CHAUFFAGE  
Install Magazine 1006 – février 2026

Le secteur de l’hydrogène renouvelable appelle à l’action

Le leadership industriel exige plus que de l’ambition

Le secteur de l’hydrogène renouvelable affiche un bilan prometteur. En peu de temps, la capacité d’électrolyse installée a considérablement augmenté, et la capacité de production des équipements d’électrolyse a été multipliée par dix. L’Europe peut se targuer d’être l’une des régions les plus innovantes dans ce domaine. Pourtant, l’ambiance lors du Renewable Hydrogen Summit, organisé début décembre à Bruxelles par l’organisation sectorielle Renewable Hydrogen Coalition, n’était pas à l’optimisme. Si le reste de la chaîne ne suit pas, toute cette technologie et cette capacité de production resteront inutiles. Le secteur appelle donc à des mesures de soutien.

L’hydrogène renouvelable dans la transition énergétique

Au début de cette décennie, l’hydrogène était considéré comme un élément essentiel de la transition énergétique. En convertissant le surplus d’électricité verte en hydrogène, on réalisait un double avantage. D’une part, cela permettait d’absorber les pics de production d’électricité verte et de soulager les réseaux électriques. D’autre part, cet hydrogène pouvait contribuer à réduire les émissions de secteurs difficiles à décarboner. L’UE a donc élaboré un plan ambitieux qui, malgré un certain retard, commence à porter ses fruits. Une capacité d’électrolyse de 600 MW est désormais opérationnelle et 3 GW supplémentaires sont en cours de réalisation. La capacité de production des installations d’électrolyse a augmenté de manière spectaculaire pour atteindre 10 GW, et devrait s’élever à 16 GW cette année. L’industrie a relevé le défi lancé par l’UE et est parvenue à réaliser d’impressionnantes économies d’échelle. On parle beaucoup d’autonomie technologique et d’indépendance énergétique au sein de l’UE, et le secteur de l’hydrogène a fait un pas important dans cette direction.

On demande des applications

La demande en hydrogène vert reste toutefois faible. Certes, l’hydrogène vert est nettement plus cher que l’hydrogène traditionnel, et les utilisateurs actuels et potentiels n’ont aujourd’hui aucune raison impérieuse d’adopter des carburants à faible teneur en carbone. La Renewable Hydrogen Coalition plaide donc pour l’instauration de quotas contraignants pour les acheteurs potentiels. Concrètement, il s’agirait d’intégrer une certaine part d’acier vert dans la production automobile, ou encore de fournir un carburant renouvelable d’origine européenne aux véhicules militaires. Un étiquetage clair et des taxes différenciées en faveur de l’hydrogène vert pourraient contribuer à stimuler la demande.

 

Parallèlement, les infrastructures doivent suivre. Cela concerne à la fois le déploiement du réseau électrique nécessaire à l’alimentation des unités de production d’hydrogène et la mise en place d’un réseau de conduites pour le transport du gaz. Les mécanismes de soutien aux projets pourraient être rationalisés afin d’offrir davantage de visibilité aux investisseurs et d’augmenter les chances de réussite des projets. Le secteur est prêt à entamer la prochaine phase de son expansion. Il ne reste plus qu’à créer les conditions propices à son essor.

 

Par: Alex Baumans

Photos: Renewable Hydrogen Coalition

www.renewableh2.eu