POMPES À CHALEUR
Install Magazine 1001 – novembre 2024
Les pompes à chaleur sont essentielles pour la décarbonation
Réactions de Climafed et Veka à l’étude de l’UGent
La récente étude de l’UGent concluant que les pompes à chaleur ne seraient globalement pas meilleures pour l’environnement que les chaudières à gaz a suscité de nombreuses réactions. Climafed, la fédération belge des technologies climatiques, souhaite apporter quelques nuances au débat. Veka émet également des réserves sur les conclusions.
Impact environnemental
La thèse de doctorat de Yanaika Decorte, qui est à l’origine du débat, montre elle-même que l’empreinte climatique des pompes à chaleur est 30 à 50% plus petite que celle des chaudières à gaz. La lutte contre le changement climatique est aujourd’hui notre première priorité, et il est clair que les pompes à chaleur sont un élément clé de cette lutte puisqu’elles émettent moins de CO2. Du point de vue du climat, les pompes à chaleur sont donc clairement le meilleur choix.
De plus, les pompes à chaleur fonctionnent à l’électricité, un vecteur d’énergie qui peut être entièrement décarboné en passant à l’électricité verte. De tels effets sont beaucoup plus difficiles à obtenir avec les carburants fossiles. La combustion a également d’autres effets négatifs, comme une pollution de l’air plus importante. Le passage aux pompes à chaleur améliore immédiatement la qualité de l’air.
Une pompe à chaleur est un appareil plus complexe qu’une chaudière gaz murale et a donc un impact plus important en termes d’utilisation des matériaux. Il est cependant possible de réduire cet impact en privilégiant une économie circulaire, avec moins de déchets et plus de réutilisation.
Veka note également que l’étude prend en compte des pompes à chaleur utilisant des réfrigérants à fort potentiel de réchauffement de la terre. Cependant, la règlementation F-gaz aura pour conséquence que ces réfrigérants seront systématiquement retirés du marché. La transition vers des réfrigérants naturels est bien engagée, en particulier dans le segment résidentiel. À terme, cela permettra de réduire à un niveau négligeable la contribution des fuites de réfrigérant à l’effet de serre.
Des incertitudes à long terme
Climafed émet également des réserves sur la période prise en compte par l’étude. Celle-ci quantifie l’impact total sur 60 ans. Or, l’évolution technique ne s’arrête jamais, tant au niveau de la technologie des pompes à chaleur que de la production d’électricité. Difficile de dire où nous en serons dans 60 ans, alors que la transition vers des techniques plus durables et neutres en carbone bat son plein. On ne peut pas se baser sur la situation actuelle et simplement projeter celle-ci plusieurs décennies dans le futur.
Ensuite, il y a les considérations réglementaires. L’impact du règlement F-gaz a déjà été évoqué. La nouvelle version du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS2) affectera fortement la tarification des carburants fossiles. En un mot, cela signifie que les entreprises qui émettent du CO2 doivent acheter des quotas d’émission. Comme les carburants seront concernés par l’ETS2, le gaz deviendra moins compétitif par rapport aux énergies vertes. Cette évolution favorisera le passage à des technologies de chauffage neutres en carbone.
Transition progressive
Climafed reconnaît qu’il faut en effet prendre en compte l’impact environnemental global d’une technologie, et que celui-ci ne se limite pas aux émissions directes de gaz à effet de serre. Remplacer à la hâte une chaudière en bon état de marche par une pompe à chaleur n’est donc pas forcément la solution la plus écologique. Cependant, il reste important d’augmenter l’efficacité énergétique des bâtiments et d’anticiper l’avenir. Les pompes à chaleur sont, à cet égard, un choix efficace et tourné vers l’avenir.
Par Alex Baumans









