CHAUFFAGE  
Install Magazine 1002 – février 2025

Réseau de chaleur pour le campus Karus de Melle

Un système centralisé avec des chaudières Viessmann

Karus, un institut de santé mentale, a décidé l’an passé de moderniser les installations de son campus à Melle. Ce site comprend divers bâtiments, dont un certain nombre datent du début du 20e siècle. Lors de la rénovation, les différentes chaufferies individuelles ont été remplacées par un réseau de chaleur local avec une chaufferie collective, équipée de chaudières gaz Viesmann Vitocrossal.

Centraliser la production de chaleur

« Les installations existantes devaient être remplacées », explique Dirk Foquet, cadre ‘infrastructures’ chez Karus. « Certaines chaudières dataient déjà de plusieurs dizaines d’années. Une rénovation de l’installation était donc impérative. Afin de pouvoir réaliser des économies d’échelle, les chaufferies individuelles ont été remplacées par un réseau de chaleur doté d’une chaufferie collective. Nous devions dans ce cadre nous limiter à la partie historique du campus. L’autre partie se situe effectivement de l’autre côté de la rue. Pour raccorder celle-ci, nous devrions traverser le domaine public, ce qui engendrerait des complications supplémentaires. Étant donné le plus grande distance, les pertes de tuyauterie seraient trop importantes. »

Cette centralisation génère non seulement des avantages directs, comme un fonctionnement plus efficace et une puissance installée moindre, mais elle rend également l’installation plus durable. En ce moment, la plupart des bâtiments sur le campus ne sont pas encore adaptés pour passer à un système de PAC. C’est pourquoi il a été décidé d’opter pour un dispositif doté de trois chaudières à gaz de Viessmann. Cependant, un plan directeur pour une rénovation générale a été élaboré, préservant la valeur patrimoniale des bâtiments historiques. Une fois cette étape franchie, on peut faire basculer le réseau de chaleur sur un système basse température, et ensuite équiper la chaufferie d’une pompe à chaleur.

Toutefois, un premier pas vers une plus grande durabilité a déjà été franchi : des chauffe-eau thermodynamiques sont ainsi chargés d’assurer la production d’ECS. L’installation fonctionne alors comme un système hybride. En été, lorsque les pompes à chaleur affichent un meilleur rendement et que les panneaux solaires fournissent un maximum de courant vert, les chauffe-eau thermodynamiques prennent le relais, et les chaudières peuvent être désactivées. Entretemps, on étudie également la possibilité d’adapter la régulation afin que les chauffe-eau thermodynamiques puissent également couvrir une partie des besoins durant la saison intermédiaire.

Une approche globale

Le projet a été supervisé par le bureau d’étude SDKE et la Vlaams Energiebedrijf. Le but de cette dernière est d’aider les instituts publics à atteindre les objectifs climatiques. Planifier un tel projet et le mener à bien se révèle complexe. La plupart des instituts ne possèdent en effet pas cette compétence en interne. La VEB peut ainsi les décharger, de façon à ce que les donneurs d’ordre puissent se concentrer sur leur tâche principale, sans perdre de vue toutes les questions techniques et administratives. La VEB supervise l’étude du projet et apporte son conseil dans les choix techniques. Elle veille en outre à ce que l’appel d’offres et l’exécution se fassent dans le respect des règles. Par l’intermédiaire de la VEB, Karus peut également prétendre à un soutien européen, à hauteur d’environ 30 % du budget au titre de l’aide à la relance

Les travaux ont été confiés à l’entreprise d’installation Spie, un des partenaires fidèles de la VEB. Trait unique au projet : tous les aspects des travaux ont été pris en charge par Spie ; non seulement la pure partie HVAC avec la chaufferie et les sous-stations, mais également les travaux de terrassement jusqu’à l’ensemencement de la pelouse une fois que toutes les tranchées ont été comblées.

« L’approche classique avec un entrepreneur spécialisé pour les travaux de terrassement a ses limites dans un projet aussi complexe que celui-ci », déclare Staf Smeulders, Department Manager, qui supervise les travaux pour Spie. « Le réseau de chaleur était ici le premier concerné, mais on a également profité de l’occasion pour rénover les autres lignes de services publics, comme l’alimentation en eau potable ou celle des lignes de feu. On a également dû poser une nouvelle conduite de gaz vers la chaufferie collective. Il fallait que tout s’imbrique parfaitement, ce qui nécessitait une approche globale».

Des chaudières Viessmann

Un pavillon existant a été transformé en chaufferie et équipé de trois chaudières VitoCrossal de 780 kW chacune. Karus ayant encore des plans d’extension, de la place est prévue pour une quatrième chaudière ; et sur le collecteur, il y a encore de la place pour un raccordement supplémentaire. Le choix de Viessmann s’imposait de lui-même. L’entreprise est depuis des années un fournisseur régulier de Spie, dont la qualité, la fiabilité et le service sont appréciés. Un des atouts spécifiques de la VitoCrossal est son grand contenu en eau. Il n’y a donc pas de débit minimal requis pour la chaudière. Et il ne faut pas poser de circuit primaire de chaudière distinct avec circulateur. Cela permet d’économiser de l’énergie de fonctionnement, tout occupant moins d’espace dans la chaufferie.

Le réseau de chaleur se compose de deux circuits primaires : un pour l’ouest du site, avec entre autres le bâtiment administratif, le département HIC, la section ‘Dageraad’, les bâtiments fitness et kiné, ainsi que l’école de l’hôpital. Le deuxième circuit dessert l’est, avec notamment le restaurant et la cuisine collective, la section Jovo, le service technique et le dépôt central. Au total, il y a onze bâtiments reliés au réseau de chaleur, dont trois sont encore vides et en attente de rénovation. La température est commandée en fonction de la demande. À ce titre, la température du circuit primaire est toujours supérieure de 10°C à celle du bâtiment dont la demande est la plus élevée. Si la température demandée la plus élevée est donc de 58°C, le circuit primaire passera alors à 68°C. Le régime de dimensionnement est alors de 70/50°C.

Les installations de distribution existantes ont également été prises en charge lors de l’installation des sous-stations. Les anciennes pompes et vannes ont été remplacées, et l’ensemble a été soigneusement isolé. Tous les composants sont par ailleurs équipés de capteurs qui sont reliés un système GTB de Schneider. Cela permet de savoir à tout moment ce que fait chaque partie de l’installation, afin d’en optimiser le fonctionnement. La partie électrique et le pilotage ont été exécutés par Bauwens Elektromontage. Avec cette installation, Karus franchit une étape importante vers la transition énergétique.

Par Alex Baumans

www.viessmann.be

www.karus.be

www.spie.be

www.bauwen-elektromontage.be