ÉVÉNEMENTS  
Install Magazine 967 – février 2020

Batibouw 2.0 dans le collimateur

L’édition 2020 axée sur les sensations

Batibouw 2020 (ou, comme l’exprime l’organisation : deux-point-zéro, deux-point-zéro), c’est un changement radical du concept. Les grandes lignes étaient déjà connues : les journées professionnelles disparaissent et sont remplacées par des salons professionnels distincts ; les horaires d’ouverture sont décalés en semaine et le plan des halles est profondément remanié. Tout cela pour offrir au visiteur des sensations uniques au salon. La digitalisation est également pleinement exploitée.

Remaniement du plan du salon

Une première innovation est que l’organisation se détache de la formule mixte salon public/salon professionnel. Batibouw tire résolument la carte du particulier. Non seulement les familles avec des plans de construction, mais quiconque souhaite rénover ou moderniser une maison. Cependant, les professionnels ne sont pas oubliés. Pour ces derniers, il y aura trois salons d’une journée au Palais 1, avec des stands purement techniques et strictement sur invitation ; Probuild et Finishing pour les gros œuvres et le parachèvement le 4 mars et Installpro pour l’HVAC, le sanitaire et l’électricité le vendredi 6 mars.

Les horaires d’ouverture ont également été adaptés. Le week-end, Batibouw reste ouvert de 10 h à 18 h, mais en semaine, le salon n’est ouvert que l’après-midi, de 12 h à 20 h 30. Cela donne aux intéressés l’opportunité d’encore visiter le salon après le travail, sans être coincés dans la circulation. Les visiteurs peuvent faire usage de la formule spéciale « After Work » : entrée gratuite après 16 h sous réserve d’inscription préalable. Le jeudi, il y a la nocturne traditionnelle jusqu’à 22 h.

Parallèlement, le plan du salon a été repensé. Le mobilier est désormais logé au Palais 10, où il s’allie mieux à la décoration intérieure au Palais 6. Les promoteurs immobiliers se voient octroyer une place centrale au Palais 5. Les stands d’information sont désormais également regroupés au Palais 5 dans une zone de conseils. Dans l’espace devenu vacant du Palais 8 et du Patio, est logé le parachèvement extérieur. Peu de changements pour les Palais 7, 11 et 12 (sanitaire, cuisines et HVAC).

Inspiration et digitalisation

Un salon contemporain doit offrir plus que de simples stands. Batibouw veut informer et inspirer les visiteurs. Le secteur de la construction est confronté à des défis majeurs. L’organisation Batibouw a identifié trois thèmes qui seront abordés tout au long de l’exposition :

  • « Green Building », la transition vers la construction durable ;
  • « Smart Heating & Cooling », optimisation de la consommation d’énergie à l’aide de l’Internet des objets ;
  • « Small is Beautiful », confort accru dans les maisons plus compactes, en particulier dans la cuisine et la salle de bain.

Il y aura deux zones de conférence pour informer les visiteurs : l’une dans le Palais 5 et la nouvelle « Experience Plaza » dans le Palais 12, spécifiquement axée sur les thèmes du chauffage. Le Palais 4 abrite une zone d’inspiration, où quatre maisons sont mises sur pied, chacune d’un type différent : un studio, un appartement une chambre, un appartement deux chambres et une maison unifamiliale. Toujours dans le Palais 4, une zone expose des alternatives à la maison traditionnelle, d’une yourte jusqu’à une péniche en passant par un conteneur.

Batibouw vise à nouveau le bricoleur. En collaboration avec Brico, une zone de démonstration couvre le Palais 3, pour des ateliers et des démonstrations.

L’organisation joue à plein la carte de la digitalisation : l’accès n’est possible qu’après enregistrement en ligne. Les visiteurs peuvent ensuite créer un parcours de visite personnel via l’application entièrement mise à jour. L’on peut par exemple sélectionner les fournisseurs en fonction de l’activité, du lieu et du budget.

Construction de logements en Belgique : chiffres de la Confédération Construction

Lors de la présentation à la presse de la nouvelle formule de Batibouw, la Confédération Construction a traditionnellement également donné un aperçu de la situation du secteur de la construction belge au cours de l’année écoulée. Une première constatation dans la construction de logements est une forte baisse par rapport à l’année précédente : le nombre de permis de construire pour les logements a baissé de 15%, passant de plus de 62 000 (août 2017-août 2018) à 53 000 (août 2018 - août 2019). Cependant, ces fluctuations sont principalement dues à l’impact des règles de PEB en Flandre. En effet, pour chaque renforcement du niveau E, des demandes de permis sont soumises in-extremis afin d’être conforme au règlement précédent. Au cours des six mois suivants, la baisse est donc sensible.

Différences par région

Si l’on regarde plus en détail, on constate que l’essentiel de l’activité (41 000 permis sur 53 000) se déroule en Flandre. Comme les années précédentes, plus d’appartements ont été octroyés que de maisons unifamiliales. Il est remarquable que le recul général du nombre de permis soit principalement dû à la construction d’appartements. Alors que le nombre de maisons unifamiliales est resté à peu près le même (16 900 vs 17 600), la construction d’appartements a décru de 32 000 à 24 000.

À Bruxelles, la construction neuve a également connu un fort déclin, mais comme les chiffres absolus sont beaucoup plus faibles ici, l’impact sur la situation générale est plus restreint. La construction de maisons unifamiliales est négligeable à Bruxelles : seuls 66 permis ont été accordés entre l’été 2018 et celui de 2019. Le nombre d’appartements octroyés a été divisé par deux : de 1 600 au cours de la période précédente à près de 800 en 2018-19. Cela est principalement dû à l’augmentation des charges administratives dans le domaine des permis, des impositions et restrictions dus à l’aménagement du territoire. La Confédération Construction regrette que les projets de nouvelles constructions soient bloqués par les charges administratives, dans une région où le besoin en logements modernes est particulièrement élevé.

La situation en Wallonie reste stable : le nombre de permis maisons plafonne à 11 000. La transition vers les appartements est moins forte ici : les maisons unifamiliales représentent environ la moitié du marché.

Les perspectives restent positives

La Confédération Construction prévoit une légère reprise d’ici 2020. L’économie se porte bien et le taux d’intérêt hypothécaire reste bas. L’impact de la disparition de la prime au logement en Flandre reste une question en suspens. Cela a sans aucun doute conduit à un report d’un certain nombre de projets, mais la Confédération Construction s’attend à ce que l’effet négatif n’ait pas trop d’impact.

Le secteur de la construction voit donc l’avenir de manière positive. Les entreprises répondent ainsi à l’évolution des tendances du logement. Voici comment l’on construira plus densément et plus en hauteur : des maisons plus petites et des constructions plus regroupées, avec ou sans utilitaires communs. Une autre tendance est les formes d’habitations flexibles, en fonction de l’évolution des conditions de vie. Au lieu de déménager, l’habitation change par la suite de destination. En outre, l’empreinte écologique d’une maison doit également décroître. Les systèmes intelligents joueront un rôle dans ces deux derniers cas.

Afin d’étudier ces cas en pratique, la Confédération Construction organise le 5 mars à l’occasion de l’édition 2020 de Batibouw le Forum Construction. Les thèmes centraux sont l’impact de la digitalisation, la normalisation et l’industrialisation sur les pratiques de construction.

Par Alex Baumans

Photos : Batibouw

www.batibouw.com

www.confederatiebouw.be