CHAUFFAGE  
Install Magazine 939 – avril 2017

Systèmes de chauffage de demain

Remeha organise une table ronde à Batibouw

À quoi ressemblera le marché du chauffage du futur, quels sont les défis à relever et quels sont les obstacles à franchir ? C’est sur ces questions que le spécialiste du chauffage Remeha a organisé une table ronde à Batibouw. Des experts de tous horizons ont apporté leur éclairage sur cette thématique.

La table ronde a réuni divers orateurs. Les participants furent : Luc Dedeyne, qui connaît comme personne les règles PEB de Flandre, Wim Dejonckheer de l’entreprise du même nom, Johan Baan van Hysopt, un concepteur de software pour l’hydraulique, et enfin Steven Deygers de Remeha. Voici les grandes lignes de cette table ronde.

Regarder l’ensemble de l’installation

Le passage aux nouvelles techniques se traduit par une avalanche d’informations sur les professionnels et les utilisateurs finaux. On constate trop souvent que le conseil est réduit à quelques recettes simples. La réalité est toutefois plus complexe. Il n’y a pas de méthode miracle qui puisse fournir les meilleurs résultats en toutes circonstances. On doit voir l’ensemble de l’installation, le comportement thermique de l’habitation ou encore le profil d’utilisation, afin d’aboutir à un système adapté. Appliquer telle quelle une technique déterminée, n’est pas une garantie de succès. On ne doit, à ce titre, pas faire une croix sur la technique de chauffage traditionnelle qui, dans certains cas, peut encore représenter une solution rationnelle. Cette approche totale vaut aussi pour l’évaluation économique. On ne peut pas se focaliser sur le prix d’achat. Le surcoût en consommation sur toute la durée de vie d’un appareil peut constituer un lourd handicap. On ne doit donc pas opter pour un appareil déterminé, mais plutôt chercher des moyens pour maintenir la consommation à un niveau aussi bas que possible.

Une approche totale signifie aussi que l’énergie doit être intégrée dès le début de la conception. Aujourd’hui, il arrive encore trop souvent que les installateurs soient impliqués dans un projet après qu’un certain nombre de choix architecturaux aient déjà été opérés. On manque ainsi l’occasion d’intégrer la technique de bâtiment en raison, par exemple, de l’impossibilité de monter un système de chauffage à basse température.

La PEB n’est pas salvatrice

La réglementation PEB est perçue comme l’une des histoires à succès de ces dernières années. Il s’agit très certainement d’un instrument utile, qui a beaucoup contribué à rendre les bâtiments plus éco-énergétiques. Ce système a toutefois ses limites. Pour commencer, il constitue un frein à l’innovation. Certaines techniques, comme la micro-cogénération, sont certes économiquement intéressantes, mais compliquées à valoriser dans la méthode de calcul PEB. Il y a par ailleurs une donnée théorique qui ne prend pas en considération toutes une série d’aspects pratiques. La consommation d’énergie réelle d’un bâtiment n’est pas directement proportionnelle au niveau E. On a également émis certaines réserves quant au système d’amendes. Un maître de l’ouvrage qui n’est pas en ordre, paie aujourd’hui une amende, et l’affaire est réglée. Il serait sans doute plus constructif d’encourager celui-ci à corriger la faute.

Le plus grand désavantage du système est sa complexité, qui dissuade les candidats-bâtisseurs. La construction neuve doit rester réalisable. À quoi cela sert-il qu’il y ait de nouveaux bâtiments super éco-énergétiques, si on n’en construit quasiment pas ? Il est peut-être temps de passer à un système plus simple et plus accessible.

Par : Alex Baumans

Photos : Remeha

www.remeha.be