FÉDÉRATION  
Install Magazine 999 – septembre 2024

Table ronde de BtecCH à propos des systèmes énergétiques de demain

À la suite de son assemblée générale, BtecCH, le centre de connaissances en techniques de chauffage et de refroidissement, a organisé une table ronde sur les défis de la transition énergétique. Après trois exposés introductifs, des experts de divers horizons ont donné leur point de vue. L’événement a également été marqué par la présence de l’ancienne ministre fédérale de l’énergie, Marie-Christine Marghem, en tant qu’invitée d’honneur. Deux constats furent partagés par tous : les défis sont énormes, et pour les relever, il est absolument nécessaire de miser sur la complémentarité des techniques.

Une adaptation du réseau électrique nécessaire

François Vallée (Université Mons) a schématisé les défis du réseau électrique. Le problème est connu : d’un côté, la demande augmente en raison de l’électrification croissante du transport et du chauffage ; et de l’autre, la production devient plus imprévisible à cause de la part plus importante d’énergies renouvelables. Le gouvernement mise beaucoup sur la future île énergétique en mer du Nord, mais l’actuel réseau haute tension n’est pas adapté pour permettre la distribution de ce courant à travers tout le pays. C’est pourquoi deux liaisons manquantes doivent être réalisées, à savoir Ventilus et la Boucle de Hainaut. Afin de garantir la stabilité du réseau, François Vallée a plaidé pour une part d’énergie nucléaire faisant office de socle dans l’approvisionnement énergétique. À Mol, nous disposons d’un centre de connaissances en la matière, capable de jouer un rôle dans le développement de nouveaux types de centrales nucléaires.

De l’hydrogène issu de l’énergie éolienne

L’UE fonde de grands espoirs sur l’hydrogène vert issu de l’énergie éolienne. Wim De Waele (Université de Gand) est revenu sur cette question. La capacité belge en matière d’éoliennes offshore va considérablement augmenter, non seulement grâce à la nouvelle île énergétique, mais aussi suite à la modernisation des éoliennes existantes. Tout cela crée de l’espace pour la production d’hydrogène vert. Tout comme pour l’électricité verte, le défi consiste à faire parvenir cet hydrogène aux utilisateurs. En matière de transport, les prévisions sont favorables, à condition de pouvoir utiliser le réseau gazier actuel. Nous disposons en effet d’un réseau de transport performant pour distribuer le gaz naturel depuis Zeebrugge vers le reste de l’Europe. La recherche relative à l’impact de l’hydrogène sur les composants du réseau de conduits existant bat son plein, avec un accent particulier mis sur la fragilisation des métaux et la détérioration des soudures.

Développements innovants

La recherche se poursuit par ailleurs san relâche. Jean-Michel Nunzi de la Queen’s University (Canada) a passé en revue un certain nombre de nouvelles techniques en cours de développement, telles que le refroidissement par rayonnement. On utilise à cet effet des matériaux spécifiques qui réémettent la chaleur à une longueur d’onde qui n’est pas bloquée par les gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère. Ce qui permet d’atteindre une capacité frigorifique de min. 100 W/m2. Cette technique pourrait être utilisée pour lutter contre l’effet d’îlot de chaleur urbain.

Le débat de clôture a permis d’insister sur la complémentarité des différentes sources d’énergie. Marie-Christine Marghem: « Nous devons combiner les différentes solutions au lieu de les opposer. Les biocombustibles et l’hydrogène vert constituent une partie du puzzle, car certaines applications nécessitent encore des températures élevées. La production d’hydrogène vert est à l’heure actuelle encore très onéreuse, mais utiliser les surplus d’électricité peut servir de fonction tampon afin de compenser les baisses de production. Il est en outre encore possible de réaliser des gains en termes de rendement dans la production d’hydrogène, en recourant notamment à la récupération de chaleur.

Par Alex Baumans

www.btecch.be