marcke pose la première pierre de l’EDC
Dans le zoning industriel LAR Sud de Courtrai, près de la frontière française, se dresse un bâtiment impressionnant sur un terrain de 17 hectares : le nouveau centre de distribution du grossiste Van Marcke. Avec cet investissement de 75 millions d’euros, l’entreprise veut changer de cap, en termes non seulement de technique logistique, mais aussi de durabilité. Le site est neutre en CO2 et sera totalement autosuffisant pour ce qui est de l’approvisionnement en eau. Par ailleurs, de nombreuses autres techniques écologiques sont encore appliquées, comme le refroidissement adiabatique et les piles à combustible.
Centre de distribution et laboratoire de technologie réunis
Le nouvel EDC (Excellent Distribution to Customers) affiche une superficie totale de 90.000 m2. Il remplacera le centre de distribution existant du grossiste à Courtrai, et fera appel à une automatisation poussée. L’objectif est que 80% de toutes les commandes soient traitées de manière totalement automatique. Le flux des camions autour du bâtiment sera par ailleurs optimalisé afin de garantir une efficacité maximale.
Pour Van Marcke, l’efficacité va de pair avec la conscientisation écologique. En tant que fournisseur de renom de solutions durables en chauffage et sanitaire, l’entreprise se sent l’obligation de mettre elle-même ces techniques en pratique. Le centre de distribution est ainsi en même temps un projet de démonstration dans des bâtiments durables.
En matière de chauffage, une analyse précise des besoins a tout d’abord été réalisée. Dans un centre logistique, la plus grande partie ne doit en effet pas bénéficier d’une température de confort, notamment parce que les dépôts sont pour la plupart automatisés. Normalement, peu de collaborateurs se trouvent en effet dans ces zones. Pour les zones occupées, par contre, on recourt à l’activation du noyau de béton pour le chauffage et le refroidissement à l’aide de pompes à chaleur, en combinaison avec un champ de stockage géothermique de 516 forages de 32 mètres chacun, pour un total de 1 MW. Le refroidissement est soutenu par un système adiabatique du fournisseur et partenaire Wolf. La température de l’air pulsé a ici été abaissée par pulvérisation d’eau. Le système fonctionne sans réfrigérant.
Pour l’approvisionnement en énergie, on a prévu 16.000 m2 de panneaux solaires, ce qui équivaut à une puissance de crête de 2 MW . Ils couvriront la consommation des dépôts automatiques, de l’éclairage, des PAC et du matériel roulant électrique. Dans une deuxième phase, l’installation photovoltaïque sera étendue à 4 MWp. L’excédent d’électricité sera alors stocké dans un système innovant de Solenco, afin de produire de l’hydrogène qui, à son tour, sera transformé en énergie à l’aide de piles à combustible, lorsque l’ensoleillement sera insuffisant.
Le site est entièrement autosuffisant en termes de consommation d’eau. L’eau de pluie et les eaux usées sont récupérées et traitées, afin de ne pas rejeter d’eau polluée. Un système spécial de Grundfos assure l’épuration des eaux usées et sa transformation en eau potable, de manière à couvrir totalement les besoins de l’EDC. Il s’agit d’une primeur européenne.
Petite touche écologique : la toiture verte et sa propre exploitation apicole. Van Marcke désire agir ici contre la disparition progressive des abeilles, avec en sus, un effet secondaire positif, à savoir que le centre de distribution pourra produire son propre miel.
Afin de mener tout cela à bien, Van Marcke a largement eu recours aux techniques BIM. Le modèle informatique compte pas moins de 15 niveaux techniques.
Une entreprise tournée vers l’avenir
Dans son discours, Caroline Van Marcke, CEO du grossiste du même nom, a expliqué la philosophie de la société. Les objectifs de cette dernière sont très ambitieux : d’ici 2025, le grossiste veut doubler son chiffre d’affaires. Il compte pour ce faire sur une expansion internationale, notamment aux Etats-Unis, où Van Marcke est déjà actif en Arizona, au Texas et dans le Nevada. Cette croissance doit toutefois se faire d’une manière durable. Le slogan n’est pas pour rien: « We care for quality of life ». Van Marcke donne doublement vie à cette devise: d’une part, en proposant aux clients des produits et solutions garantissant du confort durable ; et d’autre part, en montrant lui-même le bon exemple. Le cœur de l’offre comprend en effet des techniques intelligentes, comme des thermostats intelligents, des douches économes en eau avec fonction de recyclage, ou encore des réseaux de chaleur, une technique dans laquelle Van Marcke est un précurseur. La firme veut par ailleurs montrer de quoi des entreprises familiales avec un ancrage local sont capables. Ce n’est pas un hasard si les travaux ont été exécutés par deux entreprises de construction familiales, Stadsbader et Willy Naessens, qui étaient justement à même de pouvoir offrir la réactivité nécessaire à l’aboutissement d’un tel projet.
L’investissement démontre également que le grossiste a sérieusement pris ses responsabilités : avec 75 millions d’euros, il s’agit du plus grand projet de l’histoire de la société, et l’un des plus grands investissements jamais réalisés par une entreprise familiale belge pour un seul projet.
Van Marcke comme ambassadeur climatique
Bart Tommelein, ministre flamand de l’énergie, se devait d’être présent lors du démarrage officiel des travaux. Il a fait l’éloge de ce projet en le présentant comme un cas d’école d’entreprise ayant pris ses responsabilités face aux objectifs climatiques. Le gouvernement fait déjà de son côté des efforts pour ses propres bâtiments, et les particuliers emboîtent aussi le pas de la construction et de la rénovation énergétique. Si les entreprises démarraient à leur tour massivement de tels projets, la Flandre atteindrait facilement ses objectifs climatiques, ajoute le ministre. Il a promis de mentionner l’EDC comme exemple à suivre, et il a nommé Caroline Van Marcke comme ambassadrice –parmi d’autres- de la politique climatique flamande.
Pour Bart Tommelein, l’EC était aussi intéressant parce qu’il s’inscrit dans la vision d’avenir d’un approvisionnement énergétique décentralisé. Nous nous dirigeons vers un paysage énergétique dans lequel de plus en plus d’énergie est produite et consommée sur place, avec le stockage comme étape intermédiaire nécessaire. Le ministre attend à ce titre beaucoup de la combinaison de piles à combustible avec de l’hydrogène comme vecteur énergétique. Il désire accroître fortement l’utilisation d’hydrogène et déployer un réseau d’une vingtaine de points d’approvisionnement pour 2020.
Il a par ailleurs plaidé pour un accroissement des investissements privés. Actuellement, le gouvernement flamand octroie environ 4.000 prêts verts par an pour des investissements éco-énergétiques. D’après le ministre, le potentiel est toutefois beaucoup plus important : il aurait préféré voir accorder plusieurs dizaines de milliers de prêts. La tâche incombe ici au secteur bancaire. Bart Tommelein est d’avis que le gouvernement ne doit aider que les gens qui ne peuvent s’adresser nulle part ailleurs. Le consommateur moyen doit pouvoir faire appel au secteur bancaire régulier pour le financement. Le ministre a aussi lancé un appel au secteur financier afin que celui-ci propose des formules adaptées pour stimuler les investissements verts.
Par Alex Baumans











