BATHROOM EXPERIENCE  
Install Magazine – octobre 2026

La facilité d’entretien de la salle de bains au cœur des préoccupations

Il n’y a pas de pièce dans la maison qui soit si souvent nettoyée -ou qui devrait l’être- que la salle de bains. Ceci est logique, car la combinaison de l’eau et de l’humidité avec l’usage quotidien et les exigences élevées en matière d’hygiène personnelle pose de nombreux défis. Toutefois, nous avons de moins en moins envie de passer chaque semaine une demi-journée à récurer notre salle de bains. Celle-ci doit rester propre, mais en y consacrant le moins d’énergie possible. Nous avons demandé à quelques spécialistes quels étaient les facteurs déterminants dans ce domaine, et dans quelle mesure les tendances actuelles sont-elles compatibles avec une salle de bains nécessitant peu d’entretien.

Autour de la table

• Geert Coremans, product manager Geberit

• Kris Dens, product manager Desco

• Bert De Ridder, architecte d’intérieur Helga Interieur & représentant AINB

• Elien Gijs, sales & project advisor Villeroy & Boch

• Hüseyin Kaya, product manager Geberit

• Jens Vandamme, responsable showroom Facq

• Annick Vranckx, design sales manager Cosentino

Une bonne base

Quand on parle d’entretien et d’hygiène dans la salle de bains, l’accent se porte généralement assez rapidement sur les propriétés des équipements et des matériaux. Selon les interlocuteurs, toutefois, il convient d’abord de revenir un peu en arrière. De fait, avant même de choisir les produits et les matériaux, la conception de l’espace doit être parfaite. « La salle de bains doit avant tout être conçue de manière à ce qu’elle puisse facilement être nettoyée », insiste Bert De Ridder. « Les bords, les recoins, les niches… autant d’endroits difficiles à nettoyer et dans lesquels la saleté s’accumule à un rythme élevé. Il est préférable d’éviter cela. Dans cette optique, la tendance consiste à travailler avec des formes plus organiques et des murs arrondis -par exemple- nécessitant très peu d’entretien. »

« Les équipements de salle de bains qui ne sont pas utilisés, sont également des réservoirs à saleté », ajoute Geert Coremans. « Un WC qui n’a pas été rincé depuis longtemps, ou bien un lavabo ou une baignoire à l’abandon ne dégage en aucun cas d’odeur fraîche. Lors de la conception, il conviendra donc de bien réfléchir à ce dont le client final a réellement besoin. » Kris Dens : « En gros, il y a encore huit ans, les couples et les familles optaient encore d’emblée pour un double lavabo ; aujourd’hui, souvent un seul suffit. Et la combinaison douche/baignoire n’est désormais plus la norme. »

« S’il s’agit d’une douche, il faut d’ailleurs bien réfléchir à l’emplacement de la robinetterie encastrée », explique Dens. « Si vous la placez directement sous la douche, le robinet sera par définition plus souvent mouillé, avec le risque de dépôt de calcaire que cela implique. Il est possible d’éviter ce problème en installant les robinets un peu au-delà du jet d’eau. »

Des techniques qui font la différence

Le fait que les bases doivent être correctes ne concerne pas seulement la conception de la salle de bains elle-même, mais aussi les techniques qui la sous-tendent. « Une bonne ventilation dans la salle de bains, et certainement pour une salle de bains d’entretien aisé, constitue un must », ajoute Jens Vandamme. « Plus vous avez d’humidité résiduelle dans la pièce, plus le risque de formation de moisissures, et donc d’éventuelles dégradations des matériaux, est grand. » De Ridder : « Cela ne vaut par ailleurs pas uniquement pour les nouvelles constructions ou les rénovations profondes pour lesquelles il existe une obligation de rénovation. Lorsque seules les fenêtres doivent être remplacées, par exemple, une bonne ventilation est également essentielle. Le client final pense encore trop facilement que la ventilation n’est pas nécessaire parce qu’elle ne l’était pas auparavant, mais c’est à nous de leur faire prendre conscience de l’importance de la différence d’étanchéité entre les anciennes et les nouvelles fenêtres. »

Une attention tout aussi importante doit également être accordée au traitement de l’eau. Outre les moisissures, le calcaire est par exemple également l’un des grands ennemis dans la salle de bains. Dens : « Dans de nombreuses habitations, un adoucisseur apporte une plus-value ; et lorsqu’on recourt à des matériaux sensibles aux dépôts de calcaire -prenons ici comme exemple la robinetterie noire de plus en plus populaire- un tel appareil est véritablement indispensable. » « Les WC-douche constituent un autre exemple », ajoute Elien Gijs. « L’eau doit en effet passer par des petits canaux très étroits, qui peuvent rapidement se boucher à cause d’un excès de calcaire. Il existe d’ailleurs déjà à ce titre des adoucisseurs spécifiques sur le marché. » Compte tenu de la demande croissante en matière de récupération d’eau de pluie (avec l’obligation potentielle à l’esprit), Coremans souligne l’importance d’un traitement adéquat de l’eau de pluie. « De plus en plus de gens rincent leur WC avec de l’eau de pluie, mais sans le traitement adéquat, celui-ci peut verdir, être sujet aux dépôts… Autant d’aspects qui compliquent finalement l’entretien. »

Le choix du produit

Il vaut mieux prévenir que guérir, tel est l’adage évident d’une salle de bains facile à entretenir. En termes de sélection des produits, cela signifie que le design et la technologie, entre autres, méritent d’être pris en considération.

Coremans: « L’exemple des robinets encastrés dans la douche a déjà été mentionné, mais en termes d’entretien, il est également plus judicieux de choisir un robinet mural pour la baignoire et le lavabo. En effet, l’eau ne s’écoule pas le long de celui-ci, et il n’y a donc pas de dépôt de calcaire sur le robinet. On peut encore aller plus loin avec les robinetteries électroniques, qu’il ne faut plus du tout toucher. Et ce que vous ne touchez pas, ne se salit pas -ou moins rapidement en tout cas. »

En ce qui concerne les lavabos, Gijs insiste sur l’importance des coins arrondis. « Dans notre collection Antao, il n’y a par ex. plus d’angles droits. Tous les lavabos affichent des formes rondes, organiques. Cela permet une réelle simplification de l’entretien, tout en s’inscrivant dans la tendance d’une atmosphère naturelle et organique. Hüseyin Kaya analyse le lavabo encore un peu plus dans les détails : « En général, l’évacuation du lavabo est placée directement sous le jet d’eau. Toutefois, cela peut entraîner des éclaboussures et, par conséquent, un travail de nettoyage plus important. Il est possible d’éviter ce problème en choisissant un lavabo dont l’évacuation est légèrement en retrait. »

Au cours des dernières années, les plus grands changements ont eu trait à la forme du WC. Coremans :  « Autrefois, chaque WC était équipé d’une bride... un véritable cauchemar à nettoyer. Les WC sont désormais exempts de brides, et dans l’intervalle, des efforts ont été consentis en matière d’efficacité du rinçage. Celui-ci peut désormais s’effectuer avec beaucoup moins d’eau, mais aussi de manière plus efficace, de façon à ce que l’utilisateur ne doive presque plus prendre la lunette de WC en main. Dans cette optique, il faut parler des systèmes de chasse automatiques ainsi que de l’ouverture automatique du couvercle. « Ce couvercle est d’ailleurs, selon Coremans, encore un point névralgique crucial dans l’entretien du WC. « Il ne faut pas sous-estimer la facilité d’entretien qu’engendre l’utilisation d’une lunette de WC aisément extractible. Passer un chiffon entre les charnières n’est ni agréable ni efficace. En revanche, si vous pouvez retirer le siège d’un seul mouvement, le résultat sera immédiat. »

Dans la douche, il n’y a guère de différence en termes de facilité d’entretien entre les siphons classiques, les caniveaux de douche et les évacuations murales. Toutes ces solutions sont en principe équipées d’une grille de rétention des cheveux et peuvent être facilement nettoyées. Le confort et l’esthétique constituent ici dans la majorité de cas les facteurs déterminants.

Là où l’entretien et l’esthétique se rejoignent un peu moins, c’est dans le choix des meubles de salle de bains. Dens : « Une grande tendance actuelle est celle des façades avec des lattes ou lamelles verticales. Dans nos salles d’exposition, nous constatons d’ailleurs que ces façades se vendent très bien. Toutefois, en termes d’entretien, il ne s’agit d’un choix moins réfléchi. Un quantité importante de saletés s’incruste entre les lattes, et le nettoyage prend beaucoup de temps. Il existe toutefois aujourd’hui un certain nombre d’alternatives affichant une finition plate, mais qui créent toujours le même aspect en trompe-l’œil. » De Ridder: “Nous recevons effectivement aussi certaines demandes pour de telles textures, mais nous essayons alors d’expliquer pourquoi nous ne suivons pas cette voie. La plupart des clients comprennent, car en fin de compte, ils veulent eux aussi que leur salle de bains soit nettoyée correctement et efficacement. Le meuble ne constitue en tout cas pas la seule manière de créer une certaine ambiance dans la salle de bains. Vous pouvez également agrémenter celle-ci de plantes ou l’équiper de matériaux doux et faciles à entretenir. »

Des matériaux classiques ou innovants ?

Dans tous les cas, le choix des matériaux est un facteur décisif pour la facilité d’entretien de la salle de bains. Selon les spécialistes, les matériaux classiques, tels que l’acrylique, la céramique, le chrome et le carrelage, ont déjà fait la preuve de leur durabilité, mais il n’en reste pas moins que les fabricants sont toujours en quête d’optimisations et d’innovations. Gijs: “La céramique est une valeur sûre dans la salle de bains, mais de nos jours, elle bénéficie souvent d’un traitement supplémentaire, afin que la saleté et le calcaire ne puissent plus y adhérer. Notre CeramicPlus est par exemple un revêtement qui est ajouté dans le processus de cuisson, et qui fait en sorte que toute l’eau perle et s’écoule directement dans l’égout ; mais pour des applications spécifiques, nous possédons également, par exemple, un revêtement antibactérien. »

Vandamme note en particulier la demande croissante d’équipements de salle de bains mats, avec les problèmes d’entretien que cela engendre: « Les matériaux composites et solid surfaces, entre autres, deviennent de plus en plus populaires en raison de leur apparence mate. Un autre avantage est qu’il est possible d’opter pour un design élégant et éventuellement organique, mais vous devez être bien conscient qu’il est toujours plus compliqué, au bout du compte, d’entretenir des matériaux mats. Si nous recevons une demande pour des toilettes mates, par exemple, nous recommandons toujours de choisir un modèle dont l’extérieur est mat mais l’intérieur brillant. » « Il est vrai que les matériaux mats sont plus sensibles en termes d’entretien », indique Gijs. « C’est aussi une raison pour laquelle le revêtement CeramicPlus est prévu de série sur tous nos coloris céramique mats. » Par ailleurs, dans le cas des surfaces solides, il n’y a pas que la finition mate qui intervient », avertit De Ridder. Ces matériaux ne sont surtout pas très résistants aux rayures, de sorte que la saleté finit toujours par se loger dans les rayures de la surface. Il est bien entendu toujours possible de polir à nouveau le matériau, mais on ne peut dès lors pas non plus parler de facilité d’entretien. »

Une autre tendance qui s’inscrit peu dans ce concept de facilité d’entretien est celle de la robinetterie noire. Dens : « Tout le monde adore les robinets noirs, mais nous ne cessons de rappeler que les dépôts de calcaire apparaissent toujours plus rapidement sur un matériau sombre que sur les couleurs claires. Cela ne signifie pas que cette robinetterie ne pourra pas rester propre, mais cela vous demandera beaucoup plus d’efforts, et peut-être même un adoucisseur d’eau. Un robinet PVD constitue dès lors une meilleure alternative. Ce matériau est disponible dans de nombreux coloris sombres, mais il est plus facile à nettoyer qu’un robinet noir laqué. En termes d’entretien et de durée de vie, le PVD est en quelque sorte comparable au chrome. Il offrira donc encore un grand nombre de solutions à l’avenir, y compris, par exemple, des profils de portes de douche. »

Pour Bert De Ridder, les évolutions majeures concerneront les revêtements muraux et de sol. « La salle de bains n’est plus entièrement carrelée depuis un certain temps. On trouve par exemple de plus en plus de matériaux ‘doux’ dans la salle de bains. Les murs sont peints ou tapissés, des rideaux sont posés aux fenêtres, et même dans la douche, on opte parfois pour le tadelakt ou le Mortex. L’atmosphère prime. Ce qui est formidable, c’est qu’il existe de plus en plus d’options, telles que le LVT ou des panneaux ayant un bel aspect de béton, de pierre naturelle ou de bois. Autrefois, tout cela pouvait paraître faux, mais aujourd’hui, l’aspect et le toucher de ces matériaux sont parfois vraiment bluffants. « Avec Dekton et Silestone, nous misons en effet fortement sur un aspect de qualité supérieure», admet Annick Vranckx. « Ainsi, nous ne lançons pas uniquement des solutions au look béton, mais aussi, par exemple, des solutions d’aspect Mortex ou bois. Tout aussi important : Dekton est totalement étanche grâce à son processus de fabrication spécifique : la pierre artificielle ultra-compacte n’absorbe rien, et se révèle donc également extrêmement résistante à la formation de moisissures, par exemple ». De Ridder: « Il en va tout autrement du véritable bois naturel. Si vous voulez l’utiliser dans la salle de bains, vous devez alors vraiment le traiter minutieusement. Dans la pratique, il est donc vivement déconseillé. »

Mise en œuvre technique

Autre avantage de nombreux panneaux: ils permettent de limiter le nombre de joints. Vranck : « Moins il y a de joints, moins il y a de risque que de la saleté ne s’y accumule. C’est pourquoi, chez Dekton, nous travaillons délibérément avec le format Optimma de 260 x 100 mm en 4 mm d’épaisseur. Il s’agit d’un grand format standardisé qui permet de recouvrir toute la hauteur de la pièce en une seule fois. Si nécessaire, il peut également être parfaitement scié sur place. Les panneaux grand format, en Dekton, HPL ou acrylique par exemple, sont pour ces raisons effectivement fréquemment utilisés ; mais dans ce cas, outre le nombre de joints, c’est leur mise en œuvre technique qui est ici également déterminante, selon De Ridder. « Afin d’optimiser l’entretien, les joints ne doivent pas être trop grands, et une attention suffisante doit être accordée au matériau de jointoiement. »

La technicité de l’exécution détermine la facilité d’entretien à d’autres niveaux encore. « Il ne faut, à cet effet, surtout pas oublier de regarder derrière le mur », souligne M. Coremans. « Les conduites, siphons, raccordements… Bref, tout ce qui est d’une importance cruciale pour l’entretien. Si vous devez faire face à des nuisances olfactives persistantes ou si vous devez constamment faire déboucher vos canalisations, il est difficile de parler d’une salle de bains nécessitant peu d’entretien. »

Usage et entretien

Les spécialistes insistent enfin sur le fait que l’utilisateur porte une grande responsabilité. Dans la pratique, il s’avère effectivement être le facteur perturbateur le plus important dans le bon déroulement de l’entretien. Dens : « L’entretien de la salle de bains n’est pas si compliqué. La plupart des éléments peuvent être nettoyés avec de l’eau, du savon doux et un chiffon sec. Si vous séchez par exemple la robinetterie directement après utilisation, le calcaire n’a que peu de chance de se déposer. Toutes ces informations sont fournies en salle d’exposition, mais lorsque la salle de bains est enfin là, elles sont oubliées depuis longtemps, et les gens se tournent vers des éponges à récurer et des détergents agressifs. Il n’existe pas de solution miracle permettant de tout résoudre en une fois. Au contraire, ces produits agressifs attaquent les matériaux et ne font que rendre l’entretien plus difficile ».

« Même le matériau le moins exigeant en termes d’entretien ne résiste pas à des produits ou à une utilisation inadaptés », clame De Ridder. « « Il suffit de regarder les nombreux sols en céramique ou autres sols non poreux qui sont nettoyés avec du savon de Marseille, ce qui les rend complètement graisseux au fil du temps ». Gijs : « Le conseil le plus important que nous puissions donner est la régularité, ne pas laissez les produits de nettoyage s’imprégner, rincez abondamment et séchez. Il faut également tenir compte du fait que les différents produits et matériaux peuvent également avoir des prescriptions d’entretien différentes. Même entre une finition mate et brillante, il peut déjà y avoir des différences. Le respect des prescriptions d’entretien est donc essentiel. Si vous les suivez, vous n’aurez pas besoin de produits agressifs. »

Texte: Elise Noyez