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Install Magazine 1004 – septembre 2025

Rapport d’EHI sur le marché européen du chauffage

Relancer un marché en pleine stagnation

Début avril, l’EHI, l’association de l’industrie européenne du chauffage, a présenté le Heating Market Report 2024, un aperçu du marché dans 13 pays européens, dont la Belgique. La conclusion n’est guère surprenante : nous avons la capacité de faire un grand pas vers la transition énergétique dans les bâtiments, mais le marché est au point mort. Toutes les parties concernées doivent passer à la vitesse supérieure pour relancer le marché.

Un potentiel qui n’est guère mis à profit

L’EHI regroupe13 associations nationales et une quarantaine d’entreprises, qui représentent ensemble environ 90 % du marché européen du chauffage. L’association concerne aussi bien la technologie de combustion traditionnelle que les pompes à chaleur. Elle possède donc une vision particulièrement bonne du marché. La présentation du rapport fut organisée conjointement à une table ronde réunissant des représentants de l’industrie, du Parlement européen, de la Commission européenne et de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE).

Partout en Europe, le marché ralentit. Ce constat est inquiétant : l’objectif de la transition énergétique a été clairement énoncé, l’industrie a investi pour atteindre cet objectif, mais les consommateurs ne veulent pas suivre. De plus, le déclin des pompes à chaleur n’est pas compensé par des gains dans les technologies traditionnelles. Le ralentissement est généralisé. Il en résulte un retard important dans la modernisation, alors que le mouvement devrait s’accélérer.

Restaurer la confiance

Il s’agit de restaurer la confiance du marché. La transition énergétique nécessite spécifiquement une réglementation et une politique de soutien stables. Par ailleurs, la différence entre le prix du gaz et celui de l’électricité doit être suffisamment faible pour que l’abandon des combustibles fossiles devienne rentable. Dans ce contexte, on se demande quel sera l’impact de la réglementation ETS2, qui est censée rendre les combustibles fossiles plus chers. Tout le monde en est convaincu : quelle que soit la forme que prendra la réglementation, il faut qu’elle soit empreinte de prévisibilité et de stabilité. Les consommateurs ont perdu confiance et attendent. Cette situation se révèle néfaste pour l’ensemble du marché. Pour y remédier, il faut lever l’incertitude qui pèse sur les consommateurs. Une telle chose est toutefois plus facile à dire qu’à faire dans le contexte géopolitique actuel.

Des solutions d’installation aisée

L’industrie doit en outre faire tout ce qui est en son pouvoir pour décharger le client final. Les personnes qui souhaitent passer à l’énergie verte doivent souvent passer par toute une série d’entreprises et d’organismes. Il faut des solutions faciles à installer et, dans l’idéal, un guichet unique capable de prendre en charge différentes technologies, telles que le photovoltaïque, les pompes à chaleur et les batteries.

L’avenir du chauffage, c’est le refroidissement

Anthony Vautrin, de l’AIE, a conclu en disant qu’il ne fallait pas perdre de vue le refroidissement. Contrairement aux pompes à chaleur hydroniques, les climatiseurs air-air ne font l’objet d’aucune obligation ou mesure de soutien. Toutefois, ces dispositifs s’améliorent régulièrement, et ils répondent donc clairement à un besoin du marché. L’industrie ne doit pas se focaliser sur le chauffage : le confort estival devient en effet un facteur important de la performance énergétique des bâtiments.

Par Alex Baumans

www.ehi.eu