08/05/2026
Soudeur / Soudeuse (m/f/x)
Vivaqua
regio Hainaut
08/05/2026
Soudeur qualifié / Soudeuse qualifiée (m/f/x)
Vivaqua
regio Hainaut
CHAUFFAGE
Install Magazine 1006 – février 2026
Les réseaux de chaleur sont perçus comme un moyen efficace de décarboner le parc immobilier. Ils permettent d’exploiter la chaleur résiduelle et de réaliser des économies d’échelle. Ils représentent également une solution adaptée aux zones densément bâties, où l’espace disponible pour le forage géothermique ou l’installation d’unités extérieures de pompes à chaleur est limité, tout en étant moins contraignants pour le réseau électrique. En contrepartie, la mise en place d’un réseau de conduites engendre des coûts et des nuisances. Lors du congrès consacré aux réseaux de chaleur à Anvers, les parties concernées ont échangé leurs points de vue sur les possibilités – et les limites – de ces infrastructures en Flandre. Voici les principaux enseignements.
Un bon plan est une condition indispensable au déploiement d’un réseau de chaleur. La rentabilité d’un tel réseau est en effet déterminée par la densité de la demande de chaleur. Beaucoup de travail a déjà été accompli dans ce domaine. La Warmtekaart Vlaanderen peut par exemple servir de base à l’élaboration d’un zonage. Dans le cadre de la directive révisée sur l’efficacité énergétique (UE) 2023/1791 (DEE), les communes de plus de 45.000 habitants sont tenues d’élaborer un plan de zonage thermique. Plusieurs communes concernées disposent déjà d’un tel plan, tandis que d’autres sont en train de le préparer.
Ces cartes fournissent principalement de l’information sur la demande de chaleur; il y a en revanche moins de visibilité sur les sources. C’est dans le domaine de l’eau en tant que source de chaleur que nous sommes les plus avancés. Pour extraire la chaleur de l’eau, trois options sont principalement envisagées: les eaux de surface, les eaux usées et l’eau potable. Des outils détaillés seront prochainement disponibles pour évaluer le potentiel de ces trois sources d’énergie. Pour les eaux de surface ou l’aquathermie, une carte interactive va permettre de visualiser le potentiel des cours d’eau ainsi que les éventuelles interactions liées à l’extraction de chaleur. On pourra ainsi éviter qu’une installation en amont ne limite le fonctionnement d’une installation en aval. Pour la riothermie, Aquafin a cartographié son réseau en indiquant à chaque fois le potentiel disponible. Ceux qui souhaitent utiliser l’eau potable comme source de chaleur peuvent s’adresser aux compagnies des eaux pour réaliser une étude de faisabilité.
La disponibilité de la chaleur résiduelle issue de l’industrie reste largement méconnue. Il n’existe aucun inventaire général indiquant quelle entreprise émet quelle quantité de chaleur à quelle température. Les administrations locales disposent toutefois généralement d’une bonne connaissance de ce qui se passe dans leurs zones industrielles, et sont les mieux placées pour collecter des données à ce sujet.
Un plan de zonage est une condition indispensable, mais ce n’est pas suffisant. Les administrations locales ont un rôle essentiel à jouer. Elles sont les mieux placées pour rassembler toutes les parties et faciliter les démarches en matière de réglementation et d’autorisations. En outre, elles peuvent soutenir un projet en y engageant leur patrimoine pour garantir un volume d’achat minimal.
L’importance d’une approche intégrée a été soulignée à plusieurs reprises. Les réseaux de chaleur constituent une forme de monopole naturel ; il est donc essentiel que les clients disposent de garanties suffisantes quant à la prise en compte de leurs intérêts. Les installations collectives ne sont pas une fin en soi : elles n’ont de sens que si elles offrent une réelle valeur ajoutée aux utilisateurs. Lorsqu’elles sont imposées par le haut, souvent pour des raisons commerciales, elles suscitent des réactions négatives. L’échec actuel des réseaux de chaleur aux Pays-Bas en est un bon exemple. Un réseau de chaleur doit s’inscrire dans une vision globale, en intégrant des aspects d’aménagement du territoire et en tenant compte des préoccupations des utilisateurs.
L’une des préoccupations concerne bien entendu le prix. On invoque souvent le principe du ‘pas plus cher qu’ailleurs’, qui signifie que le nouveau système ne doit pas être plus coûteux qu’une méthode traditionnelle. Cependant, si cette méthode traditionnelle repose sur un système de chauffage à combustible fossile, la comparaison est rarement avantageuse. Les systèmes d’énergies renouvelables nécessitent généralement des investissements considérables car ils requièrent souvent des modifications ou des travaux d’infrastructure. D’autres technologies, comme les pompes à chaleur, se heurtent également à cet obstacle. Une comparaison de prix plus pertinente consisterait à ne pas opposer les réseaux de chaleur aux combustibles fossiles mais à d’autres systèmes durables envisagés, en premier lieu les pompes à chaleur. Il ne s’agirait alors plus de comparer le prix du chauffage mais le coût de la décarbonation.
Reste la question des travaux d’infrastructure. Dans le cas d’un réseau de chaleur, il faut poser des conduites et raccorder chaque logement. Si l’ancienne chaufferie est proche de la rue, cela ne pose pas de problème, mais si la chaudière est installée quelque part dans le grenier, c’est une tout autre histoire. On peut se demander dans quelle mesure ces coûts peuvent être mutualisés. C’est ce qui s’est passé lors de la construction du réseau de gaz : on partait du principe que le gaz constituait un combustible plus tourné vers l’avenir que le mazout ou le charbon. Le déploiement du réseau gazier a porté ses fruits : si les bâtiments émettent aujourd’hui moins de CO2 qu’il y a vingt ans, c’est en grande partie grâce au passage au chauffage au gaz. On pourrait appliquer le même raisonnement aux réseaux de chaleur et répartir les coûts de construction sur l’ensemble de la communauté. Cela présenterait également l’avantage social de rendre les réseaux de chaleur accessibles aux ménages les plus modestes et de favoriser la sortie des énergies fossiles.
Quoi qu’il en soit, le chemin est encore long. Le nombre de réseaux de chaleur augmente régulièrement, mais le nombre de logements raccordés demeure limité en chiffres absolus. De nombreuses communes manifestent leur intérêt, mais cela ne se traduit pas encore par des actions concrètes sur le terrain. Des exemples comme Roeselare et Geel montrent toutefois que tout est possible lorsque les autorités communales jouent un rôle moteur.
Par: Alex Baumans
www.districtheatingantwerpen.be
Photos: Energyville