LÉGISLATION  
Install Magazine 945 – novembre 2017

Réévaluation des chauffe-eau solaires en Flandre

Belsolar se dit satisfait de la modification dans les exigences PEB

Depuis le mois de mai, en Flandre, le secteur des chauffe-eau solaires avait à souffrir d’une anomalie dans les exigences PEB. Les conditions pour entrer en ligne de compte pour la part minimale d’énergie renouvelable étaient tout simplement irréalistes. Résultat : le marché s’est effondré d’un coup, ce qui est une mauvaise affaire pour l’environnement. L’énergie solaire thermique contribue en effet dans une large mesure à la réduction des émissions de CO2. Le problème a depuis été rectifié.

Une attention accordée à l’ECS

Wim Persoons de Belsolar, l’association belge de l’énergie solaire thermique, a expliqué la problématique. « Dans la réglementation qui a été introduite en mars, il n’y avait plus de lien entre la surface minimale de capteurs et la surface habitable. Dans certains cas, un rendement supérieur à la consommation en ECS était même exigé, ce qui ne peut effectivement pas être atteint. » Pour une technologie qui permet d’économiser de l’énergie en ECS, il n’est pas réaliste de faire référence à la consommation énergétique totale d’une habitation. Étant donné que le niveau E oriente les décisions du maître de l’ouvrage, cela a entraîné un fort recul du marché des chauffe-eau solaires, alors que le secteur souffrait déjà.

Le chauffe-eau solaire s’inscrit pourtant parfaitement dans la politique visant à limiter les émissions de CO2. Plus l’isolation des maisons croît, plus la demande de chaleur diminue, et plus l’importance relative de l’eau chaude augmente (d’un quart à parfois un tiers de la demande totale). Un chauffe-eau solaire représente une manière efficace de réduire les besoins énergétiques en ECS. Cela a donc un grand impact sur le demande thermique totale. En été, le chauffe-eau solaire peut couvrir la totalité de la demande en ECS. L’installation de chauffage peut dès lors être totalement coupée, avec comme conséquence, durant cette période, que l’habitation affiche des émissions nulles pour le confort en eau chaude.

Un SPF de plus de 50

Les chauffe-eau solaires représentent une méthode très efficace pour produire de l’énergie verte. « Si on applique les critères valables pour une pompe à chaleur, on aboutit à un SPF de plus de 50 », explique Wim Persoons. « Un chauffe-eau solaire avec 5 à 6 m2 de capteurs, n’a qu’un seul poste de consommation, à savoir un circulateur, avec environ 50 kWh par an, alors le rendement atteint facilement 2.500 kWh. »

Le chauffe-eau solaire occupe aussi une place dans l’électrification du chauffage domestique, système dans lequel une PAC est idéalement associée à des panneaux photovoltaïques. Dans ce scénario, on ne doit pas uniquement dimensionner l’installation photovoltaïque en fonction de la consommation électrique normale, mais il faut aussi tenir compte de la consommation de la PAC. Il en résulte déjà rapidement d’importantes installations photovoltaïques. Avec un chauffe-eau solaire, on peut toutefois abaisser drastiquement la consommation de la PAC. Et on peut alors opter pour une installation PV qui soit plus proche de l’optimum économique, sans que la part d’énergie verte ne diminue pour autant.

Belsolar est donc convaincu que la contribution d’un chauffe-eau solaire est à nouveau estimée à sa juste valeur dans la réglementation. Le calcul revu et corrigé, dans lequel un chauffe-eau solaire entre en ligne de compte à partir de 0,025 m2 de surface de capteurs par m2 de surface habitable sera bel et bien d’application en 2018.

Cette question démontre également que le gouvernement doit être prudent avec l’évaluation des systèmes dans le calcul du niveau E. Des choix erronés peuvent en effet conduire à ce que des techniques éprouvées soient mises totalement hors-jeu, ce qui n’est pas le but.

Par Alex Baumans

Photos: Belsolar

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