ÉVÉNEMENTS
Install Magazine 1003 – mai 2025
Le salon ISH de Francfort à nouveau sur la pente ascendante
La durabilité plus importante que jamais
L’édition 2025 de l’ISH de Francfort a accueilli plus de 163 000 visiteurs et 2 183 exposants. Le salon reste donc en deçà de son niveau d’avant le Covid, à l’époque où plus de 2 500 exposants étaient présents et quelque 190 000 visiteurs s’étaient rendus à Francfort. Néanmoins, 2025 représente une nette augmentation par rapport à l’édition précédente. Presque toutes les grandes entreprises du secteur de l’installation ont à nouveau répondu présentes. En outre, l’ISH a depuis longtemps cessé d’être la vitrine exclusive de l’industrie allemande. Pas moins de 72 % des exposants étaient en effet issus de l’étranger. Le salon ISH constitue à ce titre une excellente occasion de découvrir ce qui se passe dans le secteur de l’installation à l’échelle mondiale.
Une vision d’ensemble du secteur
Il ne faut pas non plus se contenter de comparer le nombre de visiteurs avec les années les plus fastes. Le profil des visiteurs a en effet clairement changé. L’ISH n’est plus la foire par excellence de l’installateur allemand, au cours de laquelle les professionnels se faisaient un devoir de collecter le plus grand nombre possible de cadeaux promotionnels. Impossible de dire si c’est à cause de coronavirus ou d’un marché plus difficile, mais l’atmosphère dans les allées est devenue beaucoup plus professionnelle. Cette année, les visiteurs du salon étaient majoritairement à la recherche d’innovations et de solutions. La nouvelle répartition par thème peut être considérée comme une réussite à cet égard.
Pompe à chaleur au propane
S’il y a bien un produit qui domine tous les autres dans les palais dédiés au secteur CVC, c’est bien la pompe à chaleur au propane. Cette tendance dure depuis plusieurs années. Dès 2023, tout fabricant qui se respecte exposait effectivement déjà sur son stand un appareil fonctionnant au R290, mais il ne s’agissait souvent que d’applications bien déterminées, voire de prototypes. Aujourd’hui, le R290 a pratiquement relégué tous les autres réfrigérants à l’arrière-plan. Fait remarquable, le propane fait son apparition sur des types d’appareils dans lesquels il n’était pas ou peu présent auparavant.
Certains fabricants ont par exemple proposé des modèles split air-air au R290. Pour l’instant, il s’agit encore d’appareils de type monosplit dont la puissance est limitée, de façon à ce que le contenu en réfrigérant reste inférieur à 150 g.
Les pompes à chaleur géothermiques représentent un autre nouveau segment pour le R290. En matière de sécurité, il existe deux voies différentes. Certains fabricants optent radicalement pour une sécurité maximale et proposent un appareil à installer à l’extérieur. Le risque d’incendie est alors négligeable, tout comme c’est le cas avec un appareil air-eau en version monobloc. L’inconvénient est qu’il faut trouver de l’espace à l’extérieur, alors qu’avec une pompe à chaleur géothermique traditionnelle, tout pouvait être logé à l’intérieur de la maison.
D’autres fabricants s’en tiennent aux installations intérieures. Mais dans ce cas, la quantité de réfrigérant dépasse 150 g, ce qui nécessite des mesures de sécurité supplémentaires. L’appareil est dès lors généralement équipé d’un caisson étanche au gaz et d’un conduit d’air. En cas de fuite du circuit frigorifique, le propane est alors évacué via ce conduit. On ne sait pas encore laquelle de ces deux approches sera la mieux accueillie par le marché
Le troisième segment dans lequel le propane devient de plus en plus courant est celui des grandes puissances. Les appareils destinés à des applications commerciales ne manquent pas, là encore avec des mesures de sécurité adaptées. La capacité par appareil reste relativement limitée, dans le but également de maintenir la quantité de réfrigérant par circuit dans les limites fixées. Pour atteindre la puissance requise, on a dès lors recours à des dispositifs en cascade.
Améliorations techniques
Dans le segment résidentiel, au sein duquel les pompes à chaleur au propane sont introduites depuis très longtemps, le développement n’est pas en reste. La plage de fonctionnement est désormais élargie : plusieurs fabricants annoncent des températures d’eau de 80°C. L’expérience montrera dans quelle mesure cela constitue ou non un avantage dans la pratique.
Les efforts consentis par quasiment tous les fabricants pour faciliter l’installation des appareils sont d’un intérêt plus pratique. Des motifs économiques jouent ici un rôle : plus il y a de travail à effectuer sur une installation de pompe à chaleur, plus le prix est désavantageux par rapport à une chaudière traditionnelle. Pour gagner des parts de marché en rénovation, le coût de l’installation doit baisser. Pour le R290, des critères de sécurité spécifiques viennent encore s’ajouter, ce qui ne facilite pas la tâche de l’installateur. Afin d’offrir les garanties d’étanchéité nécessaires, des circuits frigorifiques préassemblés sont utilisés dans la mesure du possible, l’installateur n’ayant plus qu’à poser les conduites hydrauliques. Ce qui contribue également à élargir le groupe cible d’installateurs, car aucune certification n’est nécessaire pour installer celles-ci.
Laisser la porte ouverte aux combustibles verts
Avec toute cette attention portée aux pompes à chaleur, on en oublierait presque que des chaudières sont encore commercialisées. Bien que les fabricants de chaudières traditionnels s’engagent pleinement sur la voie de PAC, la technologie de combustion reste présente. Les chaudières sont essentiellement perçues comme une solution de transition, faisant partie intégrante d’une installation hybride. Même dans des bâtiments moins bien isolés, la pleine puissance est effectivement uniquement requise dans les périodes les plus froides. Dans une installation hybride, la pompe à chaleur peut donc couvrir la majeure partie de la charge calorifique au moyen d’une puissance relativement faible. La chaudière ne constitue dès lors plus qu’une assurance contre les températures les plus froides. D’un point de vue environnemental, cela ne constitue peut-être pas la meilleure solution, mais dans la situation actuelle du marché, cela a certainement du sens. Il est toujours plus aisé de convertir la chaufferie que d’isoler l’enveloppe du bâtiment, tout en réalisant un gain appréciable en termes d’émissions.
Les fabricants de chaudières laissent en outre la porte grande ouverte aux combustibles verts, principalement l’hydrogène vert. Personne n’ose prédire si et dans quelle mesure les chaudières à gaz passeront effectivement à l’hydrogène vert. Le fait est que la technologie est prête. Outre les chaudières spécialement conçues pour l’hydrogène, il existe désormais des kits de conversion pour la génération actuelle d’appareils. Si le passage à l’hydrogène devait se concrétiser, les appareils existants peuvent être adaptés à l’hydrogène vert en un rien de temps.
Par Alex Baumans

















